20 août 2009
Petite lecture pour l'été (3)
Génération 25-40 ans : génération de la dernière chance ?
Article publié sur le site : La fronde Economique.
"Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci". Paul Eluard
La génération actuellement aux commandes politiques, économiques et médiatiques (grosso modo les 55-70 ans), ne veut et ne peut pas véritablement changer de mode de développement, si ce n’est à la marge, une pincée de social par ci, un zeste d’écologie par là, mais surtout ne touchez pas aux fondamentaux et focalisez vous sur « la nécessité de relancer à tout prix la machine économique ».
Qui plus est, en France plus qu’ailleurs, ces dirigeants ont tendance à s’accrocher à leurs rochers de pouvoir tels d’indécrottables bigorneaux, non pas au service de grands idéaux ou de belles causes, mais plutôt pour préserver leurs privilèges et défendre leurs intérêts.
Nourrie et formée au productivisme progressiste des Trente Glorieuses, cette génération a laissé s’installer (et même susciter) les Trente Odieuses du néolibéralisme (1980-2010), achetant quelque part la soumission de la génération suivante, en lui faisant miroiter et croire à un avenir radieux, matérialiste et individualiste - au final illusoire.
Marquée par les années 80 et le triomphe du néolibéralisme, aveuglée le « There are no alternatives » de Thatcher et le Veau d’or de Wall Street et de ses yuppies, cette génération 40-55 ans n’a pas assez joué son rôle politique de transformation sociale.
Par ailleurs, pour réellement changer la donne, on ne peut attendre la prise du pouvoir par la génération qui arrive (13-25 ans) - très marquée par l’écologie et donc potentiellement porteuse d’un changement radical de société - car il sera trop tard.
En effet, le temps presse. Tous les experts sérieux[1] s'accordent à dire que qu’il ne reste que 15 à 20 ans pour changer véritablement de cap, sous peine d’arriver à une situation très critique, à côté de laquelle la crise actuelle ne serait qu’un épiphénomène…
En effet, la croissance démographique, l’insuffisance des ressources renouvelables, la raréfaction des ressources fossiles, la progression des émissions de gaz à effet de serre, l’extension mondialisée du mode de vie occidental, le changement climatique déjà amorcé, le creusement des inégalités, etc. vont converger vers un final explosif, à moins de changer fondamentalement de modèle et de perspective.
*
La balle est donc au fond dans le camp de la génération 25-40 ans.
Bien sûr, je caricature un peu, je force le trait, mais si ce constat est à nuancer (méfions nous des généralisations et n’idéalisons ou ne diabolisons aucune génération !), il me paraît néanmoins avéré et même partagé, consciemment ou non, par beaucoup de personnes de cette génération de la « dernière chance » à laquelle j'appartiens.
Une génération assez âgée pour s'être confrontée au monde, à l'entreprise, à l'économie et avoir pris conscience des limites et des dérives du système actuel. Assez âgée aussi pour s'être véritablement engagée dans différentes causes. Mais pas assez âgée pour être aux manettes et peser sur la marche du monde, se retrouvant alors reléguée au rang de spectateur d’une débâcle annoncée…
Une génération qui relativise le clivage gauche / droite, ou en tout cas, n’en fait plus l’alpha et l’oméga de toute vision ou combat politiques.
Une génération qui a grandi et mûri avec la chute du Mur de Berlin, la crise permanente (avec un chômage élevé), les grandes grèves de 1995, la montée de l'altermondialisme, l'affirmation de la Chine, de l'Inde et de la Russie, les difficultés chroniques de l'Europe politique, l'explosion d'Internet, l'irruption des périls écologiques, etc. Autant d'expériences qui l’ont marqué, ont nourri sa vision du monde et, pour une part, ont fortement déterminé un engagement civique, économique ou politique.
Dans les ONG, l’économie sociale et solidaire, les syndicats, le patronat, les collectivités, les mouvements sociaux, etc. je vois et croise de nombreuses personnes de cette génération, actives et engagées, qui en ont assez de cette situation et essaient d’agir concrètement à leur niveau, pour répondre aux défis colossaux qui s’imposent à nous et dessiner un monde meilleur. Ils le font de manière plus pragmatique que leurs "grands aînés" des 55-70 ans, et plus ambitieuse que celle de leurs "grands frères" des 40-55 ans.
Cette génération charnière 25-40 ans va hériter d’une France aux dettes abyssales, d’une Europe encore engoncée dans les dogmes néolibéraux, d’un « Choc des Civilisations » annoncé, de « la plus grave crise financière depuis celle de 1929 », d’une planète qui, quoi qu'il soit fait, se réchauffera d’au moins 2 °C, etc. Quelle belle perspective !
Et pourtant on garde l’espoir. L’improbable est toujours possible et même probable, l’Histoire n’est pas linéaire, l’avenir n’est pas écrit, et il arrive in fine rarement ce qui a été prévu ! La conjonction de crises actuelles (financière, économique, sociale, écologique et de plus en plus, politique) est autant porteuse de désastres que de bienfaits potentiels. L’élection d’Obama aurait-elle été possible sans 8 années de Bush et la crise financière ? Pas si sûr… La « métamorphose » chère à Edgar Morin est plus que jamais nécessaire.
Il arrive un moment où on dit basta. On veut prendre le pouvoir. On veut imposer de nouvelles idées, de nouvelles pratiques économiques, démocratiques et politiques, non pas pour « se servir » ou pour en jouir, mais pour changer de cap avant que le pire n’arrive et redonner du sens à un intérêt général qui est aujourd’hui autant invoqué que bafoué.
Alors, camarades de la « dernière chance », qu’est-ce qu’on fait ?
[1] Le Millenium Ecosystem Assessment, titanesque étude publiée en mars 2005, réalisée sous l’égide de l’ONU pendant quatre ans par près de 1400 experts de 95 pays et de disciplines variées (économistes, sociologues, écologues, anthropologues, biologistes…). Les travaux de Lester Brown (et de l’Institut qu’il préside : le Worldwatch Institute) l'un des fondateurs de l'écologie politique mondiale, auteur de nombreux ouvrages, notamment Le Plan B : pour un pacte écologique mondial, Calmann Levy, 2007. Les travaux du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Le livre de Geneviève Ferrone, directrice du développement durable de Veolia, « Le krach écologique » (Grasset, 2008). Etc. !
14 août 2009
Petite lecture pour l'été (2)
Le travail, cette expropriation systémique du temps humain…
Par Camille Loty Malebranche
(Source : [Altermonde-sans-frontières] Le travail, cette expropriation systémique du temps humain…)
L’une des définitions les plus lucides de l’esclave, est celle d’un individu dont le temps est exproprié par autrui. L’esclavage est l’expropriation du temps de l’homme par l’homme, expropriation diabolique qui, à force de priver l’homme de tout temps propre, finit par le déshumaniser, le réifier, le tuer à toute humanité.
À moins de se fonder sur un compromis et une flexibilité permettant à l’homme travaillant de se valoriser intellectuellement, professionnellement, sentimentalement, familialement et socialement, tout en lui procurant un salaire lui permettant une vie matériellement comblée sans endettement permanent, le travail est un vol du temps, une vampirisation de la vie de l’employé par l’employeur. Car la vie d’un homme sur terre n’est autre que le déploiement temporel de son existence. Imposition pesante de la vitesse de la société de consommation, le travail, avec sa précipitation productive, triture le temps par l’urgence et l’immédiateté.
Et le temps bourgeois, en devient un antitemps - c’est-à-dire un harcèlement constant, enfonçant le temps du travailleur dans l’exclusivisme temporel du présent par et pour la productivité, l’abîme de l’instant à rentabiliser par la production. Ce qui fait de l’homme, l’être du maintenant, et sacrifie toute la vie à la pression de l’urgence, à l’exigence de la performance… C’est littéralement le règne sinistre de l’adage « le temps c’est de l’argent » proclamé par le capitalisme. Ainsi, l’homme ne juge sa vie qu’à l’aune de la rentabilité pécuniaire.
Essence de l’égrugement de l’espace vital de l’homme par l’homme, le temps exproprié par l’employeur-patron à son employé, son ouvrier, représente autant de portions d’existence perdues, autant de morts avant coup dans la durée de la vie du travailleur.
En somme, la plupart des travailleurs sont tous des torturés de onze mois ou plus, qui se donnent, dans le meilleur des cas, un défoulement annuel de deux semaines ou d’un mois et se laissent croire que le système du travail tel qu’il est, constitue un moyen de jouir de la vie. Quinze ou trente jours par année, pour que des ombres prennent provisoirement corps, pour que des frustrés torturés se défoulent avec la permission de leur tortionnaire ! Incroyable monde esclave qui fantasme de la liberté hallucinée que lui vendent ses maîtres au moment même où il obéit au doigt et à l’œil aux structures servant exclusivement les intérêts de quelques familles de banquiers, d’industriels, de commerçants soutenus par leurs larbins politiciens et législateurs qui leur soumettent l’État et la société.
Et pire encore, ils arrivent à faire croire aux peuples que tout cela est indépassable et entre dans un ordre suprahumain ! Comme des vers gigotant, une bonne partie de l’humanité n’a même pas la faculté des mouches qui savent au moins voler et planer au-dessus de la déchetterie où elles vivent. L’homme, comme animal grégaire, abdique devant cette sorte de cybernétique qu’est l’institution sociale qu’il sacralise en automate à son propre détriment. Et, ses repères et références sont en fait ses bourreaux et leur idéologie.
Dans une société du crédit où, hormis les banquiers et les grands riches, tous sont plus ou moins liés par l’endettement, travaillant pour payer factures et cartes de crédit, seuls des machines sans cervelle peuvent croire aux logorrhées sur la liberté et sur la démocratie vantées par nos gouvernements.
(Lire la suite ici)
29 juin 2009
Un monde en crise
Extraits du site Philosophie et Spiritualité, un site indépendant d'une richesse incroyable en libre accès (pour combien de temps encore ?), que je recommande vivement.
"Une crise est une phase d’aggravation dans le cours d’un processus normal de changement, un pic dans lequel les phénomènes deviennent extrêmes et où la potentialité dangereuse devient patente, impossible à nier."
"Un être humain meurt de faim toutes les 4 secondes, ce qui fait 25.000 chaque jour; plus d’un milliard d’êtres humains vivent dans la famine… tandis que dans le monde occidental, d'autres jettent à la poubelle 50% de la nourriture qu'ils achètent au supermarché. Pour exemple, au Royaume-Uni, 1/3 de la nourriture achetée n'est pas consommée. Rien qu’aux États-unis, les pertes dans le système de distribution sont estimées à environ 100 milliards de dollars par an. A titre de comparaison, les besoins du Programme Alimentaire Mondial, qui vient au secours des populations souffrant de la faim, se sont élevés à 3,5 milliards de dollars. Chaque jour la Terre accueille 200.000 être humains. D’ici 2050 la population mondiale devrait atteindre 9,2 milliards d’habitants. Les chiffres avancés impliquent que d’ici là, il faudra augmenter la production mondiale de 50%. Le bon sens voudrait que l’on décide de partager la nourriture et que l’on gère l’eau de façon intelligente. Le monde a un besoin urgent d’une nouvelle agriculture. Nous ne prenons pas la mesure de la gravité du problème et nos intérêts vont ailleurs. Depuis 2000 les États les plus riches n’ont trouvé que 82 milliards pour mettre fin aux épidémies et à la faim, et pendant ce temps des milliers de milliards de dollars ont été brûlés par la crise financière. Avec seulement 5% de ce qui a été versé aux banques depuis, on aurait pu améliorer les conditions de vie des pays en souffrance et enrayer la faim sur toute la planète. On baigne dans l’absurdité complète. Nous sommes aujourd’hui confrontés à une crise alimentaire sans précédent sur la Terre et nous continuons à faire comme si de rien n’était, alors que la tension collective monte de partout."
"Nous sommes dans un situation historique dans laquelle, l’implication directe de la crise est la disparition de l’humanité en tant que telle."
"Jamais nous n’avons connu une époque comme celle-ci dans laquelle autant de processus de destruction étaient engagés simultanément."
"L’humanité est une et il est parfaitement vain dans la crise actuelle de raisonner de manière fragmentaire comme nous l’avons fait trop longtemps, car c’est justement cette fragmentation qui nous aveugle."
10 février 2009
Humaniser l'économie
A voir vraiment... des idées intéressantes et une approche constructive sur ce site.
Extrait et sommaire :
Pour "changer le monde", il faut changer l'économie, force puissante et structurante des sociétés modernes, dont les dysfonctionnements sont à l'origine des principaux problèmes actuels (périls écologiqe, inégalités, délitement social...).
L'économie n'est pas une "boîte noire" hostile dont le contenu, la forme et l'usage seraient des données exogènes, échappant au citoyen, à l'éthique, au politique.
Son fonctionnement actuel n'est ni "naturel" ni d'ordre divin : il a été construit par des idées, des hommes et des lois; il pourra être transformé par des idées, des hommes et des lois.
Je rajouterais que le système économique actuel est le reflet l'Homme, de ses mentalités, de ses intentions, de ses valeurs et de ses priorités. Si l'économie est aujourd'hui "deshumanisée", c'est parce que ceux qui tiennent les rênes du pouvoir ne font aucun cas de la vie humaine. La "globalisation", la "mondialisation" sont en train de détruire l'individu dans ce qu'il a de plus précieux, son unicité et son humanité. Un mouvement qui a été très loin dans un sens met un certain temps avant de s'inverser. Il faut beaucoup de prises de conscience individuelles pour générer une conscience collective, et déclencher un basculement, une transformation réelle. Mais ça bouillonne en ce moment sur la planète...
09 février 2009
Einstein a dit...
" La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent "
04 février 2009
Un petit article que j’ai trouvé pas mal…
(Extrait du journal Le Monde – Dossiers & Documents, article de Hervé Kempf, " Le dieu argent tu déboulonneras ")
C’est un député des Etats-Unis, Henry Waxman, qui a posé la bonne question : " Est-ce juste ? ". La scène se passait au Congrès, à Washington, le 6 octobre 2008. Les représentants avaient organisé des auditions afin d’essayer de comprendre comment la faillite de la banque d’affaires Lehmann Brothers avait pu se produire, le 15 septembre précédent. Cette faillite avait marqué le déclenchement de la deuxième phase de la crise financière ouverte à l’été 2007, provoquant des faillites en cascade et se prolongeant début 2009 par une récession économique mondiale qui durera longtemps.
Les représentants du peuple interrogeaient Richard Fuld, le président de Lehmann Brothers. " Vous avez gagné 480 millions de dollars dans les années précédant la faillite, dit M. Waxman. J’ai une question très simple pour vous : est-ce juste ? " Silence. M. Fuld avale sa salive, enlève ses lunettes, finit par parler. Il ne répond pas. Il explique, de façon alambiquée, qu’en fait, ce n’est pas 480 millions de dollars, mais 300.
Bien sûr, la réponse courageuse aurait été : " Non, ce n’est pas juste ". Non, il n’est pas juste que M . Fuld, comme tant d’autres spéculateurs, financiers, dirigeants d’entreprise, aient accumulé depuis des années des sommes qui se comptent par dizaines, centaines, milliers de millions de dollars, d’euros, de yens ou de yuans. Pas juste que, quand 900 millions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim tous les jours, des individus de New York, Londres, Paris ou Moscou, possèdent plusieurs maisons, yachts, avions privés, objets de luxe, etc.
L’écroulement du système financier est ainsi, d’abord, une question de morale, comme l’a rappelé M. Waxman. " Est-ce juste ? " est la question sans laquelle on ne peut fonder une société.
Depuis trente ans, à mesure que gonflait la bulle des profits, l’oligarchie a perdu pied avec ce que George Orwell appelait la " décence commune ", et qu’on pourrait traduire à la fois par le bon sens et par la morale populaire. L’avidité obscène de cette oligarchie sans morale a fini par menacer la société humaine, puisque le bouleversement économique et écologique menace de nous plonger dans le chaos.
Mais ce que nous rappelle aussi ce bouleversement, c’est que l’économie est autant gouvernée par la psychologie collective que par la rationalité. Et que la frustration, le désir, la rivalité ostentatoire sont un moteur sans lequel on ne peut comprendre la période qui s’achève. Que, de plus, la monnaie n’est pas simplement une traduction comptable de l’activité humaine, un outil permettant de fluidifier l’échange, mais un langage extrêmement compliqué qui traduit de manière de plus en plus déréglée les signes que les humains s’adressent en croyant échanger des biens. La monnaie relève de l’anthropologie autant que de l’économie. Il nous faudra donc désapprendre la monnaie pour rétablir la parole, qui est, comme l’évoque Jean-Jacques Rousseau, la vraie nature d’une " commerce indépendant ".
Il reste, dans les mois et les années qui viennent, que cette évaporation de l’argent se traduira par des misères accrues, du chômage, des révoltes. L’avidité a dissous la société. La société humaine ne pourra trouver son équilibre que si elle sait tenir en lisière las passions folles que recouvre la monnaie. La règle, ici, sera la justice. Pour que la justice revienne, il convient que les riches, qui ont causé le désordre, rendent l’argent qu’ils ont volé à la société.
30 janvier 2009
A qui profite l'ignorance ?
" Les gouvernements sont intéressés à faire en sorte que la société ne soit pas éclairée car s'ils éclairaient la société qu'ils gouvernent, il ne faudrait pas beaucoup de temps avant qu'ils soient anéantis par cette société qu'ils auraient éclairée." Thomas Bernhard, écrivain autrichien (1931-1989)
VOIR LE SITE : Culture & Révolution
11 janvier 2009
Savez-vous donner véritablement ?
(Source: Lise Bourbeau, Magazine Lumière, Vol. 3 No. 2, Juin 1994)
«Plus on donne, plus on reçoit»
Les lois de la prospérité disent que plus on donne, plus on reçoit et plus on s'ouvre à l'abondance. Un grand nombre de gens doutent de cette loi, car ils pensent souvent que même s'ils donnent, ils ne reçoivent pas autant en retour.
Cette loi n'est efficace que pour ceux qui donnent véritablement, c'est-à-dire ceux qui donnent pour le simple plaisir de donner, donc sans aucune attente. Très peu de personnes savent donner de cette façon. La plupart d'entre nous avons appris à donner pour toutes sortes de raisons, excepté la bonne, c'est-à-dire celle de vouloir faire plaisir à l'autre, selon les désirs de l'autre. Quand je parle de don, je ne parle pas seulement de donner des biens ou de l'argent, mais aussi du temps, de l'attention, un sourire, un compliment, une bonne pensée, etc.
Quelles sont les différentes façons et les différentes raisons de donner? Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans l'une d'entre elles...
Donner, par devoir, parce qu'il faut
Si vous appartenez à cette catégorie, vous donnez parce que vous avez appris qu'une bonne personne agit ainsi. Exemple: faire quelque chose pour son enfant, son conjoint, ses parents, etc. La plupart du temps, vous ne vous demandez même pas si vous en avez le goût ou non. Vous savez seulement que si vous ne donnez pas, vous vous sentirez coupable. Vous donnez même des choses ou du temps sans vérifier si c'est ce dont l'autre a besoin. Vous donnez pour satisfaire votre tête, votre ego, qui vous dit qu'il faut le faire. Vous donnez même quand cela ne fait pas votre affaire ou celle de la personne à qui vous donnez. De plus, il est à peu près sûr que vous croyez que les autres devraient agir comme vous. Vous devez être déçu quand ils ne le font pas!
La motivation de ce genre de don est: «J'ai peur de ne pas être une bonne personne.»
Donner pour rendre l'autre heureux
Dans ce cas, vous vous croyez responsable du bonheur de ceux que vous aimez. Vous croyez devoir répondre à toutes leurs attentes. En agissant ainsi, vous ne pouvez pas éprouver beaucoup de plaisir, car cette croyance vous amène souvent à dépasser vos limites. Bien sûr, vous avez tendance à croire que les autres sont responsables de votre bonheur. Vous avez donc des attentes envers ceux qui vous entourent. Exemple: si vous vous forcez pour toujours être à l'heure et préparez les repas de votre conjoint parce que c'est ce qu'il veut, vous vous attendez, probablement, à ce qu'il soit toujours à l'heure, lui aussi. Cette façon de penser ne peut qu'engendrer beaucoup de culpabilité quand vous osez, parfois, ne pas répondre aux attentes des autres. Soyez conscient: aucune personne sur cette planète ne possède le pouvoir d'en rendre une autre heureuse. Le bonheur ne peut venir que de l'intérieur de soi.
La motivation de ce genre de don est: «J'ai peur de déplaire à l'autre ou de le rendre malheureux.»
Donner parce que c'est la coutume, la tradition
Si tel est le cas, vous vous forcez pour donner des cadeaux à tous ceux que vous aimez, dans le temps des Fêtes, aux anniversaires, etc. Qu'arrive-t-il si, par exemple, vous donnez un cadeau à quelqu'un qui ne vous en donne pas en retour. Allez-vous continuer à lui en donner un à chaque année? Je pense que non, car ce don est fait d'attentes. De plus, vous vous sentez sûrement coupable quand vous n'avez pas le goût de donner ou lorsque vous avez oublié une date d'anniversaire.
La motivation de ce genre de don est: «J'ai peur de passer pour un ingrat ou un marginal.»
Donner dans le but de manipuler
Ici, vous vous efforcez d'être gentil ou très attentif envers quelqu'un en sachant que vous avez une faveur à lui demander ou quand vous voulez vous faire pardonner pour une faute quelconque. Ce genre de don vous crée un malaise mental, car vous savez que vous n'êtes pas vrai; les détours faits pour arriver à vos fins le démontrent.
La motivation de ce genre de don est: «J'ai peur de laisser paraître ma vulnérabilité ou peur d'admettre ma dépendance envers l'autre.»
Donner pour avoir de la reconnaissance
Vous ne connaissez pas vraiment votre valeur. Vous êtes très serviable, mais vous vous attendez à recevoir un «merci». Vous tentez de vous rendre indispensable. Vous en prenez souvent beaucoup sur vos épaules, souvent plus que vos limites.
Cette façon d'agir est souvent la cause d'un surplus de poids. Elle vous fait vivre aussi beaucoup d'émotions, car vous avez de la difficulté à accepter que l'on vous critique. Quand on vous dit que vous auriez dû agir autrement, le coeur vous manque. Vous pensez aussitôt «Veut-il ma peau. Je fais tout pour lui et ce n'est pas encore assez.» Vous recherchez avidement la reconnaissance. Quand vous reconnaîtrez véritablement votre valeur, vous aurez plus de respect pour vos limites et vous saurez que vous êtes aimé et reconnu même si vous en prenez moins sur vos épaules.
La motivation de ce genre de don est: «J'ai peur de ne pas être aimé, reconnu.»
Donner parce que vous avez reçu
Dans ce cas, vous avez beaucoup de difficulté à recevoir gratuitement. Vous ne pouvez croire qu'on ait pu vous donner seulement pour vous faire plaisir et sans attentes. Vous vous sentez obligé de donner en retour. Vous avez peur qu'on vous traite d'ingrat et de profiteur. Vous avez peur de ne plus rien recevoir si vous êtes vu de cette façon. De plus, vous croyez que les autres vous donneront quelque chose parce que vous leur en avez donné. Vous avez donc des attentes quand vous donnez.
La motivation de ce genre de don est: «J'ai peur d'être jugé comme profiteur, de ne pas être assez reconnaissant.»
Comme vous pouvez le constater, les différentes façons de donner énumérées plus haut comportent toutes des attentes. Elles sont motivées par la peur et forment un blocage au niveau mental, émotionnel et physique. Tant et aussi longtemps que vous n'apprendrez pas à donner sans attentes, vous vivrez les mêmes angoisses et émotions et il n'y aura aucun changement dans votre vie.
Pour créer un déblocage, il faut de l'amour pour soi. C'est l'essence même de la vie. Pour que quelque chose bouge, évolue, se transforme, ça prend de la vie, de l'amour!
Si vous voulez recevoir au centuple, vous devez donner seulement pour le plaisir de donner. Afin de vérifier si vous savez donner sans attentes, regardez si vous pouvez faire les dons suivants et vous sentir bien ensuite.
Donner de l'argent à votre enfant en sachant fort bien qu'il l'utilisera pour s'acheter un objet ou faire une chose avec laquelle vous n'êtes pas d'accord. De plus, être capable d'éprouver du plaisir à sentir le plaisir qu'il vivra lui-même en utilisant cet argent.
Donner un cadeau d'anniversaire quand vous savez que cette personne oublie presque toujours les anniversaires des autres. De plus, lui donner quelque chose qui, vous le savez pour l'avoir vérifié ou entendu, lui fera plaisir.
Ne pas vivre d'émotions quand vous donnez quelque chose à quelqu'un qui vous dit que ce n'est pas à son goût. Offrir à la place de changer ce cadeau avec plaisir.
Une autre façon de vérifier si vous donnez vraiment sans attentes est d'observer votre façon de recevoir. Un bon donneur est aussi un bon receveur. Si tout le monde refuse de recevoir, à qui donneront les donneurs Si vous êtes capable de recevoir un compliment, une attention ou un objet sans sentir que vous avez besoin de donner en retour, voilà un bon signe démontrant que vous reconnaissez que l'autre a tout simplement voulu vous faire plaisir sans attentes.
Alors, allez-y, entraînez-vous à donner sans attentes. La récolte ne tardera pas à venir. Cependant, vous ne pouvez savoir quand, comment ou par qui cette récolte vous parviendra. Laissez l'univers s'en occuper. La grande loi de cause à effet est constamment à l'oeuvre. Rien ne l'arrête. C'est une loi universelle immuable.
Pratiquez-vous à donner davantage plutôt que d'avoir peur de perdre ou de ne pas en avoir assez. La vie sera beaucoup plus agréable pour vous. Elle vous remplira de joie!
31 octobre 2008
Ces imbéciles qui nous gouvernent
Par Chris Hedges
(source: Altermonde-sans-frontières)
Notre oligarchie est incompétente pour gouverner, pour gérer l’économie, pour réagir devant les catastrophes naturelles, pour éduquer notre jeunesse, pour gérer les affaires internationales, pour créer des services élémentaires tels que la santé ou la protection des individus. Qu’elle soit encore au pouvoir, et qu’elle le sera encore à l’issue des prochaines élections, prouve notre degré d’incapacité à faire la part des choses entre nos illusions et la réalité. Nous croyons encore les « experts » et ces derniers se croient encore eux-mêmes. Ils tournent comme des mouches autour de John McCain et Barack Obama. Ce n’est que lorsque ces élites seront dénoncées comme des parasites incompétents et renversées que nous aurons un espoir de rétablir l’ordre social, économique et politique.
« Leur incapacité d’imaginer qu’un être humain puisse être motivé par autre chose que l’intérêt les rend incapables, ne serait-ce que d’imaginer, d’évoluer dans le cadre d’un désintéressement qu’on appelle l’intérêt public » a dit le philosophe canadien John Ralston Saul, dont les livres « La Civilisation inconsciente » et « Les Bâtards de Voltaire - La dictature de la raison en Occident » s’en prennent avec virulence à nos élites oligarchiques. « C’est comme si la révolution industrielle avait provoqué un traumatisme sévère, qui perdure encore et qui efface la mémoire chez certains. Pour eux, l’histoire moderne a jailli d’une explosion, la révolution industrielle. C’est la pensée idéologique standard : une étoile filante traverse le ciel, une météorite explose, et l’histoire démarre. »
Nos élites – ceux du Congrès, ceux de Wall Street et ceux qu’on nous prépare dans nos universités et écoles de commerce prestigieuses – n’ont pas les capacités pour réparer cette pagaille financière. En réalité, ils vont l’aggraver. A cause de l’éducation qu’ils ont reçue, ils n’ont aucune conception du « bien commun ». Ce sont des bureaucrates médiocres, timorés, sans imagination qui ont été formés à la gestion de systèmes. En guise de solutions, ils ne peuvent concevoir que des petites retouches qui feront plaisir aux milieux d’affaires. Ils ne pensent qu’en termes de chiffres, de profits et de promotions personnelles. Ils sont capables de refuser des soins médicaux aux malades pour augmenter les bénéfices d’une compagnie, tout comme ils sont capables de faire appel à l’argent des contribuables pour fourguer des systèmes d’armement couteux à quelques dictatures sanglantes. Les conséquences sur le plan humain ne figurent jamais dans leurs bilans. Le système démocratique, pensent-ils, est un effet collatéral du libéralisme économique. Et ils servent docilement le marché.
Andrew Lahde, de Santa Monica, Californie, est le gestionnaire de « hedge funds » qui a fait un profit de 870 pour cent l’année dernière en pariant sur un effondrement des « subprimes ». Il vient de fermer son fond de placement, pour cause d’affaires trop risqués avec des banques défaillantes. Dans sa lettre d’adieu à ses investisseurs [1], il s’en prend violemment aux élites.
Parlant de la classe oligarchique, il dit :
« Les fruits pendants, c’est-à-dire ces idiots dont les parents ont payé la prépa, Yale et le MBA d’Harvard, étaient à ramasser. Ces gens qui étaient la plupart du temps indignes de l’éducation qu’ils ont (supposément) reçue se sont élevés jusqu’aux sommets de firmes comme AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers et à tous les niveaux du gouvernement. Toutes ces choses qui soutiennent cette aristocratie n’ont abouti qu’à rendre plus facile pour moi de trouver des gens assez bêtes pour être de l’autre côté de mes transactions. Dieu bénisse l’Amérique ».
« En ce qui concerne le gouvernement, j’aurais une modeste proposition à faire. » poursuivit-il. « D’abord, je voudrais souligner les failles les plus évidentes, où des propositions de lois ont sans cesse été présentées au Congrès ces huit dernières années, des lois qui permis de contrôler les pratiques de ces institutions qui sont pour la plupart aujourd’hui défuntes. Ces institutions ont régulièrement rempli les coffres-forts de tous les partis politiques en échange d’un rejet des ces projets de loi dont l’objectif était de protéger le citoyen de base. C’est un scandale, et pourtant personne n’a l’air de le remarquer ou de s’en préoccuper. Depuis la mort de Thomas Jefferson et Adam Smith, je dirais qu’il y a une pénurie de véritables philosophes dans ce pays, du moins de ceux qui se consacrent à améliorer le gouvernement. »
La démocratie n’est pas un produit des marchés libres. Démocratie et Capitalisme sont antagonistes. La Démocratie, comme la responsabilité individuelle, n’est pas basée sur la recherche d’un profit personnel mais sur l’abnégation. Une démocratie qui fonctionne doit, au nom des citoyens, défier les intérêts économiques des élites. Ce n’est pas le cas. Les patrons et les officiels du gouvernement qui tentent de réparer l’effondrement économique sont en train de consacrer de l’argent et des ressources au secteur financier parce que tout ce qu’ils savent faire, c’est gérer et maintenir des systèmes existants, pas les changer. Mais les systèmes financiers ne sont pas des abstractions scientifiques ou mathématiques qui existent indépendamment des êtres humains.
Lors d’une interview téléphonique, Saul a dit :
"Lorsque l’élite commence à croire à la réalité de l’argent, la crash n’est pas bien loin. Ils ont abandonné toute réflexion. Ils se sont mis dans l’impossibilité de se regarder dans la glace et de réfléchir, de distinguer inflation, spéculation et simple esbroufe. Ils en sont incapables. Et lorsque vous leur dites, « hé, ceci n’est pas du réel », ils répondent, « oh, mais vous ne comprenez pas, vous êtes vieux jeu, vous en êtes encore à raisonner en termes de production » sans oublier le « c’est de l’économie élémentaire, voyons ». Ca ne rate jamais."
« Le problème, c’est qu’il y a une crise, il y a une perte de repères chez tous ceux qui sont au pouvoir, et je ne parle pas que de George Bush, c’est quelque chose de très, très profond » dit Saul.
« Il y une nécessité de repenser l’économie et la politique. Il faut repenser toute la méthode d’analyse de la Banque Mondiale. Si j’étais le Secrétaire du Trésor - pas un type comme Henry Paulson, je veux parler d’un Secrétaire du Trésor ou d’un Ministre des Finances normal - et si je disais, « bon, les gars, on a un problème, on va réunir tous les fonctionnaires expérimentés. Messieurs, dames, nous avons un grave problème, il faut trouver quelque chose ». Eh bien, ces gens-là en seraient incapables parce qu’on en est déjà à la quatrième génération de ce qu’on pourrait appeler les gestionnaires globalistes néoconservateurs (en résumant un peu brutalement). Alors ils vont consulter leurs subalternes qui à leur tour vont consulter ceux en dessous et ainsi de suite. Et il n’y en aura pas un seul pour proposer une alternative. On entendra peut-être quelques petites variations, mais pas d’opinions divergentes. Il est donc très difficile de changer les choses parce qu’ils ont éliminé toute opposition interne. C’était le même problème en Union Soviétique, non ?
Saul releva que, dans les années 20, en Allemagne, Italie et la France, les trois premiers objectifs du mouvement corporatiste, du moins pour ceux qui ont fini par rejoindre l’expérience fasciste, était « le transfert du pouvoir entre les mains de groupes d’intérêt économiques et sociaux, l’interférence du privé dans des domaines normalement réservés au public » et « la suppression des frontières entre l’intérêt privé et l’intérêt public – c’-est-à-dire la remise en cause de l’idée même d’intérêt pubic. »
On n’a pas déjà entendu ça quelque part ?
« Il existe une poignée de gens qui n’ont pas connu les honneurs des grands media, qui n’ont pas été écoutés, qui ont été marginalisés de toutes les manières possibles et imaginables, » dit Saul. « Il y en a quelques uns et on pourrait faire appel à eux. Mais ensuite, à qui transmettre les instructions ? Ceux à qui ils transmettraient les instructions ne vont pas comprendre les instructions parce que cela ne fait pas partie de leur éducation. C’est comme un général qui voudrait mener une guerre de guérilla et qui se rendrait soudainement compte que ses officiers ne savent que creuser des tranchées. Comment réussirait-il à leur faire faire quelque chose pour laquelle ils n’ont jamais été formés ? C’est ainsi que l’on aboutit à cette sorte de désarroi, de confusion interne, et la menace du populisme. Nous avons déjà connu le populisme, mais là ce serait bien plus fort, plus effrayant, plus violent. »
Nous avons beau élire des représentants pour mettre fin à la guerre, la guerre continue. Nous avons beau demander aux élus de faire interdire les écoutes téléphoniques illégales de Bush, les lobbyistes des compagnies de télécommunication font en sorte qu’elles continuent. Nous avons beau les supplier de ne pas faire un cadeau de 850 milliards de dollars d’argent des contribuables aux élites de Wall Street… Nous avons beau vouloir un vrai système de sécurité sociale, le sujet n’est même pas abordé lors des débats présidentiels. En tant qu’individus dans ce système, nous n’avons aucune importance.
« J’ai parlé à plusieurs juges de Cours Suprêmes, à plusieurs reprises dans différents pays, » m’a déclaré Saul, et je leur demandais « écoutez, dans vos jugements, pouvez-vous distinguer les affaires relevant d’un contrat social de celles relevant d’un contrat commercial ? » et la réponse est toujours « nous ne pouvons plus faire la distinction ». C’est là le cœur du problème. On n’a plus le concept de l’autre, l’individu n’a plus de devoirs envers le collectif. Et on ne peut pas l’avoir puisque tout le système légal a glissé ces 50 dernières années vers une confusion croissante entre le contrat social et le contrat commercial. Ce sont pourtant deux choses totalement distinctes. Le contrat social lie les individus dans le cadre d’un intérêt collectif, il implique une responsabilité individuelle, la capacité de comprendre l’autre. Le contrat commercial n’est qu’un contrat commercial. On ne peut pas les confondre. En fait, ils ne sont pas faits l’un pour l’autre. Le contrat commercial ne fonctionne correctement que lorsque le contrat social fonctionne dans une démocratie.
Ceux qui vivent du fruit de leur travail (« la classe ouvrière » dans le texte original – ndt) et qui ont désespérément emprunté de l’argent pour survivre lorsque leurs salaires réels ont dégringolé, devront désormais faire face à une stagnation ou même un déclin de leurs revenus au cours des prochaines années, peut-être même des prochaines décennies, sans pouvoir accéder à de nouveaux crédits. Pendant ce temps, le budget national est en train d’être asséché au profit d’intérêts commerciaux spéculateurs. Le gouvernement – seule institution que les citoyens ont qui soit assez puissante pour protéger leurs droits – a été affaiblie, devient anémique et de moins en moins capable de venir en aide à la masse de citoyens qui vont connaître une période de privations et de souffrances inconnues depuis les années 30. La consommation, ce moteur dispendieux de l’économie US, est en déclin. Les ventes au détail aux Etats-Unis ont chuté de 1,2 pour cent au mois de septembre. La baisse est pratiquement le double des 0,7 pourcent prévus par les analystes, et la consommation des ménages représente deux tiers de l’activité économique aux US. 160.000 emplois ont été perdus le mois dernier et 750.000 emplois ont été perdus l’année dernière. Les répercussions de l’effondrement économique ne font que commencer.
Je ne pense pas que George W. Bush ou Barack Obama ou John McCain ou Henry Paulson soient des fascistes. Je pense qu’ils font plutôt partie d’une cabale de capitalistes ingénus, médiocres et inconscients qui, petit à petit, sont en train d’affaiblir les structures politiques et économiques au point où notre démocratie deviendra si impuissante qu’elle en sera balayée, et probablement avec un fort soutien populaire. Le seule question est comment cela se produira. Le déclin sera-t-il lent et régulier comme à la fin de l’Empire Romain lorsque le Sénat n’était plus qu’une farce ? Y’aura-t-il une puissante réaction d’extrême-droite en provenance des cercles extérieurs au sérail politique traditionnel, comme en Yougoslavie, et la montée en puissance d’un fascisme chrétien ? Y’aura-t-il une crise nationale qui permettra à ceux au pouvoir de balayer les droits constitutionnels au nom de la sécurité nationale ?
Je ne sais pas. Mais je sais que tant que notre oligarchie sera au pouvoir, rien de bon ne nous attendra. Soit nous réussissons à rétablir la notion de l’intérêt public, ce qui implique une révolte contre l’élite et le démantèlement des structures corporatistes, soit nous assisterons à l’agonie de la démocratie.
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Note du traducteur : le titre et la plupart des références et analyses sont probablement plus ou moins adaptabes à d’autres pays...
Version originale : informationclearinghouse
Traduction VD pour legrandsoir
[1] lettre d’adieu à la finance en anglais portfolio
21 octobre 2008
Un peu de sociologie...
Mettez 5 chimpanzés dans une chambre.
Accrochez une banane au plafond et mettez une échelle permettant d'accéder à la banane.
Assurez-vous qu'il n'y a pas d'autres moyens d'atteindre à la banane que l'échelle.
Mettez en place un système qui fait tomber de l'eau totalement glacée dans toute la chambre
(par le plafond bien sur !) dès qu'on commence à escalader l'échelle.
Les chimpanzés apprennent vite qu'il ne faut pas escalader l'échelle.
Vous pouvez alors arrêter le système d'eau glacée,
de sorte que l'escalade n'ait plus son effet gelé.
Maintenant, remplacez l'un des chimpanzés par un nouveau. Ce dernier va chercher à escalader et, sans comprendre pourquoi, se fera tabasser par les autres.
Remplacez encore un des vieux chimpanzés par un nouveau. Ce dernier se fera encore tabasser, et c'est le chimpanzé n° 6 (celui qui a été introduit juste avant)
qui tapera le plus fort.
Continuez le processus jusqu'à ce qu'il n' y ait plus que des nouveaux. Alors, aucun ne cherchera à escalader l'échelle et si jamais il y en a un qui, pour une raison quelconque ose y penser, il se fait massacrer illico presto par les autres. Le pire c'est qu'aucun des chimpanzés n'a la moindre idée sur le pourquoi de la chose.
C'est ainsi que le fonctionnement et la culture d'entreprise prennent naissance.












