17 octobre 2009
Parce que je le vaux bien !
Offre d'emploi proposé à Jean Sarkosy ....
De : EPAD Recrutement
Publiée le 09/10/2009 à 19:01:27 dans Bons plans
Le poste:
A la tête du Conseil d'Administration de l'Etablissement, vous menez aux destinées du premier quartier d'affaires d'Europe, rassemblant 150 000 emplois et 200 000 habitants.
Vous supervisez le processus d'appels d'offres truqués et de dessous de tables liés à l'extension de 300 000 m² SHON de l'offre en bureaux, en maintenant au mieux les relations avec les entreprises amies.
Vous prendrez en charge l'absorption au 1er janvier 2010 de l'Etablissement Public d'Aménagement Seine-Arche, actuellement dirigé par de dangereux communistes amateurs de logements HLM et de mixité sociale.
Vous disperserez toute critique concernant le déséquilibre induit par l'extension infinie de la Défense au détriment des autres pôles d'emploi d'Ile de France, en ne tenant aucun compte de la dégradation des conditions de desserte en transports en commun.
Vous disposerez dans vos missions d'un budget confortable d'1,3 milliard d'euros par an fourni par l'Etat, sur lequel vous aurez toute latitude en ce qui concerne les postes budgétaires 'notes de frais' et 'administration pléthorique et népotisme' (également qualifiés d'"Ecuries d'Augias" par le Président actuel). Si les moyens mis à votre disposition ne suffisent pas, vous pourrez toujours vous retrouver en déficit de dizaines de millions d'euros comme vos illustres prédécesseurs.
Votre profil :
Diplômé du Baccalauréat, vous ne disposez d'aucune expérience professionnelle.
Des notions élémentaires de Droit seraient bienvenues, même si vous redoublez sans arrêt la fac.
Votre éthique personnelle correspond à la devise de l'EPGD : "Aux âmes bien nées, la valeur n'est pas une nécessité".
Toutes nos offres sont ouvertes aux candidats handicapés et/ou issus de la diversité. On aime bien rigoler.
28 septembre 2009
Rire

(Canard Enchaîné - 16 septembre 2009)
08 septembre 2009
La vérité est ailleurs...
Alors que de plus en plus de voix s'élèvent contre une vaccination massive, les desseins de la clique sarko-politico-financière apparaissent de plus en plus obscures. On n'arrive plus, même avec un gros effort de concentration, à trouver un semblant de cohérence dans les actions de ce gouvernement et ce qu'on pressent de ses intentions réelles fait froid dans le dos. Quand quelque chose ne tient pas la route et se perd dans des errements de plus en plus absurdes, c’est qu’une partie de l’ensemble nous échappe.
Quel est le but en vérité ? Faire oublier la crise ? Générer la peur ? Justifier le déclenchement d'un état d'urgence ? Permettre la mise à bas des dernières législations protectrices du droit du travail et des libertés fondamentales ? Renflouer les laboratoires pharmaceutiques et tenter une remise à flot des bourses pour se refaire une petite sucée avant l'écroulement général ?
On se demande: sont-ils machiavéliques ou d'une bêtise, d'une incompétence et d’une imprévoyance rare ? Cette question trouvant sans doute sa réponse la plus vraisemblable dans un subtile mélange des deux propositions. Malgré les preuves qui s’accumulent, on a encore du mal à appréhender l’idée que nous vivons dans une société où se sont les plus dégénérés, les plus pourris, qui ont les plus hautes responsabilités, qui tiennent entre leurs pognes le destin du plus grand nombre. Ca sent vraiment la fin de règne, quand l’opportunisme le plus crade a évacué toute forme de valeur ou d’humanisme, quand la loi du profit max tient lieu de colonne vertébrale à ceux qui ont le pouvoir et qui s’en servent sans vergogne pour servir leurs propres intérêts.
Cette histoire de grippe… au mieux a été récupérée dans les grandes largeurs, au pire a été montée de toutes pièces. Regardons à qui profite le crime. C’est souvent imparable pour lire l’Histoire entre les lignes. D'où vient-elle cette grippe, dont nombre de scientifiques s'accordent à dire que la configuration est trop improbable pour être naturelle. En clair, elle aurait été concoctée en labo. Tiens, un labo ? Les mêmes qui viennent de rafler quelques milliards dans la vente de leurs vaccins. Si on suit cette piste, on peut encore se demander: accident ou acte volontaire ? Là encore, on a le choix de l’incrédulité. Mais tous les conseillers en marketing vous le diront en coeur, pour vendre un produit, il faut créer un besoin. Pour vendre de la sécurité il faut créer de la peur. Pour vendre un antidote, il faut diffusez du poison.
"Une vaccination de masse contre la grippe A serait une aventure", nous dit ici l'épidémiologiste Antoine Flahault. Une aventure, ou une expérimentation ? Dont nous sommes les joyeux cobayes et à nos frais semble t-il...
Nous le sommes déjà devenus dans nos vies professionnelles, à tourner sans fin sur une roue débile selon le principe du "marche ou crève". Ce n'est même pas la loi de la jungle, les animaux n'ont jamais été aussi cons (j'ai lu ça quelque part).
Alors allons-nous maintenant accepter de servir de rats de laboratoire ? A nous faire piquouser par des messieurs dames en blouse blanche qui ont tellement confiance en leurs actes qu'ils réclament d'emblée l'immunité juridique ?
Quand on sait que pour espérer enrayer l'épidémie le vaccin doit être administré dans les 40 jours suivant le premier cas de contamination. Qu'il faudra ensuite une seconde injection 3 semaines plus tard. Ce qui signifie, qu'en commençant à vacciner maintenant, une éventuelle immunité de groupe ne pourrait donc être effective que début novembre ! Or, on nous indique que le vaccin ne sera prêt que mi novembre, voire en décembre... Là, on rit doucement. Le vaccin en préparation sera donc probablement celui de la grippe.... de l'année prochaine !
En 1976, il y a eu 230 cas de grippe et 1 mort. G. Ford se lança dans une campagne d'hystérie contre la grippe et ordonna la vaccination de toute la population. La première vague de vaccin fit officiellement 25 morts... (Détails ici; à voir notamment le spot de prévention contre la grippe porcine utilisé en 1976).
On fait en haut lieu bien peu de cas de la vie humaine et n'en doutons pas, tout ce qui PEUT être tenté, l'a été ou le sera un jour ou l'autre. L'homme se prend pour dieu, et ce faisant, son potentiel de destruction est illimité.
Savez-vous que l'un des composants du vaccin qu'on se propose de nous administrer, le squalène, est une molécule susceptible de générer des maladies auto-immunes et que de nombreux vétérans de la guerre du Golfe sur lesquels avait été expérimenté un vaccin contre l'anthrax contenant ladite molécule, en sont morts. Le Dr V.Scheibner qui a mené des recherches poussées sur les adjuvants des vaccins écrit (voir l'article): " le squalène a produit une cascade de réactions telles que : le syndrome de la guerre du Golfe, l’arthrite, la fibromyalgie, la lymphadénopathie, la fatigue chronique, les céphalées chroniques, la perte anormale de cheveux, des lésions de la peau qui ne guérissent pas, des ulcères, des vertiges, des pertes de mémoire, de modifications de l’humeur, des problèmes neuropsychiatriques, des troubles thyroïdiens, de l’anémie, le lupus érythémateux, la sclérose en plaques, le syndrome de Sjorgen, de Raynaud, la diarrhée chronique, les transpirations nocturnes, de la fièvre (peu élevée)…" C'est réjouissant hein ?
Pour finir, un petit sondage: par chez vous, il y a beaucoup de "grippés" ? Car du côté de chez moi en tout cas, c'est l'arlésienne, même le pharmacien du coin n' a vu passer aucun cas suspect et n'a reçu aucune information ni aucune instruction particulière sur la manière d'agir pour se préparer à l'arrivée du virus redouté.
Ce qui reste quand même inquiétant, c'est une possible et même probable recombinaison du H1N1 avec le H5N1. Il n'y a pas de raison qu'elle n'ait pas lieu tôt ou tard, tant la logique de profit a mis à bas les principes de sécurité et la réflexion les plus élémentaires. On pense notamment à l'élevage industriel, qui est un véritable terreau pour la grippe et ses mutations, sans parler d’autres maladies (vache folle etc…). Il me revient un passage du livre "Les chats de hasard", d'Annie Duperey.
A un moment, elle rend hommage à un de ses amis, Jean Mercure. Celui-ci, lors d’un dîner, lui avait brusquement recommandé de faire attention à ce qu'elle mangeait. Puis il avait raconté qu'on lui avait demandé un jour de prendre position contre l'exploitation industrielle des veaux en batterie. Il avait décidé de se rendre compte par lui-même avant de donner sa signature et s’était rendu dans un élevage pour une visite. Il en était revenu totalement bouleversé et décomposé. Voilà ce qu'il avait dit à Annie à ce propos, lors de ce dîner: "Tu ne peux pas savoir, c'est terrible... Mais nous allons le payer cher, tu sais. Les hommes paieront très cher les souffrances qu'ils infligent aux animaux. On ne fait pas tant d'atrocités, on ne provoque pas tant de douleur impunément. Vont apparaître des maladies, des dégénérescences, il y en a déjà, et d'autres choses encore... Je suis persuadé que la souffrance reste inscrite dans la chair, dans les gènes. Et nous, les bourreaux, qui mangeons cette chair imprégnée de souffrance, cette chair torturée par nous, nous le paierons, oui..."
Alors, combien de milliards prévus pour réformer l'élevage industriel ? Aux dernières nouvelles, cela n'est même pas à l'ordre du jour.
02 septembre 2009
"Le décor de cette rentrée est en carton-pâte"...
... comme il est écrit dans le Marianne de cette semaine, page 30.
Il est également écrit, un peu plus haut sur cette même page, que "l'enfumage prend ces temps-ci une dimension industrielle". Vous savez, l'enfumage, comme pour les abeilles que l'on met en situation d'urgence pour mieux détourner leur attention et leur piquer leur miel.
J'ai été bien contente de trouver des mots qui correspondent parfaitement à mon ressenti du moment.
Comme je le disais dernièrement à Fred dans un commentaire sous un de ses articles où il exprime à sa manière à peu près le même sentiment, j'ai l'impression de nager en plein surréalisme en écoutant les nouvelles de la rentrée (c'était déjà le cas avant, mais le choc que je ressentais régulièrement à chaque nouvelle énormité s'est maintenant changé en une espèce de sensation d'absurdité diffuse et omniprésente qui enfle, qui enfle), en regardant les présentateurs du JT sourire niaisement et nous parler des joyeux vacanciers qui rentrent au bercail frais et dispos, tous beaux et tous bronzés, et puis des tits nenfants qui font leur rentrée pas cher. Pas cher, car c'est officiel au pays des bisounours, le prix des fournitures baisse. C'est la militante UMP et la caissière en CDD à temps partiel sous pression qui l'ont dit au ministre se mêlant au bas peuple, lors d'une visite au supermarché du coin. Mais oui bien sûr, je peux vous le dire, moi qui suis restée dernièrement sidérée émotionnellement au rayon papeterie de Auchan, devant le prix d'un cahier à spirale que je m'apprêtais à mettre dans mon caddie mais que j'ai reposé gentiment sur son étagère.
Bon y a la vilaine grigrippe qui arrive bien sûr, tous aux abris, mais si on peut enfler quelques ronronds avant de renvoyer tout le monde à la maison, allez Lucette, faut se la faire cette rentrée ! Ouais ! Et puis y a Sarko qui nous la joue "méchant flic" avec les vilains banquiers pas beaux. Pan sur le kiki, Messieurs, et qu'on ne vous y reprenne plus ! Oui, Monsieur le Grand Président, on ne peut que se plier à votre illustre autorité. hihihi. Je pourrais en écrire des pages et des pages, tellement la situation est critique et le metteur en scène prolifique.
Et on se perd dans ce sentiment d'irréalité, d'insignifiance, face aux piteuses et invraissemblables tentatives de la bande gouvernante de vieux chnoques impuissants qui voudraient nous faire croire qu'ils maîtrisent encore la situation, qu'ils ont un plan, autre que celui de se gaver et de se planquer, une politique autre que celle de la terre brûlée. Sans parler de la bande non gouvernante de vieux ou plus jeunes chnoques tout aussi impuissants qui pactisent à tout va en essayant de nous faire croire qu'ils ont une ambition autre que celle de prendre la place des premiers.
Où va t-on ? Que fait-on ? Une cure de sargenor pourquoi pas (c'est de l'arginine, c'est efficace), mais arrêtons d'avaler les carottes et les salades parce que 5 par jour c'est limite, mais plus c'est franchement indigeste. Il faut se rouler dans la terre, carresser les plantes et les animaux, tendre la main à son voisin, respirer l'air de la campagne, garder le contact pour ne pas oublier ce qu'est la vie, et surtout rester lucide, les yeux grands ouverts même si la fumée pique les yeux.
22 août 2009
Petite lecture pour l'été (4)
Crise systémique et mensonges
(source : [Altermonde-sans-frontières] Crise systémique et mensonges)
Par Gilles Bonafi
Nous vivons décidément une époque formidable. On peut ainsi lire dans le Nouvel Obs : « Le pire est passé aux USA mais la reprise sera lente, dit le FMI » ou dans le journal Le Monde : « Les États-Unis sur la voie de la reprise économique ». Il s’agit donc de vous informer vraiment et il ne reste plus que le net pour cela. Je vais donc vous faire ici un petit topo de la finance et de l’actualité économique. Attachez votre ceinture car cela va décoiffer.
Le monde de la finance, des requins pour certains, des escrocs pour d’autres, ici ou là des vampires et même les agents de Lucifer himself, après s’être emparé du monde, ce qui est un secret de polichinelle et n’appartient même plus à la théorie du complot, est en train d’achever notre système économique moribond. En effet, le prestigieux Ludwig Von Mises Institute, qui n’est pas un repaire de méchants communistes, diffuse "Money, Banking, and the Federal Reserve : the Complete Transcript" qui reprend l’essentiel des théories du complot concernant la FED.
De plus, pour les sceptiques, les sourds et les aveugles, il existe le fameux livre de Carrol Quigley qui est tout sauf un illuminé car il était professeur d’histoire à l’Université de Georgetown diplômé de Harvard, membre de l’équipe de campagne et mentor de Bill Clinton et surtout consultant au département de la défense des États-Unis. Donc quelqu’un de très bien informé. Mr Quigley a ainsi publié "Tragedy and Hope : A History of the World in Our Time’, by Carroll ...” dans lequel on trouve écrit à la page 324 (version originale de 1966 qui a été modifiée en 1975) ce que tout le monde devrait savoir :
« En addition à ces objectifs pragmatiques, les autorités du capitalisme financier ont un autre but de grande envergure, rien de moins que celui de créer un système mondial de contrôle financier dans des mains privées, capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie mondiale dans son ensemble. Ce système devant être contrôlé en mode féodal par les banques centrales du monde agissant de concert, par des accords silencieux, a vu le jour lors de fréquentes réunions et conférences privées. Le sommet du système était la Banque des Règlements Internationaux de Bâle en Suisse, une banque privée possédée et contrôlée par les banques centrales du monde qui sont elles-mêmes des sociétés anonymes. Chaque banque centrale a cherché à dominer son gouvernement par sa capacité à contrôler les prêts du Ministère des Finances, à manipuler les échanges avec l’étranger, à influencer le niveau d’activité économique dans le pays, et à influencer les hommes politiques coopératifs par des récompenses économiques dans le monde des affaires. »
La phrase de Noam Chomsky : « le monde ne récompense pas l’honnêteté et l’indépendance, il récompense l’obéissance et la servilité » s’applique à merveille à nos élites qui n’ont ni honneur, ni dignité.
Ou encore, plus fort que tout, à la page 954, pour ceux qui auraient encore des illusions sur notre société du spectacle : « On doit bien comprendre que le pouvoir que ces énergiques militants de gauche ont exercé n’a jamais été leur pouvoir ou un pouvoir communiste mais il était en fait le pouvoir de la coterie financière internationale. »
Donc, ayant balayé le problème du contrôle du monde par la finance, je peux désormais vous décrypter l’actualité.
Certains financiers sont adeptes de la maxime : « pile, je gagne, face tu perds » ou pour parler autrement, privatisation des profits et socialisation des pertes. Par exemple, saviez-vous que 18,6% des sommes allouées (par les contribuables américains) dans le cadre du TARP (Troubled Asset Relief Program ou programme de sauvetage de Wall Street) soit 36,2 milliards de dollars ont été utilisés pour payer les bonus de ceux qui sont responsables de la crise ? Une récompense en quelque sorte.
Goldman Sachs bat tous les records en reversant 40% de la somme allouée, un record. Elle mériterait un livre à elle seule et l’article de Terry Kenan dans le New York Post vous donne un aperçu du fonctionnement de la finance.
Saviez-vous par exemple que Goldman Sachs fait partie de la petite liste des banques accréditées pour la vente des bons du trésor US (la dette américaine), touchant une commission sur la dette ? Kenan résume : « Ce qui est mauvais pour l’Amérique est bon pour Goldman Sachs ». Après avoir gagné des sommes d’argent colossales en ruinant les USA, elle récolte maintenant la même chose mais sur la dette. Le beurre, l’argent du beurre et la crémière !
Mais, certains vont me rétorquer que ce petit monde va être régulé, contrôlé. Bien sûr, ils seront régulés et contrôlés, par des personnes à leur service. Et puis, après le marché des dérivés, il est temps de passer à autre chose. On va donc créer une bourse carbone qui permettra de continuer à se remplir les poches : business as usual. La taille du marché du carbone estimé par la Banque Mondiale à 11 milliards de dollars en 2005 est passé à 126 milliards en 2008 (page 7, The World Bank State and Trends of the Carbon Market 2009). En gros, il double chaque année. Il y aura donc un système d’échange de quotas de CO2 car ne l’oublions pas, les financiers nous annoncerons (avec l’aide de leurs médias) que seule l’industrie financière permettra d’organiser et de fluidifier le marché. Quant au « bon peuple », Michel Rocard a prévenu les Français : "S’ils sont inquiets, c’est légitime parce que la taxe sera lourde". Au passage, il faudrait penser à créer une taxe carbone sur Mars, Jupiter, etc, car là-bas aussi nous assistons à un réchauffement global. Le réchauffement climatique affecterait la planète Mars et des pluies de particules qui réchauffent l’atmosphère de Jupiter. D’autres horreurs, vous en voulez encore, allez on continue. Je vais maintenant vous révéler la vérité sur la fameuse dette du tiers monde.
Pour rester dans « le cadre » il convient de noter que Goldman Sachs (encore !) va distribuer 20 milliards de dollars à ses dirigeants, c’est à dire plus que ce que verse le G8 contre la faim dans le monde.
Plus fort encore, et ceci est un véritable scandale, la dette des pays du sud est passée de 70 milliards en 1970 à 3 360 milliards en 2007 (versée aux pays riches du nord). Pour résumer, en 2007, les pays en voie de développement ont remboursé 18,9 milliards de plus qu’ils ont reçu. Nous nous comportons ainsi comme de véritables pillards comme au bon vieux temps de la colonisation. Il n’y a pas que les pays en voie de développement, la France (ainsi que le reste du monde) est totalement noyée par la dette. Ainsi, le FMI prévoit que la dette publique de la France sera de 95,5% du PIB en 2014 (Dette de la France : le FMI prévoit une forte hausse). Pour info, ce ratio sera de 119,7% pour l’ensemble des pays développés. Et encore, ils n’évaluent pas correctement l’ampleur du tsunami à venir. Pour ma part, les 100% seront atteints fin 2011 car le calcul de la dette ne tient pas compte des engagements hors bilan de la France, à savoir la dette de la sécurité sociale qui va exploser et le financement des retraites des fonctionnaires qui sont prélevées directement sur le budget de l’état.
Il y a donc là une véritable bombe à venir et nous allons assister à la reproduction de l’exemple Letton à grande échelle, c’est à dire :
chômage de masse (plus de 20% partout dans le monde)
diminution des pensions de retraite de 20 à 30%
diminution du salaire des fonctionnaires de 30 à 50%
fin de la sécurité sociale
fin des aides sociales
Bien sûr, la troisième guerre mondiale aura lieu bientôt (fin septembre) et on la rendra responsable d’avoir achevé l’économie mondiale qui commençait à se « redresser »(pétrole à 200 dollars le baril). Ce qui ferait écho aux propos de Barton Biggs, managing partner chez Traxis Partners, un fond d’investissement de New York, donc un grand banquier américain, nous prévient dans son livre « Wealth, War and Wisdom » d’un possible effondrement de l’infrastructure du monde civilisé.
Nous sommes nombreux à tenter de résoudre les problèmes de façon pacifique et proposer des alternatives comme le projet ECCE (ecce - home) mais j’ai bien peur que lorsque le citoyen va se rendre compte qu’il a perdu son travail, sa retraite et sa sécurité sociale au profit de quelques-uns, cela ne se termine très très mal. « Le monde est dangereux à vivre. Non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Albert Einstein
30 juillet 2009
Ah ! ça ira, ça ira, ça ira !
Cela n'a pas fait grand bruit, mais le 3 juillet dernier, la direction générale du travail publiait la circulaire DGT 2009/16 "relative à la pandémie grippale" qui préconise "d'adapter le travail des salariés" en cas de passage en phase 5 B ou 6 (on en est où là au fait ? A la phase 5 A y) III alpha ' ?)
«Il en va de la survie de l'économie nationale, des entreprises et de la sauvegarde de l'emploi.»
Et il en va de la sauvegarde de leurs primes, de leurs bonus et de leur train de vie.
Alors à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles comme on dit, il n'est plus temps de chipatouiller et de tergiverser, une grande claque sur les fesses et hue cocotte ! Au pas les esclaves !
Donc, quitte à se lancer, autant y aller franco de porc ! La circulaire (tel un "phare dans la nuit" d'après le ministère du travail) préconise par exemple que le volume horaire de travail ou le nombre de tâches à effectuer puissent être augmentés «par décision unilatérale de l'employeur». Et de préciser entre parenthèses que «le refus du salarié, sauf s’il est protégé, constitue une faute pouvant justifier le licenciement».
Effectivement, c'est lumineux. Pas besoin de nous éclairer d'avantage la lanterne.
Au fait, comment ça va à Versailles ?
A voir: circulaire DGT 2009/16 du 3 juillet 2009
28 juillet 2009
Le grand foutage de gueule national continue
Après l'absence de baisse du prix du gaz et l' augmentation du prix de l'électricité, Rocard, l'ancien inspecteur des finances qui a fait un AVC en 2007 et qui devrait vraiment songer, comme d'autres, à prendre un repos absolu et non relatif, nous annonce qu'il veut tout bonnement taxer le tout.
Taxer les grosses multinationales ultra pollueuses bourrées de tunes ? Que nenni ! Pas de ça chez nous ! C'est le péquin de base qui va trinquer bien sûr, comme toujours, et à la santé de Total s'il vous plait.
La facture s'établira autour de 300 euros par an "pour un peu plus de la moitié des ménages", a précisé ce bon vieux Rocard, la bouche en cœur, ce qui rapporterait près de 8,3 milliards d'euros dès 2010, dont 4,3 milliards à la charge desdits ménages.
A votre bon coeur Messieurs Dames, on gratte les fonds de tiroirs, donnez à "l'emprunt national" pour maintenir le train de vie à la cour du coq nain et de sa poule. Et cotisez à la dernière grande campagne marketing à la mode qui permet à ceux qui se sont bien gavés au détriment de leurs enfants de continuer en changeant leur fusil d'épaule : sauvons Willy et sauvons la planète ! Comme si cette préoccupation les avait seulement effleuré ces dernières décennies, quand ils étaient occupés à s'engraisser.
Mais attention, Monsieur Rocard a pensé à tout pour tranquilliser les chiens de Pavlov et les moutons de Panurge: "Il est largement prévu de compenser la taxe, mais en termes de pouvoir d'achat, de manière à garder intact le signal prix, l'incitation aux gens à se déplacer moins, à avoir petit à petit des voitures électriques, à mettre des doubles vitres ou à faire des économies sur le chauffage".
Et la taxe sur la connerie c'est pour quand ?
10 juillet 2009
Ils osent TOUT, c'est bien à ça qu'on les reconnait !
Cachons notre joie, il paraît que les prix du gaz resteront stables cet été ! Tellement habitués que nous sommes à assister impuissants à la hausse continuelle de tous les prix (sauf celui de la sueur de nos fronts), on aurait presque envie de déboucher le champagne. Sauf que… l’était po censé baisser dis Jeannot l’prix du gaz ? Ben si, ma pauv’Lucette, mais kes tu veux, quand l’mouton l’a d’la laine en été, bah tu vas bien l’tondre à raz boudiou !
Un commentaire ? Une explication ? Oui, en voilà une assez phénoménale dans son genre, trouvée ici (je rajoute le sous-titrage, pour les malentendants, entre parenthèses) : " Le gouvernement préfère ne pas faire suivre ces hauts et ces bas (surtout ces bas donc) et mise sur une stabilisation des prix (à la hausse)." Ben oui, quoi, le prix du pétrole commence à remonter nous dit-on, ça l'a pris comme ça d'un coup, hop ! Alors on va quand même pas se donner la peine de baisser les tarifs alors qu’on vous prépare une petite resucée pour l’hiver !
N’est-ce pas formidable quand même ce prix du pétrole ! Aussi pratique qu’un Ben Laden de poche qu’on peut dégainer à tout moment en cas de besoin. Pour résumer, le prix du pétrole donc, était censé s’envoler jusqu’aux étoiles, mais n’a finalement fait qu’une brève et spectaculaire envolée le temps de permettre d’augmenter aussi le prix du gaz puis est reparti soudainement à la baisse sans que personne ne comprenne pourquoi. Le prix du gaz, qui ne devait baisser qu’en juillet, au moment où, comme tout le monde le sait, on grelotte près du poêle, va finalement rester égal à lui-même, c’est à dire foutrement trop cher par rapport à ce qu’il devrait normalement être.
L'association de consommateurs CLCV réclame naïvement une baisse des tarifs de 20%, arguant du fait que "les prix du pétrole brut ont retrouvé leur niveau du début de l'année 2005 alors que le prix du gaz, lui, est toujours supérieur de près 40%.
Vous y croyez ? Malheureux !
Non seulement vous pouvez toujours vous brosser pour avoir la moindre petite baisse du coût de quoi que ce soit, mais en plus, les 20 %, c’est à la hausse que vous allez vous les prendre, cette fois-ci de la part d’un certain Pierre Gadonneix, patron d’EDF, qui trépigne dans son bac à sable pour avoir plus de bibilles comme son copain.
20 % !!! L'est fou lui ! Me direz-vous...
Mais connaissez-vous cette technique de négociation bâteau, qui consiste à demander vachement plus que ce que l'on souhaite et à diminuer ensuite ses prétentions pour que l'autre accepte en ayant l'impression de vous avoir fait reculer et donc d'être le grand gagnant de l'histoire ?
Ben je crois bien que le manuel du parfait petit con de manipulateur de base circule chez les potes MEDEF à Sarko.
Mais soyons rassurés, le monsieur nous dit qu’il ne nous sucera que "de 2 à 3 euros par mois" de plus, seulement. Et bientôt nous nous rejouirons d'avoir obtenu que la hausse ne soit finalement que de seulement 15 %.
08 juillet 2009
Société malade
78,4 % d’admis au bac. Un meilleur cru que l’an passé, nous dit-on. Les correcteurs adaptent leur niveau d’exigence aux directives gouvernementales et les français deviennent de plus en plus intelligents. C’est magique, c’est ça le progrès.
Meilleur taux de réussite dans les filières scientifiques comme d’habitude, la filière des « bons » avec les maths en coeff 9 et la philo en coeff 2, ceux qui ont un cerveau logique et rationnel, qui sont le plus facilement utilisables et exploitables par le système mais qui n’ont pas trop d’imagination (ils pourront s’inscrire en prépa pour entrer en sup de co).
Enfin, ça fait quand même toujours aussi plaisir d’avoir son bac, ça ne vaut pas grand chose mais c’est un sésame qui ouvre paraît-il une porte vers le monde adulte. Sauf que le monde adulte, celui de ceux qui travaillent plus pour faire gagner plus à d’autres, est aujourd’hui un monde de stressés et de déprimés. Et c’est même maintenant au programmes des études supérieures. Il faut prendre le pli dès les bancs de la fac.
En effet, selon une étude publiée aujourd'hui dans le bulletin de l'Institut de veille sanitaire (INVS), un étudiant sur quatre souffre d’anxiété ou de dépression, ce qui bien évidemment a des répercussions sur ses études et sur sa vie sociale.
"Ces résultats suggèrent un retentissement des troubles psychiatriques caractérisés dans les études et d'un lien avec l'échec académique. La prévention et la prise en charge des troubles psychiatriques chez les étudiants universitaires devraient être renforcées en France", conclut l'étude.
Bravo pour la brillante analyse. Espérons que si le malaise contamine les lycées, cela n’aura pas trop de répercussion sur le taux de réussite au bac.
Dommage quand même qu’il n’y ait aucune donnée sur les raisons de ce mal-être. Car pour prévenir des troubles, il faut d’abord en comprendre l’origine. Alors les étudiants auraient-ils le pressentiment que ce qui les attend n’est pas folichon ?
Et qu’envisage t-on pour la « prise en charge »? Après les salariés, va t-on maintenant shooter les étudiants aux médocs ?
La société est malade, et pas seulement de la grippe.
01 juillet 2009
Trucage des statistiques sur les arrêts de travail : démonstration par l'exemple
A lire absolument ! Et à faire circuler le plus possible !
Christian Lehmann retranscrit sur son blog le témoignage de Julien Bezolles, un de ses amis médecin généraliste qui démontre superbement la manière dont sont concotées les statistiques truquées de la CNAM.
Prenez le temps de le lire, vraiment, c'est édifiant.
"La Novlangue de la SECURITATE SOCIALE
Ceux qui ont lu "1984" de George Orwell savent comment l'utilisation du vocabulaire, et la manipulation du sens des mots permettent de diffuser l'oppression, de distiller le suc totalitaire afin de maintenir la terreur nécessaire à l'asservissement. Cela s'appelle dans le livre d'Orwell la Novlangue. Ainsi par le miracle de la Novlangue propagande se dit vérité, esclavage se dit liberté, chômage se dit travail, guerre se dit paix etc. "Arbeit macht frei", lisaient à l'entrée d'Auschwitz ceux qui n'allaient jamais en sortir. Novlangue.
Eh bien les aminches, j'ai pu découvrir que notre sécurité sociale s'essaye non sans quelque efficacité à la pratique de la Novlangue avec le relais complice de leurs agents de terrains, j'ai nommé les medcons (traduction novlangue de contrôleurs médicaux), où dans cet univers "désaccord" veut dire "accord".
Voilà l'histoire.
Par une belle journée de consultations banales s'il en est, je reçois en mon humble cabinet ce patient, que je ne connaissais précédemment ni des lèvres ni des dents, qui vient me faire part de sa souffrance, qualifiée de douleur.
Chauffeur de car de son état sur les routes départementales défoncées d'un département rural laissé à l'abandon par son Conseil Général préoccupé essentiellement de maintenir ses prébendes politico-syndicales, notre homme souffre de sciatique. Le diagnostic n'est pas compliqué, dans la mesure où l'intéressé lui-même avance le diagnostic, qu'il prétend avoir déjà ressenti dans sa chair à une date antérieure, à l'inverse de sa présente douleur ressentie comme postérieure, elle. L'examen clinique, appliqué comme vous l'imaginez, me permet d'écrire en une calligraphie médicale dans son dossier du même nom : Lasègue gauche : 30°, Lasègue droit : 40°. L'homme déguste donc.
Le traitement s'impose. Une vie est à sauver. Bardé des nécessaires antalgiques, ma longue expérience de la prise en charge globale me faisant intégrer, par un réflexe quasi pavlovien la dimension environnementale dans la décision médicale, m'amène proposer un arrêt de travail au douloureux impétrant. Une satisfaction béate se dessine alors sur son visage, puisqu'il m'expliquait souffrir depuis plusieurs jours le martyr sur le fauteuil défoncé du car déglingué que lui confie son employeur, qui roule en Porsche Cayenne lui.
C'est donc pénétré à mon tour de la non moins béate satisfaction d'avoir répondu de manière adaptée à la demande du patient, qu'après avoir trempé ma plume d'oie dans l'encrier, je remplis en tirant la langue le formulaire idoine et en trois exemplaires sensé lui accorder le strict repos nécessaire pour lui permettre de reprendre, rétabli, le volant de la mission véhiculaire dont il est investi auprès de citoyens voyageurs qui ressentent pour des raisons qui ne regardent qu'eux le besoin d'être déplacés.
Neuf jours d'arrêt, c'est pas du vol mon bon monsieur et si ça va pas mieux à la fin n'hésitez pas à me revoir. Si tout va bien vous reprendrez le 27 avril. La date a son importance, vous l'allez constater.
Je ne le revis point ce brave assujetti social. Mais j'eus de ces nouvelles par le truchement de ce courrier déposé avec empressement par le préposé des postes dans le casier ferré qui me tient lieu de boîte à lettres.
"Service Médical de la Meurthe-et-Garonne - confidentiel médical" s'affiche en entête de la présente enveloppe sur laquelle s'inscrit également en une calligraphie douteuse mais non moins administrative mon nom titré et l'adresse de mon cabinet. Pas de doute, c'est pour ma pomme.
Je ne sais pas pour vous, mais même après vingt ans de pratique médicale irréprochable fondée sur les données de la science et dans les normes d'une rigueur éthique que d'aucuns qualifient de rigide, l'intrusion dans votre boîte aux lettres d'une missive sécuritaire sociale non attendue et dont vous ne pouvez pas avoir immédiatement à sa présentation une idée précise du contenu, déclenche immédiatement ce petit battement cardiaque, que mes études médicales pourtant peu attentives sur cette question physiologique permettent de rapporter à une libération de catécholamines.
Bref. Y a stress.
"Kesskimmveulencorecékons ?" est la formule habituellement orale qui exprime le mieux ce stress chez moi, et qui s'ensuit assez rapidement de l'ouverture de la dite enveloppe et de l'extraction de la feuille qui s'y trouve enserrée, afin de procéder à la lecture du dit parchemin.
Je vous laisse en découvrir le contenu, dont j'ai bien évidemment fait disparaître tout signe permettant d'en identifier les acteurs.
Vous lisez bien : "Désaccord cencernant la prescription d'arrêt de travail pour votre patient(e)". Ma consoeure et néanmoins médecin conseil de la caisse primitive d'assurance maladie de Châtillon-sur-Prézeure, riante préfecture de Meurthe-et-Garonne, m'exprime donc son désaccord administratif et confraternel.
Ainsi donc j'aurais failli. Pour la première fois.
Se bousculent alors au milieu de mes neurones sidérés les échos des procès inquisitoriaux que rapportent des syndicats médicaux aussi corporatistes que mauvais français, voire anti-gouvernementaux si ça se trouve, qui prétendent défendre indument les intérêts de crapules qui se trouvent légitimement traînés devant les commissions sécuritaires sociales et arbitraires pour répondre de leurs ignominies. Serais je ravalé au rang de ces infamies de la médecine ?
Je lève les yeux et aperçois alors une des poutres qui étayent le plafond de mon cabinet et j'y imagine l'espace d'un fugace instant une corde terminée par un noeud coulant en train de s'y balancer mollement, tandis que je place à sa verticale le marche-pied de ma table d'examens que je repousserai ensuite brutalement après l'avoir gravi et passé autour de mon cou le noeud de la corde suscitée.
Mais non ! il y a peut être encore un espoir. On ne balaie pas ainsi 20 années d'intégrité médicale. Il faut se battre. Et je me lance, ma main gauche tentant vainement d'apaiser le tremblement de ma main droite qui tient la lettre d'infamie, dans la lecture de la missive.
"Suite à l'examen de votre patient(e) Monsieur XXX le 23/04/2009 dans le cadre d'une prescription d'arrêt de travail, je vous informe que j'ai émis un avis défavorable d'ordre médical à compter du 27/04/2009 pour la raison suivante :
Apte à reprendre une activité professionnelle
La Caisse d'Assurance Maladie notifiera cette décision à votre patient(e), qui pourra en cas de désaccord, contester cet avis selon les voies de recours réglementaires qui lui seront indiquées.
Je reste à votre disposition et vous prie de croire, Cher Confrère, à l'assurance de mes meilleures salutations.
Docteur YYY
Praticien Conseil"
Encore sous le choc, titubant, je me traîne jusqu'au fichier médical (mort aux dossiers électroniques !) pour y extraire la fiche du patient, et reprendre l'observation suspecte qui me vaut le désaccord de ma pourtant bienveillante tutelle. J'y découvre que le patient semblait souffrir etc., je vous refais pas le baratin du début, et que l'arrêt de travail incriminé s'arrête au 26 avril 2009 et que le patient devrait reprendre son labeur le 27 avril, date précise de rentrée en vigueur du confraternel désaccord sécuritaire.
Aaah, aaah !!, m'exclamé-je in petto, il y a donc matière à rentrer en dialogue confraternel pour comprendre les motifs de ce désaccord et, de nouveau, le petit battement de coeur qui signe la libération de catécholamines etc.
Y a stress. Encore. Mais surtout y a maintenant motif à faire chier les cons, et là le battement de coeur se complète généralement d'un léger afflux sanguin par les artères honteuses jusqu'à mon corps caverneux, tel celui de Cro-Magnon.
Je m'apprête donc à décrocher mon téléphone pour composer le numéro du contact SM indiquée en haut de la lettre. Contact SM. Eh oui ! Ils l'auraient fait exprès ils auraient pas fait mieux. Il doit s'agir d'un contact très particulier, une ligne hot, surtaxée. Ca promet d'être torride.
Auparavant, l'altruisme débridé dont vous savez maintenant que je suis affublé, m'aura instinctivement fait penser à ce pauvre assujetti social qui, tel Sam Lowry, le héros du film Brazil de Terry Gilliam, se voit chargé de la missive informant de la déviance sociale d'Archibald Tuttle chauffagiste. Lui et son médecin complice d'un jour plongés dans la même opprobre de la boue concupiscente d'une tentative de pwofitassion de l'argent public, pour gagner plus tout en travaillant moins. Crime de lèse-sarkozysme, s'il en est.
Non, cela ne peut pas être. Il faut réagir
C'est donc moralement vécu de la panoplie de Zorro médical que je compose le numéro de téléphone du Contact SM suscité, tout en prenant soin de respecter les heures de disponibilité des agents : 10 h 30 - 11 h00 et 15 h 30 - 16 h 00 du mardi au vendredi sauf le mercredi toute la journée et le vendredi après -midi.
A l'issue des 15 sonneries règlementaires, la voix qui me répond semble assez peu correspondre à ce que j'imagine être une voix de contact SM au numéro surtaxé. Il s'agirait donc davantage de sévice médical que de sado-masochisme. Quoique.
- Le Dr Machin est en entretien confraternel justement avec un de vos confrères, me répond la voix. Je ne peux donc la déranger. Elle peut vous rappeler ?"
- Bien sûr, répondis-je, je suis à mon cabinet au moins jusqu'à 19 heures, ajouté-je fielleusement.
Mais en même temps, intérieurement, je n'en menais pas large, car surgissait alors à mon esprit les images de l'entretien confraternel dont au sujet duquel l'agente de la SS faisait allusion. Le confrère en train d'être entretenu (s'agissait-il d'un entretien ordinaire avec simples brodequins et pesons testiculaires, ou d'un entretien extraordinaire, avec fer rouge et pal ? Je ne le saurai pas) l'était-il suite à une missive comme celle dont j'avais été le destinataire ? Avait-il, lui aussi, tout comme moi, été l'objet d'un désaccord sécuritaire et confraternel ? Je frémissais.
Je vous épargne la façon dont se sont déroulées mes consultations de l'après-midi en attendant le rappel de la consoeur. J'expédiai de la façon la plus vive ceux qui se présentaient comme des malades, mais qui n'étaient en fait que des simulateurs, profiteurs, abuseurs irresponsables. Le gouvernement et l'UMP ont bien raison. C'est juste une question de regard. Vus avec les yeux des puissants tous les faibles deviennent coupables, naturellement.
Puis vient le coup de fil du medcon. 17 h 15. Plus de deux heures après mon appel ! L'entretien confraternel devait donc être du genre extraordinaire. Je faillis demander où je pouvais récupérer les restes du confrère entretenu. Mais blague à part.
- Bonjour, merci de me rappeler. Je vous ai contacté à propos du courrier de désaccord avec ma prescription d'arrêt de travail que j'ai reçu de votre part concernant Monsieur XXX. que j'avais vu à ma consultation pour une sciatique...
- Il ne s'agit pas d'un désaccord mais d'un avis défavorable.
- Il me semble que l'objet de votre lettre s'intitule : "désaccord". Je disais donc que le sujet de votre lettre m'a mis mal à l'aise, puisqu'en près de 20 ans d'exercice c'est la première fois que la sécu m'exprime son désaccord sur une de mes décisions médicales. Et que l'on entend tout de suite derrière ce mot de désaccord ou d'avis défavorable d'ordre médical le fait que l'on pourrait être soupçonné de la rédaction d'un arrêt de travail de complaisance.
Sans compter ce que ressent le patient qui reçoit ce courrier.
Je vous précise que ce patient avait un Lasègue bilatéral à 30 et à 40 ° lorsque je l'ai vu, il était absolument en incapacité de travailler d'autant plus qu'il est chauffeur de car.
- Ah oui, il était donc bien malade, s'étonne le medcon.
Je comprends bien ce que ce courrier peut avoir d'inquiétant dans sa formulation mais ce n'est pas cela du tout. j'ai reçu ce patient le 23 avril dernier, soit 6 jours après que vous l'ayez vu, il allait beaucoup mieux, il le reconnaissait lui-même et il se disait prêt à reprendre son travail le 27 avril comme prévu. j'ai donc émis un avis défavorable à ce que son arrêt de travail ne s'arrête pas le 26.
- Donc si je comprends bien, le patient était prêt pour reprendre le travail comme prévu. De mon coté, j'apprends que l'arrêt de travail lui a été bénéfique. Vous, de votre coté, vous constatez qu'il pourra reprendre son travail effectivement le 27, comme prévu. Bref, nous sommes tous d'accord, vous, le patient et moi, et cela s'exprime par un courrier négatif de désaccord de votre part laissant entendre que le patient et son médecin auraient abusé.
Est ce qu'il n'y a pas un problème là ?
- Oui, oui, je comprends bien, mais nous sommes tenus de faire ce courrier.
- Et qu'est ce qui vous empêche de le formuler positivement plutôt que de façon culpabilisante, dans la mesure où tous les acteurs sont d'accord pour faire le même constat, comme vous l'écrivez vous-même : "apte à reprendre une activité professionnelle" à la fin de son arrêt de travail ?
- Mais ce sont des lettres types qui sont formatées de cette façon dans notre logiciel et que nous ne pouvons pas modifier. Seules les parties que vous voyez en gras sont modifiables de notre propre initiative.
Je laisse passer le silence consterné qui convient puis j'ose :
- Puis je vous poser la question qui me vient à l'esprit et que je résume sous la forme d'une caricature : cela signifie-t-il que vous auriez des quotas d'avis défavorable et de désaccord à rendre à vos supérieurs ? Comme la police qui doit réaliser un minimum de gardes à vue et de contraventions pour montrer qu'elle lutte contre la délinquance ?
- On ne peut pas dire ça comme ça...
- C'est bien pour cela que je parle de caricature.
- Mais nous avons des consignes pour contrôler les arrêts maladie de courte durée.
- Je l'avais compris.
- Et ces lettres types nous sont fournies directement dans le cadre de ces campagnes.
- Très bien. Et pour répondre à l'inquiétude du patient, qui n'aura lui sûrement pas la possibilité de vous poser ces questions et d'accéder à ces informations, que dois-je lui répondre si, par exemple, sa sciatique récidive, et qu'il doit bénéficier d'un nouvel arrêt pour la même raison. Aura-t-il le droit d'être de nouveau en arrêt pour ce motif ?
- Oui, bien sûr, évidemment.
- Merci pour lui. Vous comprenez que son inquiétude puisse être légitime en recevant de tels courriers et qu'il puisse être amené à s'interroger sur son droit à être de nouveau malade sur ce problème particulier.
- Oui, je comprends. Ca peut-être inquiétant, évidemment.
- Et vous en tant que médecin, vous n'avez pas la possibilité de faire remonter aux responsables rédacteurs de ce type de courrier le risque qu'il y a pour les relations entre prescripteurs, assurés sociaux et sécu d'être dans une communication négative et suspicieuse, alors que tout le monde est en fait d'accord ?
- Non, je ne peux rien faire. Nos logiciels sont programmés ainsi.
- Eh bien moi si vous le permettez je vais faire remonter cette information avec mes faibles moyens.
Vous allez encore me dire que j'exagère, chers lecteurs du carnet de Julien Bezolles, et que c'est peu de choses, mais franchement ça me fait froid dans le dos que les technocrates de la sécu élaborent délibérément, sans possibilité qui plus est d'y sursoir de la part de l'agent exécuteur qu'est le medcon, cette forme de communication permettant de maintenir l'oppression.
J'imagine, pour ma part aisément, la propagande dont saura se saisir la sécu, sa direction et son Miniver (le ministère de la Vérité de George Orwell ) pour expliquer, chiffres à l'appui, que lors de sa campagne de contrôle des arrêts de travail de courte durée, les échelons locaux auront émis 80 % de désaccords et d'avis défavorables. Ce qui démontrera à quels points les assurés et les médecins généralistes creusent le trou de la sécu de façon irresponsable, et permettre à l'industrie pharmaceutique de continuer à le faire vraiment, elle. Et de prévoir la mise en place de nouvelles sanctions ou mesures de responsabilisation : une franchise sur les arrêts de travail, pourquoi pas ?
Ainsi je témoigne par le petit bout de la lorgnette du terrain de la mise en place des outils totalitaires par les bureaucrates d'une structure qui a été créée autrefois pour le service de la population. Et comme d'habitude, les relais complices et complaisants sont là pour dire : "Ah ben, moi, j'obéis aux ordres, hein, je fais ce qu'on me dit."
J'arrête là, parce qu'il y a tout d'un coup trop de colère qui me prend et il faut que j'aille souffler un peu.
A bientôt."
Sources:
Comment l'Assurance-Maladie vous ment... et le gouvernement avec...
http://julienbezolles.blogspot.com/
LIRE LA SUITE : J'avais les larmes aux yeux (Novlangue de la sécu - suite)
Pétition: manifeste des 49 délinquants statistiques
Chaque année, des dizaines de milliers de médecins rédigent des arrêts de travail.
Ils le font dans des conditions difficiles en raison de la manipulation des chiffres d'arrêts injustifiés opérée par les caisses d'assurance maladie, et de l'utilisation politique qui en est faite.
On fait le silence sur ces dizaines de milliers de médecins, ou si l'on en parle, c'est pour les accuser.
Je déclare que je suis l'un d'eux.
Je déclare avoir arrêté des patients dont l'état de santé rendait le maintien au travail impossible ou dangereux pour leur santé. Je déclare que ma pratique m'expose à être attaqué pour délit statistique si je fais partie des médecins qui prescrivent plus d'arrêts de travail que la moyenne.
Nous, médecins signataires, ne voulons plus que le médecin chargé du contrôle décide seul de la pertinence ou non d'un arrêt de travail sur des critères arbitraires.










