Grand spécialiste du budget de l'Elysée, le député PS René Dosière a présenté mercredi son rapport annuel sur les crédits de la présidence de la République, où il dénonce "le gouffre entre les promesses de transparence et d'économies formulées par Nicolas Sarkozy et la réalité". Sans blague.

Alors voyons voir :

Crédits "pouvoirs publics" (Elysée, Assemblées...) pour 2009 :
+ 11,5 %, soit 112 millions d'€

Dosière: "A ce rythme, en cinq ans, Nicolas Sarkozy doublera le budget de l'Elysée."

Il a bien doublé sa rétribution perso en un claquement de doigt, me direz-vous.

L'Elysée auto-satisfait a au contraire assuré mardi, dans un communiqué, que son budget était "exemplaire de transparence et de bonne gestion" et qu'il progressait en réalité de "2%".

Faux, répond M. Dosière, qui dénonce un "tour de passe-passe": "la présidence réintègre pour 2008 9,2 millions d'€ qui ne seront en fait votés que lors du collectif budgétaire, en décembre".

Quoi d'autre ?

Progression des charges de fonctionnement (fournitures, télécommunications, frais de réception...): + 25,2 %

Budget arrêté pour les frais de déplacements du chef de l'Etat :
+ 33% par rapport à 2008

Dépenses de personnel, qui concernent (officiellement) 1.031 personnes et constituent le poste principal de dépenses: 70 millions d'€ !  (M. Dosière affirme que ces dépenses correspondent à celles "d'une ville de 100 à 150.000 habitants").

Rémunération des 98 contractuels de la présidence: + 20% (après déjà + 26,8% en 2008)

Autre curiosité: le nombre exact de fonctionnaires mis à disposition, dont le chiffrage qui résulte des réponses des ministères est "inférieur de 150 environ à celui annoncé par l'Elysée" (872): d'où peuvent bien venir ces 150 "clandestins" ?

Et quid de l'acquisition, "qui serait pourtant signée" d'un Airbus 330-223 auprès d'Air Caraïbes, qui est attendu chez Sabena Technics à Bordeaux pour procéder à son aménagement, en vue des déplacements présidentiels ? Budget silencieux.

Conclusion:  "Jamais le budget de l'Elysée n'a été présenté d'une manière aussi opaque et inexacte alors qu'il augmente à un rythme inhabituel en période de récession". (source)

A votre bon coeur Messieurs-dames !