Transition

hop hop hop

04 février 2008

Dissonance cognitive

Pourquoi voit-on certaines personnes, malgré l'aberration du discours de leur interlocuteur ou l'improbabilité du but qui leur est promis, agir néanmoins dans le sens qui leur est proposé, faisant fi de tout esprit logique et de tout sens critique, à tel point qu'elles suscitent parfois la moquerie ou la stupéfaction de leur entourage ?

On voit ainsi tel esprit critique bien établi gober le discours d'un charlatan dont les propos font se gausser tout l'auditoire sauf notre "manipulé" potentiel. Tel professeur de médecine se met à croire en la fontaine de jouvence ou d'un baume miraculeux. Cette contradiction flagrante entre le passé de pensée critique du sujet et son adhésion totale à une idée farfelue a fait l'objet d'études nombreuses sur le terrain avant d'être théorisée. Le plus célèbre des auteurs ayant étudié ce phénomène est Léon Festinger, spécialiste des phénomènes de groupe et de psychologie sociale. Au terme de ses études, Festinger posera les principes de ce qu'il a dénommé la "dissonance cognitive". Lorsqu'un individu se voit confronté à une discordance entre divers éléments de connaissance et ce de façon simultanée, il en découle une dissonance "cognitive" (c'est à dire de savoir). Cette dissonance crée chez le sujet un sentiment de malaise, et il va faire en sorte de trouver des aménagements ou de développer une stratégie personnelle pour la rétablir afin de rétablir son calme intérieur. Tout individu confronté à des éléments de savoir contradictoires a donc pour tactique de mettre en place cette "réduction de dissonance cognitive" d'une manière ou d'une autre. La dissonance est d'autant plus forte que les éléments de connaissance en cause sont importants et nombreux. Plus la dissonance est forte, plus le sujet tente de la réduire ou de l'annuler. Il s'agit, bien sûr, d'un effort inconscient. Pour réduire la dissonance, nous utilisons plusieurs stratégies qui visent à modifier notre comportement et à changer nos opinions en les adaptant, par une nouvelle lecture et interprétation intégrant les éléments aberrants ou farfelus qui nous ont agressés.

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13 novembre 2007

Le respect, ça s’impose!

Francine Tremblay
http://www.acsm-ca.qc.ca/

Les vendeurs trouvent en nous une proie idéale. Nos amis s’immiscent dans notre vie privée. Notre conjoint accapare tout l’espace vital. Et, comble de malheur, notre patron nous réduit à l’esclavage. Mais pourquoi donc ne parvenons-nous pas à nous faire respecter ?

Marielle a accepté un poste de directrice dans un vieil hôtel, avec mission de le remettre sur pied. Elle ne ménage pas sa peine pour satisfaire son nouveau patron. Une fois les rénovations terminées, le système de réservation élaboré et le personnel embauché, le maître des lieux la remercie tout simplement de ses services. Comme si cela ne suffisait pas, son propriétaire n’honore pas ses engagements, et son chum, de son côté, l’incite à délaisser ses activités professionnelles afin qu’elle se consacre un peu plus à lui. «Je ne comprends pas, avoue Marielle à un gourou des relations humaines qu’une amie lui présente. Je suis toujours très gentille avec les gens et ils ne cessent de profiter de moi». La réponse est une douche froide: «Si je comprends bien, tu veux te faire aimer, mais pas te faire respecter ?»

Comme bien des femmes, Marielle ressent un tel besoin de plaire et d’être aimée qu’elle ne se rend pas compte qu’on la méprise pour sa faiblesse et sa soumission. Certes, ceux qui abusent d’elle le font parfois inconsciemment, mais le résultat est le même. «Il faut avoir une conscience morale exceptionnelle pour ne pas profiter d’une personne qui ne se fait pas respecter», assure Marielle Bordeleau, psychologue. Pourquoi profite-t-on de ceux qui n’inspirent pas le respect? Parce que «les gens conciliants passent pour des faibles et encouragent les autres à les exploiter davantage», soutient Joseph Kirschner, dans l’Art d’être égoïste. En y réfléchissant bien, on se rend compte que chacun essaie de tirer toujours avantage d’autrui. La famille veut que nous soyons une mère dévouée, et nos supérieurs sont plus soucieux de nous voir suivre leurs directives que de ménager notre santé.

C’est normal ! «Plus les gens s’habituent à voir quelqu’un se sacrifier pour eux, plus ils se déchargent de leur fardeau sur cette personne, explique Kirschner. En sont-ils plus reconnaissant pour autant? Certainement pas! Le jour où vous cessez de satisfaire leurs exigences grandissantes, ils se sentent lésés et, dès que vous n’avez plus rien à leur apporter, vous perdez toute importance à leurs yeux.» Bref, la reconnaissance à la mémoire courte!

L'estime de soi

Bien sûr, ça fait 2000 ans que la femme est habituée à passer au second plan. Et cela fait seulement 20 ans qu’elle jouit d’une plus grande liberté. Cependant, les mentalités n’évoluent pas aussi rapidement qu’on le voudrait et certains conditionnements archaïques ont la vie dure. À preuve, l’exemple de cette dynamique directrice d’entreprise dans la trentaine, remarquée par un homme d’affaires qui la convainc de quitter son patelin pour le suivre à la ville. Pour lui plaire, elle s’occupe activement de la maison et des repas et ne cherche que très mollement un nouveau travail. Devenue soumise et incapable de prendre une décision, elle ne tarde pas à perdre le respect de celui qui l’admirait.

«Se faire respecter, c’est aussi refuser de faire ce qui ne nous convient pas», fait remarquer la psychologue Nicole Tremblay. Pour certaines femmes, le besoin d’être aimées surpasse toute considération d’amour-propre et de dignité. Kirschner les met cependant en garde: «Il y a un prix à payer pour vivre selon les désirs des autres: quand on sacrifie ses propres désirs, ses rêves les plus chers, ses aspirations les plus secrètes et ses besoins les plus légitimes.» Par conséquent, l’oubli de soi mène tout droit au manque d’estime de soi: on se croit indigne de respect. De là, il n’y a qu’un pas à franchir pour que l’autre le croie également.

Peur du rejet

Alors, pourquoi se laisse-t-on exploiter ? Selon Kirschner, «en échange de leur docilité et de leur soumission, les gens trouvent une certaine sécurité». Nous craignons de perdre notre poste. Nous ne voulons pas renoncer à l’estime dont nous croyons jouir. Les louanges nous flattent. Nous adorons entendre: «Je sais que je peux toujours compter sur vous!»

Est-il si difficile de renoncer à ces plaisirs éphémères et de dire non ? Oui, si la peur du rejet nous paralyse. Évidemment, le fait d’établir des limites que personne n’a le droit de franchir et de faire valoir son opinion peut provoquer une réaction négative et même un abandon de la part des autres. «Mais il faut être capable de supporter l’effet négatif du «non» pour être en mesure de prendre la place qui nous revient», explique Mme Tremblay. D’autant plus que la peur du rejet n’est pas toujours fondée sur une menace réelle, car une personne qui sait dire non avec tact et fermeté est davantage respectée que celle qui acquiesce toujours aux propos des autres.

S'affirmer

Pourquoi est-il si difficile de se faire respecter ? Flash-back sur l’enfance: la gentille petite fille s’efforce de plaire à papa et à maman. Elle imite une mère conditionnée à se sacrifier pour les autres. La graine est semée. «Lorsque la mère renonce toujours à ses besoins personnels au profit de ceux du conjoint et des enfants, les filles n’apprennent pas à s’affirmer et à exprimer leurs besoins», déclare Nicole Tremblay.

Au moment de l’adolescence, alors que la jeune fille devrait trouver «les mots pour le dire», elle se contente souvent de claquer les portes. Après tout, elle n’a jamais appris à nommer ses sentiments, ses émotions et les limites dont elle voudrait que les autres tiennent compte. «C’est le rôle des parents, affirme Mme Tremblay, de lui apprendre à se faire respecter sans créer de conflit et sans agir de façon négative, à maintenir sa position malgré l’opposition de l’autre sans rester nécessairement sur ses positions, mais sans toujours céder si elle n’est pas d’accord.»

Les règles du jeu

Malheureusement, il ne suffit pas toujours de se respecter et de respecter autrui pour créer une réciprocité. Associée de la firme d’avocats Ducharme Stein Monast de Québec et officier de l’Ordre du Canada, l’honorable Paule Gauthier croit que «le respect, c’est une question de jugement et de gros bon sens à exercer selon les circonstances». Circonstances variables qui assouplissent forcément les règles !

Mais quelles sont ces règles? Elles concernent premièrement l’apparence extérieure, les codes non verbaux. Emerson ne disait-il pas: «Ce que vous êtes parle si fort que je ne peux entendre ce que vous dites»? Apparence négligée, mollesse de la poignée de main, posture avachie, visage fermé et regard fuyant n’ont jamais inspiré beaucoup de respect. Ces indices influent beaucoup sur le respect que les gens peuvent nous accorder: la façon de s’asseoir, de se tenir debout, la façon d’être plus intime avec ses amis et d’être un peu plus réservée en affaires. Même les inflexions de voix et le langage que l’on tient ont une influence sur les égards que l’on peut ou non recevoir. J’ai connu des gens qui ont pris des cours de pause de la voix et fait des exercices de respiration afin de corriger des inflexions qui les désavantageaient.

«La tenue vestimentaire joue aussi un rôle dans le message que l’on communique», affirme Mme Gauthier, qui opte pour une tenue classique au travail. L’avocate accorde également une grande importance aux autres aspects de l’apparence: «À mon sens, la coiffure dénote bien la discipline ou le laisser-aller d’un individu.»

Mme Gauthier a aussi appris à maîtriser l’art de plaire, c’est-à-dire essayer de connaître l’autre pour s’adapter à lui tout en restant toujours soi-même. Bref, il faut apprendre à plaire et à nous faire accepter, mais sans brimer notre personnalité ni admettre trop de compromis, ce qui mettrait en jeu notre intégrité.

Naturellement, dans le monde implacable du travail, ces louables efforts ne sont pas suffisants. De fait, Mme Gauthier souligne que si nous voulons imposer le respect au travail, nous devons être compétentes dans notre domaine. Il s’agit évidemment d’un exercice actif qui exige un certain effort. «On emploie l’expression imposer le respect, et ce n’est pas pour rien: c’est parce qu’on doit s’imposer», soutient Mme Gauthier. Mais n’exige pas qui veut! «Pour imposer le respect, il faut également être un bon communicateur, dit-elle. Parce qu’on a beau être bien mis et très compétent, si on n’est pas capable d’exprimer clairement les messages que l’on veut passer, on n’obtiendra pas de respect, mais plutôt de la pitié».

Être soi-même

Chacune peut développer ses propres règles de conduite et ne laisser personne l’en faire déroger. Pierrette Blackburn est agente à la Sûreté du Québec depuis près de dix-huit ans. Après cinq ans de patrouille, elle en est à sa treizième année à l’escouade du Crime organisé, et occupe depuis deux ans la fonction de caporal par intérim, un poste clé. «Je me sens respectée, assure-t-elle. Je le constate à la façon dont mes collègues me traitent, me parlent et accomplissent le travail que je leur demande de faire».

Le secret de sa réussite? Être soi-même! «Je n’ai jamais eu de difficulté à me faire respecter, parce que je n’ai jamais changé ma façon d’être. On n’a pas à changer sa personnalité parce qu’on fait partie d’un milieu d’hommes. Avant tout, nous sommes des femmes, nous pensons comme des femmes.» Mais est-ce suffisant? «Il ne faut pas avoir peur d’émettre nos opinions, même si elles sont différentes», ajoute Mme Blackburn pour qui diverger d’opinion ne constitue pas un manque de civisme. «Je me suis déjà fait dire par un citoyen que la femme devrait être à ses casseroles. Je ne considère pas cela comme un manque de respect envers moi, mais plutôt une mentalité. C’est seulement une opinion.»

Mais attention ! il y a une limite qu’il ne faut pas dépasser. «Si quelqu’un nous manque de respect, il faut le remettre à sa place pour ne pas laisser dégénérer une situation. Je pense qu’on n’a pas le droit de laisser quelqu’un nous manquer de respect», conclut l’agente Blackburn.

Tout un programme!

«On admire davantage les gens qui se font respecter que ceux qui se laissent écraser», note la psychologue Marielle Bordeleau. Alors, un petit effort. Mme Bordeleau révèle la technique qu’elle propose à ses clientes.«Elles doivent penser à un événement où elles se sont fait rouler. Quand elles ne sont plus dans le feu de l’action, elles analysent la situation et imaginent comment elles auraient pu réagir pour s’attirer des égards et une certaine appréciation de la part des autres.»

Quelques trucs? Accorder à sa propre opinion autant d’importance qu’à celle des autres, défendre son point de vue, ne pas faire passer les autres avant soi-même, s’affirmer, ne jamais se laisser rabaisser ou humilier par les autres, développer sa confiance en soi et son sens de l’humour, ne pas être crédule et ne pas abandonner ses rêves. Ouf! Tout un programme! Toutefois, le jeu en vaut la chandelle puisqu’il s’agit de se faire respecter!

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10 novembre 2007

Désir ou besoin

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Nous sommes souvent confrontés, au plus profond de nous-mêmes, à un dilemme qu’il n’est pas facile de résoudre. J’ai le désir de faire quelque chose, mais je sens que cela ne correspond pas à mon besoin profond.

Cette dualité peut porter soit sur des enjeux bénins : « J’ai envie de sortir, de m’éclater avec des amis sans voir passer les heures et en même temps, j’ai besoin de me retrouver seul, de lire ou de récupérer quelques heures de sommeil nécessaires… ».

Soit sur des enjeux plus complexes : « J’ai le désir d’entrer dans cette relation amoureuse que me propose une amie, retrouvée après tant d’années… Et, au même moment, je pressens que cela risque de me perturber, de me déstabiliser, de me replonger dans une dépendance dont je n’ai plus besoin. Que mon désir ne correspond pas à mon besoin de me respecter et de rester fidèle à ma compagne… »

Il me semble que dans le très beau film de Clint Eastwood, Sur la route de Madison, l’héroïne interprétée par Merryl Streep vit ce dilemme. Malgré son désir pour l’homme qui vient d’entrer dans sa vie, elle va respecter son besoin d’être fidèle à une certaine image d’elle-même, en restant au foyer. J’ai cru comprendre que son choix ne reposait pas sur la fidélité à son mari, mais plus sur la fidélité à elle-même. Dans la reconnaissance profonde de la femme qu’elle était. Il semble que le désir soit plus dynamique que le besoin, plus porteur de ce mouvement qui soudain nous anime, même nous transporte vers l’objet de notre attirance. Le désir est un générateur d’énergie extraordinaire. C’est pour cela qu’il va l’emporter le plus souvent sur la dynamique du besoin, plus statique (ce qui ne veut pas dire passive).

Il ne m’appartient pas ici de dire ce qu’il est préférable de satisfaire, désir ou besoin. Cela dépend des équilibres, des mouvements relationnels, des engagements, qui sont à l’œuvre dans telle période d’une vie ; dans les tempêtes ou les plages de calme de notre existence. Mais il me paraît important d’accepter de s’y confronter, de ne pas faire l’impasse ou de rester aveugle autour des deux énergies qui vont se développer autour d’un désir qui se réalise et d’un besoin qui n’est pas satisfait ! D’un besoin qui, de toute façon, réclamera lui… satisfaction, à un moment ou un autre.

« J’avais vraiment le désir de faire ce voyage en Inde. J’en avais rêvé depuis des années et j’avais commencé à passer du désir au projet. J'ai bloqué une période de deux mois, rassemblé mes économies, contacté un ashram où je souhaitais me poser pour faire un peu de travail sur moi… Quelques semaines avant mon départ, un de mes fils m’interpella profondément par des comportements auto-destructeurs, des fréquentations douteuses qui pouvaient le conduire vers la drogue ou la délinquance… J’ai modifié mon projet, je l’ai aménagé pour respecter à la fois mon désir de faire ce voyage et mon besoin d’assumer mon rôle de père. Pour ne pas me dérober dans un moment où j’avais le sentiment que mon enfant avait besoin de moi. Je lui ai proposé de l’emmener. En précisant que ce voyage était important pour moi et que je souhaitais le vivre dans une dimension personnelle, importante à cette époque de ma vie et que je l’invitais à vivre lui ce qui lui paraîtrait bon pour lui dans cette expérience. Ce fut très bénéfique pour l’un comme pour l’autre. Nous nous sommes rencontrés comme jamais nous n’aurions pu le faire dans la vie qui était la nôtre, à ce moment-là…. »

Il n’est pas toujours possible de concilier désir et besoin.

Nous avons tendance à nous laisser entraîner par le désir… Il me semble cependant que dans le long terme le besoin prévaudra, reviendra à la surface, se manifestera et parfois s’imposera face à un désir plus usé ou plus comblé.

(Jacques SALOME)

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19 mai 2007

Chieuse n'est pas chiante

Ce qui distingue le plus sûrement la chieuse de la gentille fille, c' est la peur.

La romancière canadienne Margaret Atwood a déclaré: " La peur a une odeur, tout comme l' amour. "

Les femmes doivent revoir l' idée qu' elle se font de la chieuse. La chieuse n' est pas désagréable. Elle est douce comme l' agneau. Elle sourit et elle est féminine. Seulement, ses décisions ne sont pas fondées sur la peur de perdre un homme.

Ce n' est pas une question de personnalité. Il ne s' agit pas d' être caustique. La chieuse est une femme qui, par ses actes, montre qu' elle ne renoncera pas à ELLE.

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21 février 2007

Faire le choix...

Les histoires amoureuses commencent par la passion. Mais celle-ci n'a pas la solidité de l'amour. La première a pour elle l'intensité, le second la force. C'est aussi l'immaturité et la superficialité d'un côté, la maturité et la profondeur de l'autre. Non pas que la passion soit "mal" et l'amour "bien". Mais la première ne permet pas de construire dans la durée, de pérenniser la relation, de connaître l'autre et soi-même et de s'accepter réciproquement ; tout ce que l'amour permet, tout ce qu'il est en fait. On peut choisir la passion, mais il ne faut pas alors espérer l'amour ; ou choisir l'amour, mais accepter de ne plus être dans le passionnel. Tout choix est une perte, une élimination, mais c'est aussi une liberté, un engagement de soi. Il est possible de ne pas choisir : l'amour avec un compagnon ou une compagne, avec qui éventuellement on se marie et fait des enfants ; la passion amoureuse avec un amant ou une maîtresse. Mais ce choix du non choix finira en souffrance. Le couple légitime finira par en pâtir, et l'amour avec lui. Ce choix du non choix est au bout du compte celui de la passion au sacrifice de l'amour. Parce que le conjoint ou la conjointe finit par découvrir la vérité, le comportement de celui ou celle qui mène une double vie se modifiant peu à peu, aussi bien positivement que négativement. On peut apprendre à aimer. Pour cela il faut mûrir affectivement, sortir de ses blessures d'enfance, et faire le deuil de la passion. Mais il n'est pas sûr qu'on puisse y parvenir sans passer par une crise importante engendrant une remise en cause profonde. Ce sont les épreuves de la vie qui font grandir, à condition de vouloir en tirer des enseignements. Sans quoi on risque de répéter indéfiniment la même situation. Lorsqu'on tombe amoureux, on retombe en adolescence. Pour construire la relation, il faut ensuite passer en commun de la passion à l'amour. Ne pas tout attendre de l'autre, ne pas exister qu'à travers ses yeux, voir l'autre tel qu'il est et non selon ses rêves. L'aimer au quotidien plutôt qu'être amoureux(se) dans les bons moments seulement. Pour aimer, il faut en faire le choix.

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19 octobre 2006

Incommunicabilité

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Stade de la rencontre et de l'approche où l'on préfère parler de la pluie et du mauvais temps en laissant les choses plus graves derrière la porte. Durée indéterminée, peut traîner en longueur. Essayer de varier les sujets et de les pimenter un peu. S'inquiéter quand on a l'impression d'avoir relu le même mail pour la 3ème fois.

Stade de nervosité extrême dans une relation où l'on ne peut plus rien se dire oralement sans déclencher un torrent de haine agrémentée de coups de griffe. Essayer de désamorcer les choses par la douceur ne sert à rien en général. Juste la fuite.

Période de désarroi et d'inquiétude diffuse inexprimable durant laquelle on se prend à espérer des réconforts spontanés qui n'arriveront sans doute jamais.

Brume rongeuse et vicieuse qui se propage par jour de pluie.

Mal du siècle en Occident.

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26 septembre 2006

Relations impossibles

Pistes pour sortir de certaines impasses...

Une relation impossible c'est:

Une relation où on se sent victime d'un mauvais sort
Une relation où la communication se transforme en guerre de cent ans
Une relation qui avorte avant d'aboutir à sa fin heureuse comme dans les contes de fée
Une relation ou le ressentiment s'accumule et où on s'éteint petit à petit
Une relation où on est mal avec et sans l'autre
Une relation où on perd ses cheveux, ses moyens, son énergie, son estime, ses espoirs, son sommeil, son appétit (malheureusement pas sa cellulite, ne serait-ce pas merveilleux ?)
Une relation dont on ne parvient pas à se libérer, soit en y mettant fin soit en trouvant une manière d'y être bien

Une relation impossible ça peut tout aussi bien être une relation avec son amoureux (se), son enfant, son patron, ses employés, qu'une relation avec un rêve ou un projet créateur qui n'aboutit pas.

Ces relations impossibles sont-elles une punition parce qu'on n'a pas été gentil(les), le karma qui nous poursuit à travers les sombres ruelles de nos vies passées, un mauvais sort qui nous a été jeté à la naissance par une fée frustrée, la preuve qu'on n'est pas assez beau, bon, pas cher ou, trop beau, bon ou cher ?

Aucune de ces réponses ! Le but ultime de ces rencontres est de nous faire tomber en bas de notre tête (notre tour de contrôle) -là où la haine tient ses réunions au sommet pour éliminer l'ennemi qu'elle engendre elle-même - pour ensuite nous faire atterrir au paradis terrestre.

C'est quoi le paradis? C'est le flot amoureux et créateur qui circule librement dans nos corps. Quand on est branché sur ce flot, on est inspiré(e), amoureux(se), allumé(e), comblé(e), en paix. Les choses coulent de source.

Au début de ces relations impossibles, quand on est aux anges, l'autre nous reflète une parcelle de notre essence : une attitude, une énergie, une manière d'être en amour avec soi-même et les autres qu'on doit embrasser.

Quand ces personnes ou ces projets créateurs, qui nous ont permis de goûter à cette magie, se transforment en tyrans, c'est à nous de jouer pour confronter les démons intérieurs avec lesquels elles nous laissent...

Derrière chaque cercle vicieux, chaque impasse, se cache une intention négative. Chaque conflit insoluble est l'oeuvre d'une haine cachée, dissimulée derrière le mur de Berlin de ses justifications.

Cette haine (acquise dans l'enfance dans des moments d'impuissance) est la source de nos paralysies : elle est animée par l'intention de bloquer le flot créateur et amoureux (celui de l'autre et le nôtre du même coup) pour bouder, saboter cette vie ou cet autre qui nous ont trahi(es) ou blessé(es) en ne répondant pas à nos prévisions féeriques. On devient comme un ordinateur qui fige: on fait du sur place, du déjà vu, en rond ou en rang d'oignons. À défaut d'un pouvoir créateur, on prend un contrôle négatif. Triste prix de consolation !

Cette haine perpétue la ronde infernale bourreau-victime ou prédateur-proie. On désire être bien sans lâcher prise sur ce qui nous garde mal, sans cesser de contrôler l'autre ou de le punir. Aussi impossible que de vouloir traverser une rivière tout en restant accroché(e) à la rive.

Pour justifier et continuer cette vendetta justicière il nous faut trois choses :

  • garder et entretenir son mal (pouvez-vous bien me dire de quoi on va se venger si on est bien ?)
  • toujours avoir un spécimen de son bourreau, un exemplaire de son geôlier sous la main pour avoir une bonne raison de rester en contrôle, en bataille, sur la défensive, et ainsi éviter d'aller dans son propre vide intérieur, de s'abandonner à l'inconnu. Quand il n'y a pas un(e) bel(le) écoeurant(e) en vue, ça ne nous arrête pas pour autant : on en crée un(e) de toutes pièces en se comportant de manière à faire damner les plus grands saints.
  • entretenir sa peur face à ce qu'on ressent, peur qui était justifiée lorsqu'on était enfant mais qui n'a plus de raison d'être, maintenant qu'il y a toutes sortes de manières d'embrasser avec compassion les trous noirs de nos manques, de nos impuissances et nos désespoirs, sans se noyer dedans.

Voilà pourquoi on reste accroché(e) à des relations impossibles, pris dans des conflits, des cercles vicieux.
Le ressentiment est le ciment qui nous garde rivé(e) à ceux-ci, comme une brique à son mur.

Les effets de la haine

Vous avez l'impression qu'un mauvais sort vous poursuit,
Vous ne pouvez faire confiance ni à vous-mêmes ni aux autres
Vos rêves deviennent inatteignables
Vous vous sentez vide, toujours insatisfait(e)
Vous avez le sentiment qu'il n'y a pas d'issue nulle part
Vous ne savez plus ce que vous voulez
Quand vous obtenez ce que vous désirez, vous le rejetez ou le sabotez
Vous n'avez plus de désir pour ce et ceux que vous aimez
Vous croyez que vous ne méritez pas d'être heureux
Au moment de vous engager dans ce que vous aimez, vous vous mettez à douter de tout, à chercher des poux (et en trouver) et à vous angoisser, à vous inventer des peurs au fur et à mesure.

Comme me l'écrivait un client :
« (Mon prédateur) introduit un malaise une anxiété au moment d'être bien, je dois me battre pour jouir. Cette anxiété progresse au centre de ma poitrine, prend de l'expansion, contrôle ma tête, coupe les liens avec mon coeur et me fait paniquer. »

Pour vous remettre à respirer et à chanter dans vos douche, il n'y a qu'une solution : vous débrancher de cette haine pour remettre en circulation toute la belle énergie que vous gardez sous clé (sous prétexte de vous protéger) pour vous venger de ceux qui nous ont fait mal.

Si vous êtes aux prises avec des relations impossibles dites-vous que vous venez de rencontrer votre haine, votre haine de vous-même et votre ressentiment envers les autres. Un ne va pas sans l'autre : quand on haït les autres on se hait et quand on se hait, on haït les autres.

Si vous considérez chacune de vos rencontres, chacun de vos conflits comme une possibilité d'embrasser une parcelle de ce que vous êtes, au lieu de vous momifier dans le passé, de vous inventer des histoires sanglantes pour le futur et de refuser obstinément de vous conjuguer au présent.

  1. D'abord vos conflits insolubles et vos impasses indissolubles vont se trouver de belles solutions inattendues et déboucher sur des chemins ensoleillés.
  2. Ensuite vous aller retrouver une liberté d'être que vous ne croyiez pas possible
  3. Ce qui va augmenter votre créativité
  4. Et votre capacité d'aimer et d'être aimé(e)
  5. Vous allez vous découvrir des richesses, des talents que vous ne vous soupçonniez pas
  6. Votre vitalité va s'accroître
  7. Vous allez vous sentir en paix avec vous-mêmes et les autres

Le prix à payer pour avoir ces avantages ?
Laisser mourir votre addiction à blâmer, à bouder, à haïr, à avoir raison, à faire pitié.

Pourquoi ça m'arrive à moi ?

- Merde ! Pourquoi ça m'arrive à moi ? On m'avait pas averti(e) ! Je m'y ferai pas prendre deux fois ! C'est pâââs juste ! Pourquoi je rencontre toujours des gens qui me trahissent, me blessent, me laissent tomber, me rejettent, me mettent des bâtons dans les roues, me contrôlent... ?

En général quand ça nous arrive, on se débat, on entre en guerre, on argumente, on discutaille, on décide de plus faire confiance à personne sauf à son poisson rouge, on essaie de ramener l'autre ou les circonstances comme ils étaient, on se transforme en mule pour empêcher la vie et les autres d'avancer, on joue plus, on rit plus, on va leur montrer ce qu'ils nous ont fait, ils ne nous auront plus, de toutes façons on le savait que c'était trop beau pour être vrai !

Avant de s'avouer vaincu(e), on accentue d'abord ses tentatives de contrôle et on blâme l'autre de ne pas se laisser faire gracieusement. Le pire, c'est que, souvent, on a raison : ils sont à blâmer.
Mais on oublie que blâmer, c'est donner la responsabilité à l'autre (à ceux qu'on trouve si affreux justement !?!) de son bonheur et de son malheur. Quel mauvais investissement !

On devient alors à la merci de celui qu'on blâme, privé de son pouvoir créateur et du contact bienfaisant avec soi-même.

Au lieu d'être à l'écoute de soi, de mettre son attention et son énergie à se faire du bien, on est occupé(e) à convaincre l'autre qu'il est à côté de la plaque, un sans coeur, un faux jeton, un moins que rien, une réincarnation d'Hitler ou un p'tit Napoléon à batteries, une nymphomane sans cervelle, une marâtre castrante et j'en passe, dans l'espoir qu'à force de lui taper dessus il tombera comme St-Paul en bas de son cheval (ou est-ce son âne ?) et que subitement illuminé(e) il nous dira :
« Chéri(e) tu as tellement raison, à partir de maintenant je ne ferai plus jamais rien qui te blesse, te dérange ou te frustre. »

Et bien on peut toujours rêver parce que, nous les humains, sommes ainsi faits que plus on nous pousse à faire ou à être quelque chose, plus on pousse dans le sens contraire.

Et quand on se laisse contrôler par peur de perdre l'autre ou par crainte des représailles, on le fait payer en espèce : on ne donne plus de sa personne, de sa présence, de son amour.

Pire encore : si jamais on avait la chance de rencontrer cette personne idéale, on ne pourrait pas y croire ou en profiter, trop occupé(e) qu'on est à se défendre et à se venger.

On appelle ça un cercle vicieux et la seule porte de sortie est le retour aux sources, le retour à sa source.

Un raccourci pour le paradis ?

Pour que la vie et l'amour coulent à l'intérieur de nous et qu'ils nous comblent de leurs bienfaits, on doit en faire une priorité, une intention centrale.

Les intentions, les intentions, encore et toujours les intentions !

* Vouloir retrouver son bien-être coûte que coûte
* Être prêt(e) à faire ou à lâcher ce qu'il faut pour y parvenir.

Lâcher prise sur le futur, sur le passé, sur son plan de vieillesse garantie, ses avantages sociaux sur les autres, ses droits acquis ou extorqués, sur ce que les autres devraient être ou nous donner sous peine d'excommunions.

L'instant présent est le seul espace où le courant peut circuler à nouveau dans nos corps en manque d'amour.

Une fois ancré(e) dans son intention créatrice et prêt(e) à lâcher les rives de la haine et du contrôle, il suffit de s'élancer dans le flot de son expérience en embrassant tout ce qu'elle contient.

On risque d'y rencontrer deux choses :

D'abord des états qu'on a enterrés vivants il y a longtemps parce qu'ils étaient trop durs à avaler pour nos coeurs béants d'oisillons, trop lourds pour nos bras frêles d'enfant: une peine, une colère, une déception, une peur, un sentiment d'impuissance, un manque de contact, un goût de mourir, une honte.
Maintenant qu'on est grand(e) on a tout ce qu'il faut pour les digérer et si on n'y parvient pas, on peut aller chercher l'aide dont on a besoin pour le faire. Mieux encore, on a maintenant la possibilité de se servir de ces états, si négatifs en apparence, pour alimenter son propre courant d'amour, de vie et d'inspiration.

La deuxième chose qu'on risque de rencontrer c'est une joie, un plaisir, un amour, un élan tellement grands qu'ils nous transportent au-delà de nos limites habituelles et nous font peur tellement ils ébranlent nos appellations contrôlées.

L'essentiel c'est d'embrasser ce qui est là avec l'intention d'être bien et on a accès à son bien-être.

Il s'agit ensuite de se demander de quoi on a besoin pour laisser grandir ce bien-être, pour l'aider a prendre racine et à faire des petits.

Voilà qu'on a son prochain pas créateur ou sa prochaine intention créatrice à portée de la main. On n'a maintenant qu'à le faire, qu'à la mettre en pratique. Beaucoup trop simple n'est-ce pas ? Pâââs de danger qu'on fasse ça !

Pourquoi ? Parce qu'on est accro à ses intentions négatives qui sont coriaces. Ces intentions sont enterrées en nous, comme une hache de guerre, depuis tellement longtemps, que, la plupart du temps, on a oublié qu'elle y sont. Et on les projette partout parce que c'est pas bien et que ça paraît pas bien d'avoir cette rancoeur incrustée dans le coeur, cette haine tatouée sur les ailes de ses élans amoureux et créateurs.

Trousse de survie pour relations impossibles

Pour nous donner un coup de pouce et nous rafraîchir la mémoire, la vie nous envoie dans un « boot camp » de son cru. Les gardiens de ce « boot camp » sont des caricatures ou des représentants sur deux pattes de nos intentions négatives. Ils nous permettent de voir au grand jour nos propres intentions d'avoir du pouvoir sur les autres que ce soit par le retrait de notre présence, de notre amour et de notre approbation ou par des attaques plus violentes et directes.

Ce sont justement ces gens impossibles, tyranniques qui vont nous obliger à passer du «pouvoir sur », au « pouvoir de » : au pouvoir d'être, de créer, d'aimer et de « surfer » sur la vague de nos intentions créatrices.

Ils vont nous obliger à perdre le combat de la haine et du contrôle parce qu'ils sont plus forts, plus gros, plus haineux, plus contrôlants ou plus résistants que nous. On doit accepter de perdre cette bataille, s'avouer vaincus à contrôler les autres et la vie pour que les portes de l'éden s'ouvrent à nous.
Voici deux indices pour vous aider à reconnaître vos intentions négatives.

Si vous refusez d'avoir besoin des autres, vous avez de fortes chances de vous retrouver en alternance :
a) avec des gens qui refusent d'être là pour vous, de répondre à vos besoins, qui vous accusent, vous attaquent, vous psychanalysent, vous rejettent, vous abandonnent à chaque fois que vous exprimez un besoin.
b) avec des gens qui sont dépendants et dont vous avez toujours à vous occuper.

Si vous refusez de vous avouer et d'assumer ce que vous voulez, pour punir ceux qui vous ont empêché(e) de le faire dans le passé, vous allez vous retrouver :
a) aux prises avec quelqu'un qui tente de vous obliger à faire ce qu'il(elle) veut
b) ou avec des gens qui refusent de vous donner ce que vous voulez, qui vous mettent des bâtons dans les roues.

Pour assumer le blocage que cette relation suscite en vous, cessez d'abord de vouloir contrôler l'autre en le blâmant, le punissant, l'attaquant, le rejetant ou en essayant de le faire sentir aussi mal que vous.

Si vous n'y parvenez pas, payez-vous une belle séance de blâme, de plaintes et de grincements de dents avec un auditoire consentant qui opinera du bonnet à tout ce que vous direz et qui renchérira. Allez-y avec conscience et passion.

Puis, quand vous en aurez assez demandez-vous :

  1. Qu'est-ce que vous reprochez le plus à cette personne Ou : qu'est-ce qui vous dérange le plus dans ce qu'il vous fait ou ne vous fait pas
    Ou encore : quel effet son comportement ou son attitude produit-il sur vous, qu'est-ce que ça vous empêche d'être, de sentir, de faire
  2. Assumez cet effet comme si c'était exactement ce que vous vouliez, car c'est un reflet de votre intention négative cachée dans l'ombre, et restez attentif à ce qui se passe en vous quand vous le faites.
    Exemple : vous vous débattez avec quelqu'un qui freine vos élans spontanés envers lui ou elle, sous toutes sortes de prétextes.
    Quand vous vous demandez l'effet négatif que cela produit sur vous, ce qui vient est :
    « je ne Peux pas me laisser être ce que je suis spontanément. »
    Assumez cet effet négatif comme étant un reflet de votre propre intention négative et dites-vous :
    « je ne Veux pas me laisser être ce que je suis spontanément »
    et observez ce que ça soulève en vous :
    vous ressentirez d'abord de la rage et de la résistance :exprimez-la avec l'intensité qu'elle contient, une bonne peine émergera alors, une peine qui vous rapprochera de ce que vous êtes.
  3. Et maintenant embrassez cette émotion avec l'amour, l'acceptation et la compassion que vous voudriez recevoir de cette autre personne.
    Vous ressentirez alors un soulagement et un bien-être. Reconnaissez-le et goûtez-y.
    Et si c'est approprié trouvez un pas créateur face à cette personne.
    Un pas créateur ça peut être :
    exprimer un besoin, une vérité, une limite, faire un choix (comme de terminer une relation ou de ne plus prendre telle ou telle chose ou de faire quelque chose pour soi au lieu d'attendre après quelqu'un d'autre). Et ce toujours dans l'intention d'être bien avec vous-même et l'autre.

Voici un exemple concret tiré d'une lettre que j'ai reçue d'une jeune femme.

« Je suis une femme de 30 ans. J'ai habité au Mexique 5 ans et suis devenue follement amoureuse d'un riche mexicain de mon âge. Notre relation a duré 2 ans. Il y a 4 ans, nous avons terminé la relation dû a des discordances sociales et familiales à mon égard (statut social, nationalité, etc.).
Ce fût l'expérience la plus douloureuse de ma vie (encore plus douloureuse que la mort de mon père l'an dernier). 4 ans plus tard, je souffre toujours, je pleure encore et je n'en reviens pas de l'injustice dont nous avons été victimes. Je me suis fait un nouveau copain. Je suis amoureuse de lui, mais il ne m'attire pas. Comme si toute ma passion était restée au Mexique. J'aime mon nouvel ami, mais je n'ai pas de passion pour lui. Que faire?
Est-ce normal d'être toujours en amour, même après 4 ans? Je vous assure que je ne suis pas une femme déprimée, ni dépressive. Je ne songe pas non plus au suicide. C'est juste que ça me fait encore très mal et je me demande si c'est normal.
Comment peut-on fermer son coeur à une peine d'amour? Je vous remercie beaucoup, FK »

Voici ma réponse :

Plutôt que de fermer votre coeur à votre peine d'amour je vais vous inviter à ouvrir votre coeur à votre peine d'amour : vous êtes encore prise dans cette peine parce qu'une partie de vous refuse de l'embrasser avec amour justement!
Ce qui vous empêche d'embrasser votre peine de tout votre coeur c'est un restant de contrôle et de ressentiment contre ceux qui vous ont blessée. Le ressentiment -contrairement à une bonne colère libératrice qui nous permet d'avancer- est un goût de punir, de blâmer les autres, ce qui nous garde lié(e) à eux dans un duel sans issue...
Ces événements douloureux, si vous savez comment les aborder, vont vous amener à vivre le "paradis" et à retrouver la passion que vous avez connus avec votre amoureux en devenant vous-même la source de cet état. Il est temps pour vous d'intérioriser ce que vous aimiez passionnément chez lui car c'est un aspect de votre essence, tout en confrontant la partie hostile qui vous a été reflétée par son entourage et qui représente votre propre haine de vous et des autres.
C'est une lutte entre l'amour et la haine à finir à l'intérieur de vous.
Voici quelques clés mais il est possible que vous ayez besoin d'aller chercher de l'aide pour les mettre en pratique alors n'hésitez pas le faire.
La première clé est donc de considérer votre ex et sa famille comme des aspects de vous qui se livrent une bataille: votre besoin d'aimer et d'être aimée d'un côté et votre résistance à ce même amour de l'autre. Exactement comme dans un rêve où chaque personnage est une partie de soi-même.
Demandez-vous ensuite ce que vous aimiez le plus chez votre ami mexicain, ce qui vous manque le plus de lui: sa tendresse, son attention, sa manière de vous toucher... c'est la qualité d'être que vous avez besoin d'intérioriser face à vous-même et à votre peine.
Pour vous aider, imaginez cet amoureux en train de prendre soin de votre peine ou de votre blessure avec cette sorte de tendresse, de chaleur ou d'attention jusqu'à ce que vous ressentiez les effets dans votre corps de ce contact amoureux : une chaleur, un lâcher prise, une sensation de bien-être, une paix, un soulagement... De cette manière vous pouvez commencer à intérioriser l'amour qu'il représentait pour vous.
Maintenant demandez-vous ce qui vous a fait le plus de mal dans ce que son entourage a fait, comment vous les percevez, ce que vous leur reprochez le plus, ce que ça vous empêche de vivre. Ils représentent votre résistance à l'abandon, à l'engagement, à l'amour. Ressentez-en les effets sur vous: colère, peine, peur... embrassez et exprimez ces émotions. Cet aspect vous garde prise dans une situation sans issue, sans passion pour votre amoureux actuel.

En résumé : embrassez votre peine et votre douleur avec la même attitude amoureuse que vous voudriez que votre ex vous donne. Puis, mettez une limite à la haine en dirigeant votre colère contre cet aspect haineux et contrôlant de vous qui s'est manifesté à travers lui ou son entourage.
Si vous le faites, une ondée de vie et d'amour se déversera alors sur vos terres désertées qui sont prêtes à refleurir au moindre contact bienveillant.
Puis affirmez : « je suis prête à aimer et à être aimée» et laissez émerger ce que ça soulève en vous. Laissez-vous couler dans cette sensation comme dans un bon bain chaud, celui de votre amour pour vous-même.
Si c'est bon dans votre corps quand vous dites ces mots c'est que vous êtes prêts à aimer sinon c'est qu'il vous reste du travail à faire face à votre intention négative.
Vous avez fort probablement besoin d'aide pour sortir vos intentions négatives de l'ombre et compléter ce travail.

Bonne route

Posté par TendrePoison à 10:44 - Relations - Commentaires [2] - Permalien [#]

16 septembre 2006

Les hommes, les femmes etc

Question: Je suis consciente que je désire plaire et je vois maintenant le prix que je paye à me servir de cet instrument pour arriver à me sentir quelqu'un. Mais je ne suis plus à l'aise avec ça et pourtant morte de peur à l'idée de m'en défaire. J'ai peur de tomber dans le contraire et de devenir détestable, révoltée, on dirait que gris pour moi ça n'existe pas. En tout cas, je suis certaine d'une chose : notre évolution, on la fait tout seuls. Je pleure comme une Madeleine pendant que mon chum joue au Play Station!!! Hilarant!!

J'apprécie ta générosité. Désolée si je t'idéalise, mais pour le moment dans ma noirceur, j'ai besoin d'une lumière, pis c'est toi.

Isabelle
 

Réponse: La lucidité de votre dernière phrase est frappante et démontre un profond désir d'autonomie. Cela me touche.

Vous soulevez la complexe question du désir d'utiliser son charme et sa gentillesse pour ne pas déplaire. De quoi s'agit-il dans les faits?

Développer sa force intérieure procède de deux éléments importants : le mental supérieur et l'énergie sexuelle. Du point de vue du mental, vous vous devez de développer un témoin neutre qui vous apprendra à ne pas vous juger lorsque vous vous voyez incapable de vous défaire d'une séduction non affranchie. Du point de vue de l'énergie sexuelle, les femmes sont conditionnées à céder leur feu facilement en raison de la générosité intrinsèque qu'implique le don de la vie. Au niveau de leurs énergies vitales, elles offrent. Ces énergies sont directement liées au corps éthérique qui contient la mémoire des désirs et des peurs de l'être. Lorsque vous entrez en contact avec un homme qui possède un champ d'énergie stimulé par le désir, votre corps éthérique aura tendance à vibrer immédiatement en concordance avec vos ovules, simplement par le conditionnement biologique de la reproduction. Pour vous défaire de la domination sexuelle de l'homme sur vous, vous devez développer votre force mentale et entrer en relation télépathique avec vos corps pour en maîtriser le déséquilibre.

Il vous appartient de sortir de la programmation de votre conscience animale et donc de celle de l'homme. La raison pour laquelle vous avez du mal à réagir vient de votre peur de la violence de l'homme ou pire, de son indifférence envers vous. Car, dominé par sa conscience animale, l'homme qui ne peut obtenir ce qu'il désire réagit soit en vous soumettant soit en cherchant ailleurs la satisfaction que vous n'avez voulu lui donner. Et dans un cas comme dans l'autre, il vous a manqué de respect. Il est très difficile de gagner le respect des autres, homme ou femme. C'est en imposant le respect que vous obtiendrez celui des autres. Et vous devez apprendre à marcher seule assez longtemps avant d'y parvenir.

Développez le réflexe de ne plus dépendre du regard de l'homme, de celui qui ne veut pas vous devoir le respect. L'homme manipulé par ses instincts sexuels ne vous considère pas comme une personne, mais comme une proie de qui il soutirera de l'énergie vitale. Si vous avez du mal à supporter qu'on ne vous regarde plus, c'est que votre identité ne s'établit pas sur votre confiance intérieure. Vous avez peut-être tendance à vous comparer aux autres femmes, celles qui se laissent encore envoûter par l'illusion de séduire pour gagner un homme rapidement. Dès que vous vous comparez aux femmes prisonnières de cette dynamique, vous avez l'impression de passer à côté de quelque chose d'important. Pourtant, vous reconnaissez bien l'illusion.

Évidemment, la reconnaître et l'assumer sont deux étapes. Déjà que vous puissiez vous apercevoir du jeu qui dégrade vos énergies, c'est énorme. Continuez à observer les pulsions psychiques et la puissante fébrilité dans votre corps d'énergie qui se soumet à l'homme, sans vous juger sur votre incapacité à garder vos forces en équilibre. Plutôt que de résister à l'appel de la séduction, plutôt que de tomber dans la haine de celui qui vous empoisonne de son désir, observez ce qui se passe en vous, les peurs, les désirs, la confusion, ne faites qu'observer cela et laissez les choses se passer. Une fois que les réactions physiques et émotives auront circulé, vous verrez à quel point il sera plus aisé de prendre du recul au cœur même de la situation. À force de pratique, votre témoin neutre prendra de plus en plus de place dans votre conscience au détriment de la panique et vous en viendrez à vibrer de moins en moins longtemps, de moins en moins souvent et vous serez fière de vous. De là, vous acquerrez une plus grande confiance. Pourquoi? Parce que, à travers cet exercice, vous aurez appris à gérer et à assumer de manière totalement autonome un moment d'angoisse et de déséquilibre intense causé par la programmation millénaire de la procréation et par l'imposante énergie sexuelle d'un homme.

Alors vous ne fonderez plus la valeur de votre être d'après le désir qu'un homme éprouve pour vous ou l'indifférence que vous lui inspirez du fait de ne pas l'allumer. Vous serez pleinement vous-même et serez respectée tant par les hommes que par les femmes.

Pour vous faire aimer, vous n'avez qu'à être gentille. Vous savez trop bien le faire. Mais pour vous faire respecter, vous vous devez d'être honnête et de protéger vos forces intérieures. Au début, les gens se demandent pourquoi nous sommes fermés, alors ils doivent pousser plus fort pour nous faire tomber. C'est pourquoi, sans doute aujourd'hui, les hommes vous poussent à la révolte. Or, cette violence que vous devez produire, pour vous protéger contre l'assaut d'un homme, est malheureusement aussi puisée à même vos énergies sexuelles. Ce qui revient à lui donner ce qu'il voulait. D'où l'importance de concentrer vos efforts sur vous-même, d'observer absolument les réactions en vous afin de ne pas perdre vos énergies dans le conflit externe que vous vivez. La révolte vous oblige à faire une chose que toute femme déteste faire : rompre. Elle qui est née pour engendrer l'harmonie, elle vibre toujours de crainte lorsqu'elle se voit obligée de prendre ses distances, donc de déplaire. Ainsi, rompez avec le regard de l'homme en face de vous, tournez votre œil à l'intérieur de vous et observer vous réagir, laissez votre corps trembler jusqu'à ce qu'il se calme. Si vous parvenez à ne pas remettre votre attention sur l'homme, les réactions cesseront assez rapidement.

Vos forces vous appartiennent en propre et personne n'a le droit de vous piller, avec ou sans votre consentement. Si vous ne parvenez pas toujours à les préservez, pardonnez vous et comprenez la leçon pour la prochaine fois. Poursuivez vos observations sans vous juger. Et ne comptez pas qu'autrui vous aidera à vous épargner. N'importe qui à tout moment peut déraper. Vous êtes la seule gardienne de vos forces.


Question: Vous dites que : "Plus un homme donne, plus la femme est généreuse. Moins l'homme donne, plus la femme s'épuise à compenser son égoïsme". L'égoïsme n'est-elle pas une caractéristique intrinsèque de tous les humains, en ce sens que l'humain fait quelque chose parce que ça lui rapporte d'une façon ou d'une autre. Et une personne qui dit à l'autre qu'il ou qu'elle est égoïste, n'est-elle pas elle-même égoïste en voulant que l'autre pense à elle...? Donc la générosité serait l'expression d'un égoïsme subtil d'une personne qui pense à elle et qui est par conséquent généreuse parce que ça fait son affaire...

Martin

Réponse: La générosité est d'abord et avant tout un acte d'amour qui se transmet dans le respect de l'autre, en toute transparence. S'il n'y a ni respect ni transparence entre deux êtres, alors, effectivement, il n'y aura que des actes intéressés qui traduiront une étroitesse d'esprit. Le manque de maturité de l'âme et du mental engendre nécessairement de l'égoïsme. Qu'est-ce que de l'égoïsme? C'est l'incapacité à transcender ses insécurités par soi-même et donc la nécessité involontaire de tout ramener à soi, incluant les personnes. Généralement, les insécurités affectives déstabilisent plutôt les femmes et les insécurités matérielles, plutôt les hommes. Et la pression sociale abonde en ce sens. Mais l'insécurité de tous demeure le manque d'identité, c'est-à-dire le manque de connexion consciente avec son esprit.

Lorsque je dis que l'homme puise dans la femme et que la femme s'épuise pour l'homme, que l'homme se sert et que la femme le sert, je parle du manque de maturité d'esprit de l'homme qui ne veut pas écouter la femme et de la femme qui a peur de perdre son homme. Je dis aussi l'homme accuse et la femme s'excuse (voir L'amour dévoilé) pour les mêmes évidences. La révolution de la femme a apporté une égalité très illusoire dans le traitement entre les hommes et les femmes. La femme ne bénéficie aucunement à l'heure actuelle de la générosité des hommes. Pourquoi ? Parce que l'homme a cru que la femme, dans l'expression de son affirmation, le laissait tomber. La première réaction d'un homme privé de l'éclairage d'une maturité mentale est celle d'accuser les autres de ses malheurs. C'est ainsi que quand la femme revendique des droits fondamentaux dont on l'a privée depuis des millénaires, l'homme se met - par effet d'entraînement dans sa dynamique - à aspirer à davantage de droit plutôt que de partager. C'est ce qui s'est passé lorsque la femme lui a demandé le partage des pouvoirs.

La révolution de la femme n'était qu'une introduction à ce qui se trame dans la société du nouveau millénaire. La femme n'a pas encore commencé à assumer son vrai pouvoir d'affirmation parce que nombre d'entre elles ont peur de perdre leur amoureux (ou simplement leur bouée affective). Une femme qui s'assume ne demande pas la permission d'être respectée, elle impose le respect. Et si l'homme n'a pas de maturité, il croit que la femme entre en guerre de pouvoir avec lui. Or, ce n'est absolument pas le cas. Il s'agit de distribuer les pouvoirs équitablement sur la terre et pour l'heure, force est de constater que la femme se retrouve le plus souvent abandonnée avec à sa charge, les enfants et les responsabilités inhérentes à la qualité des citoyens.

Encore trop souvent, l'homme a peur de devenir un perdant s'il donne à la femme. Cela transparaît tant dans la dynamique globale de la société que dans le couple. L'homme est celui qui a le sentiment de devoir délaisser ses pouvoirs au profit de la femme et naturellement, il craint cette perte. Mais c'est ignorer la nature non guerrière de la femme.

De plus, beaucoup d'hommes ont profité de la révolution féminine pour se déculpabiliser d'abandonner la famille et vivre leur vie de garçon en se disant que la femme n'est plus dépourvue d'argent pour survivre alors qu'autrefois il était son pourvoyeur. Or la générosité chez un homme se mesure à sa capacité de s'engager avec une femme en tâchant de parler de lui pour les bonnes raisons. Non pas pour dominer, ni se plaindre, ni accuser, ni revendiquer la préséance de son droit de s'amuser pour laisser sa femme s'occuper des responsabilités. La générosité chez un homme est celle de devenir attentif à sa femme, de lui faire plaisir et de chercher l'épanouissement et la beauté de sa femme. Un homme ne peut devenir un homme qu'à travers l'acte de s'engager envers elle. Cet acte l'ennoblit et lui donne le sens du respect. S'il ne veut que préserver son droit de faire n'importe quoi n'importe quand avec n'importe qui, il ne pourra jamais devenir un homme et par là, ne sera jamais généreux ni respectueux des autres.

La femme aime naturellement. Mais lorsque l'homme l'épuise, l'accuse, se sert de son feu pour tout garder pour lui, il tue la vitalité de la femme et n'a pas toujours la sensibilité de s'en rendre compte. L'homme n'a pas de droit sur la femme, il a des responsabilités et des devoirs envers elle. Il ne peut pas la laisser, comme beaucoup le font aujourd'hui, gérer toute la survie de la communauté, c'est beaucoup trop lourd pour elle. Au contraire, le premier devoir de l'homme est de préserver les énergies vitales de la femme afin que le couple reste fort et que la vie soit également vigoureuse. L'homme apprend la générosité seulement à travers les responsabilités et les engagements. Autrement, il reste un éternel garçon qui quémande sa mère, quoiqu'il en pense. Et cette immaturité engendre des guerres de pouvoir qui brûlent toujours le feu de la femme.

Par ailleurs, si la femme n'a pas de maturité, elle aura tendance à craindre que son mari ne la quitte à tout moment. Cette crainte, fondée ou non, crée une tension psychique qui la détériore elle-même. Ainsi, cette femme doit faire un travail sur elle-même pour s'affranchir de ses craintes car, dans ce cas, ce n'est pas nécessairement l'homme qui la brise mais elle qui s'éteint et se laisse détériorer. Il est impossible pour une femme en perte de vitalité d'être généreuse, d'avoir des élans. Alors, l'être qui vit à ses côtés et qui l'aime, doit l'aider à retrouver ses forces de vie, à traverser ce gouffre. Il doit éviter le chantage affectif autant que financier, l'humiliation et les accusations pour ne pas alimenter l'insécurité de sa femme. Il ne doit pas profiter des faiblesses de sa femme pendant qu'elle tente d'évoluer.

Enfin, la violence, dont parlent de plus en plus les hommes au sein du couple, provient non pas de la femme mais de l'homme qui épuise sa femme. Lorsque l'homme accuse, ridiculise, humilie l'autre, c'est parce que sa vie ne va pas et qu'au lieu d'en parler, il se sert de sa femme comme d'une poubelle. Alors, elle s'enlaidit, elle se vide et doit déployer à un certain moment une force de survie pour sauver sa peau. À ce moment, l'agressivité qu'elle exprime lui permet de ne pas se laisser tuer par un homme en détresse. Les hommes ont encore le grave problème de ne pas exprimer leurs états d'âme (il est préférable qu'ils évitent d'utiliser leur femme pour régler leur affect). Ces non-dits sont à la source de nombreux conflits dans le couple à l'heure actuelle.

De son côté, la femme cesse d'être généreuse lorsqu'elle se sent trahie par l'homme, déçue par son conte de fée (voir encore L'amour dévoilé). Pour rectifier la situation, soit elle fuit pour ne pas affronter l'intimidation de son homme face à ses demandes impossibles (elle voudrait qu'il puisse communiquer et il lui refuse), soit elle parle et exige cette communication à l'homme. La suite, bonne ou mauvaise, dépendra de la faculté de l'homme à s'exprimer, de son envie d'être lui-même avec sa femme. C'est à travers cette parole que l'homme démontrera sa générosité vraie.

Ainsi donc, la générosité se fonde sur des bases très différentes selon que l'on est homme ou femme. Elle est la preuve que nous sommes capables de grandir et de remettre notre vie en mouvement. Et si vous croyez que la générosité est un acte intéressé, c'est parce que vous êtes un garçon et que vous n'avez pas encore développé la maturité de parler de vous sans vous juger, ni la sensibilité de reconnaître ce que les autres vous donnent, alors vous restez prisonnier de la frustration de ne pouvoir échanger avec vos semblables en toute honnêteté. Si tel est le cas, vous avez besoin de travailler sur le sentiment de ne pas mériter l'amour des autres, le sentiment de ne pas être accueilli ou d'être rejeté et surtout une soif insatiable d'amour parce que vous éprouvez une méfiance des autres; cette méfiance provient du fait que vous ne sentez pas vous appartenir pleinement. Faites un travail intérieur pour apprendre à accueillir l'amour qui origine de votre source plutôt que de toujours demander aux autres de vous nourrir et de corriger vos frustrations à votre place, c'est la base de l'autonomie affective. Dès que vous vous affranchirez de vos insécurités et dépendances, votre générosité sera plus fluide et vous comprendrez que la base de toute relation est le respect.


Question: Pourquoi avoir peur du passé de notre conjoint, style peur de son ex-femme ?

Nathalie

Réponse: Parce que, au départ, vous avez eu peur de lui demander de le régler. Vous saviez que ça vous dérangeait et vous n’avez pas insisté sur cette condition, sans doute de peur de le faire fuir.

Un homme qui ne règle pas son passé entretient inconsciemment une insécurité chez sa nouvelle conjointe. Cette attitude cache un instinct de possession inavoué chez l’homme et qu’il transfert sur sa femme. C’est vous qui allez passer pour la jalouse dès que vous lui demanderez de s’éloigner de son ex. Évidemment, vous devez aussi regarder en vous pourquoi vous ne parvenez pas à vous dégager de votre propre insécurité. La pression qu’exerce sur vous ce «chantage» relève d’un manque de confiance en votre qualité d’être; probablement que vous sentez votre homme encore séduit par les apparences extérieures. Apprendre à garder confiance en qui vous êtes, à vous choisir toujours avant quiconque, vous aidera à dépasser vos craintes et devenir libre.

Comme je le mentionne souvent, la plupart des hommes ne savent pas comment se comporter devant une femme libre. Ils ont tendance à se comparer à elle plutôt qu’à admirer et devenir sensible à son cheminement. L’homme devant la femme libre a peur de sa propre aliénation.

Depuis des millénaires, les femmes ont été conditionnées par la soumission à l’homme. Elles ont appris à développer une solidarité exceptionnelle en regard de leur condition et aujourd’hui elles parviennent de plus en plus à se libérer en comptant sur leur propre force. L’homme n’est pas encore parvenu à ce stade de liberté intérieure. Il accuse encore les autres de ses problèmes et n’a pas confiance en lui. Il s’isole plutôt que de partager ses problèmes. Conditionné à être le centre du monde depuis des millénaires, il a tout à perdre dans le nouveau modèle de relations. Cette peur de perdre ses acquis, dont la tendance à pelleter ses problèmes sur le dos de la femme, entretient son désir de parvenir à ses fins par la domination. Le rapport égalitaire est très difficile à saisir lorsque l’orgueil se tient au milieu d’une relation. Mais faire comprendre ça à un homme relève de l’exploit. Il doit avoir tout perdu pour devenir sensible à cet état de fait.

Depuis la révolution de la femme, les hommes sont un peu plus laissés à eux-mêmes et ils n’ont pas encore trouvé leur valeur propre. Ils tendent encore à se mesurer à quelqu’un d’autre. Les hommes qui gardent des liens nébuleux avec leurs anciennes relations projettent sur les deux femmes leur propre tendance à comparer. En réalité, si l’homme comprenait qu’il se cache derrière la peur de ne pas pouvoir contrôler sa femme, il pourrait grandir en sensibilité et en respect, au plus grand soulagement de la femme.

Il vous appartient de négocier vos conditions en tant que femme dans votre couple. Si vous souffrez aujourd’hui, c’est que vous avez négligé de parler de vous et vous avez fait croire à votre conjoint que vous acceptiez de vous soumettre à ses conditions, c’est-à-dire qu’il serait le centre de votre univers. Vous lui avez envoyé le message qu’à chaque fois qu’il vous trouve trop libre, il peut exercer sur vous une pression pour vous ramener dans ses filets. La femme est encore esclave de l’homme et votre crainte le démontre. Beaucoup de femmes souffrent aujourd’hui de la subtilité de cette aliénation car justement, la domination de l’homme sur la femme est quasi imperceptible mais pas moins souffrante. C’est parce que vous tolérez l’inconscience et le manque de respect que votre homme continue d’abuser de votre naïveté. N’oubliez pas que les hommes ont beaucoup à perdre en cette heure de notre histoire car ils ont confondu liberté et libertinage. Ils se permettent de gérer tout et rien au gré de leurs pulsions animales émoussées par les médias qui utilisent le sexe comme instrument d’aliénation de la masse. De grâce, ne créez pas de scénarios de libération dans votre tête si vous êtes incapable de lui décrire la moitié de ce que vous aimeriez qu’il fasse. La femme a tendance à vivre sa relation à deux toute seule dans sa tête parce qu’elle a peur du refus de l’homme à lui faire plaisir. Si vous ne prenez pas le risque de le perdre, vous resterez aliénée et frustrée et lui ne pourra jamais grandir.


Question: Vous disiez qu'on ne pouvait exiger l'engagement d'un homme mais le laisser lui-même cheminer. Mais comment faire s'il ne bouge pas?

Pauline

Réponse: Il est vrai qu'on ne peut forcer un homme à s'engager s'il ne le désire pas. Mais ce refus ne démontre pas qu'il a raison. Par ailleurs, il est des hommes, tout comme des femmes, qui n'éprouvent pas cette envie absolue de vivre en couple. Ce qui est aussi tout à fait normal. Ainsi lorsque vous désirez vous engager avec un homme, vérifiez d'abord avec lui s'il désire aussi le faire. Et si oui, ne prenez jamais pour acquis la parole d'un homme. Vous devez le faire passer à l'acte car tant qu'il n'est pas forcé d'agir, il parle. Ainsi il a été programmé. Acceptez cette réalité mesdames, plutôt que de vous y soumettre et réagissez.

Que signifie l'engagement d'un homme envers une femme? Je le dis souvent, le rôle de l'homme dans un couple est principalement celui de faire plaisir à sa femme. Qu'est-ce que ça signifie? C'est poser un geste qui ne lui fait pas nécessairement plaisir à lui, sachant qu'il fera plaisir à l'autre. Cette générosité est à la base même de toutes les relations saines et riches. La générosité développe la noblesse du cœur et le raffinement de l'esprit. Une femme qui fait plaisir à un homme est une servante, mais l'homme qui fait plaisir à sa femme est noble. Il en va ainsi parce que la femme possède un sens inné pour l'échange et pas les hommes. Plus un homme donne, plus la femme est généreuse. Moins l'homme donne, plus la femme s'épuise à compenser son égoïsme. S'il n'y a pas cette magnanimité dans le couple, la relation devient stérile et vire en une compétition infecte, à savoir lequel aura le monopole de la force du couple. Or la générosité dans une relation quelle qu'elle soit, dépend de l'autonomie de chaque individu. Si l'un d'eux est dépendant, la générosité sera à sens unique. C'est très malsain.

Cette clémence, cette abnégation, ce don de soi sont des sphères qui restent encore sous-développées chez les hommes quand leur mère ne leur a pas appris et que leur femme s'est soumise aux attentes de son mari. Les mères négligent souvent d'éduquer leurs fils. Elles les laissent à eux-mêmes en pensant qu'ils vont apprendre tout seul. Elles veulent respecter leur rythme, disent-elles. On laisse moins une fillette à la dérive, on lui parle d'autonomie, de débrouillardise. Et que disent les mères à leurs garçons? Rien. Est-ce une manière inconsciente de la part des femmes de se venger du père de leur garçon que de ne pas le former au combat de la vie ? Soyons réaliste, si on ne dit pas au garçon que la vie est dure, alors c'est encore une femme qui le fera à sa place. Un enfant, fille ou garçon, ne doit pas être laissé seul à son rythme intérieur. Il doit apprendre à vivre en société, ce n'est pas inné! Il doit être éduqué et plus tard dans sa vie adulte, refaire son identité à partir de sa propre force intérieure. C'est le lot de l'être humain que de dépendre au cours des premières années de vie et c'est une erreur fondamentale de croire qu'un enfant s'élève tout seul ou dans les services de garde. Plus que jamais sollicité par la société de consommation, les barrières des parents doivent s'épaissir pour protéger le mental vulnérable car non-développé de leurs enfants.

Ainsi, une fois adulte, vous ne pouvez pas comprendre cet esprit de magnanimité dans les relations, lorsque vous n'avez pas reçu de guidance. À moins d'avoir un sens innée des échanges humains ou d'avoir eu un mentor ou une curiosité naturelle pour les relations sociales. Les femmes sont plus aptes dans les relations mais pas nécessairement plus généreuses. Justement on confond souvent leur aisance à se soumettre avec de la générosité. Or la générosité est un acte volontaire. La personne doit être consciente de ce qu'elle donne. Et la femme ne l'est pas la plupart du temps. On lui soutire, on lui vole, la société exige des femmes qu'elles se soumettent à une certaine image d'abnégation. Autrement la femme est perçue comme égoïste, comme mauvaise, et quel homme en voudra, quel homme puisque prendre ses responsabilités est devenu trop difficile pour lui? C'est le piège de la femme. Apprendre à décider quand cela lui convient de se donner et de donner sans subir les foudres d'un homme dépourvu.

Chez l'homme, c'est plutôt l'image contraire qui est valorisée. On lui apprend que s'il obtient ce qu'il désire, il est quelqu'un, il réussit. Il en va des affaires comme de son couple. Mariage réussi donc sans divorce. Peu importe l'état dans lequel se retrouve la femme. L'homme doit apprendre à ne plus user les forces vitales de la femme. C'est un premier acte de générosité de sa part. Mais c'est à la femme de PARLER!!! Si la femme ne dit rien, l'homme ne PEUT PAS LE SAVOIR!!! Mesdames, de grâce, exprimez donc sans émotions les choses qui vous font du bien et qui vous font mal. Expliquez-les souvent à votre homme. Il n'a pas été programmé pour entendre vos revendications. Si vous voulez continuer votre vie de couple, ne soyez pas gênée de lui répéter même s'il vous accuse de tous les maux. Et s'il devient violent, c'est que vous venez de toucher sa corde d'impotent. L'homme est devenu impotent. Cela le choque et il déverse cette agressivité sur vous. N'acceptez jamais sa violence. Rappelez-lui plutôt que s'il vit de la colère, il est responsable de la gestion de cette énergie explosive. Ne vous sentez pas coupable de votre sensibilité, de vos besoins différents. Nous ne sommes pas conçus de la même manière et tant que votre homme ne comprend pas cette évidence, vous êtes son objet.

Le plus grand problème qui se pose dans le couple pour l'homme autant que pour la femme est l'insécurité : la peur de perdre l'autre. Si les femmes ne parviennent toujours pas à faire entendre leurs revendications aux hommes, c'est parce qu'elles ont peur de vivre seule, peur aussi de se retrouver seules avec la responsabilité familiale, ce qui représente une réalité très lourde à assumer. Éduquer un enfant seule est extrêmement épuisant. S'il faut rester performante au travail et belle au lit en plus, vous ne vivrez pas longtemps.

L'insécurité de l'homme vient lorsque sa femme devient trop belle. Il sent qu'elle le surpasse et cela le force à s'élever lui-même alors qu'il ne l'a pas choisi. S'il ne fait rien pour s'améliorer, un autre homme viendra lui voler sa femme. C'est pour éviter ce travail que l'homme devient écrasant pour sa femme. Plutôt que d'encourager sa beauté, il cherche à la détériorer. Alors il se compare à elle, il revendique les mêmes choses qu'elle et lui laisse les responsabilités pour la surcharger de travail, pire il l'ignore! Il n'y a pas mieux pour user quelqu'un et l'enlaidir. C'est ainsi que la libération des femmes a subrepticement dérivé vers le libertinage des hommes. Et les femmes ne savent plus comment corriger cette déviation des hommes vers leur quête-du-plaisir-sans-les responsabilités. Il est donc très difficile de remettre la part d'engagement des hommes dans leurs mains, habitués qu'ils sont à meubler leur temps dans leurs intérêts uniquement. Où est la générosité? Comment en sommes-nous arrivés là? Parce que la majorité des femmes a encore peur de se retrouver toute seule, programmée qu'elles sont à vivre aux crochets de l'homme.

Le non-engagement des hommes vient donc de la peur des femmes à ne plus trouver mari, et du manque de maturité émotionnelle des hommes chez qui l'on tolère la recherche du plaisir et la fuite des devoirs. Par ailleurs, la violence des hommes est un facteur extrêmement troublant et néfaste dans les couples. Les femmes éprouvent une grande peur devant cette menace qui les empêche de parler. C'est la pire chose qui puisse survenir dans un couple. Il faut à tout prix réagir et dénoncer la violence d'un homme qui se déchaîne parce qu'on lui demande d'agir en homme responsable.

Un couple est un alliage de deux individus autonomes. À partir du moment où l'homme et la femme sont tous deux responsables de leurs insécurités propres et qu'ils n'utilisent pas l'autre pour y déverser leurs incapacités, le rôle de l'homme est de faire plaisir à sa femme car celle-ci le lui rendra par sa luminosité accrue.

Suggestion :

Si vous voulez aborder le sujet de l'engagement chez l'homme, il est préférable de vous annoncer et de vous entendre sur certains termes AVANT d'entamer la relation. Ensuite, ne jamais avoir peur de rappeler ces termes en cours de relation, d'aborder les sujets délicats qui stimule la violence de l'homme et de dénoncer cette agressivité qui touche soit mentalement soit physiquement. On peut éviter la rupture en développant de part et d'autre la sagesse nécessaire au développement d'une synergie. Chez la femme, elle doit développer la maturité de parler sans émotions, et l'homme de ne pas accuser l'autre en assumant qu'il a aussi des devoirs envers le couple qui ne sont pas toujours de l'ordre du plaisir. Recourir à la menace de rupture trop souvent reflète une immaturité et entretient une impasse dont il est difficile de se sortir seul. Souvent l'un des deux ou les deux ont besoin de personnes extérieures pour se faire éclairer sur leur comportement. Vivre un couple à la fois libre et engagé, donc dans le respect des deux entités, exige donc de s'affranchir de ses insécurités affectives. De cette maturité profonde surgit une générosité indispensable au plaisir réel de la vie à deux.


Question: Bonjour Sylvie. Je suis en couple depuis un an et j'ai une fille de quatorze ans. J'ai une personne ressource (psy. familiale et+) mais j'ai bien des points d'interrogations. Je me suis toujours dit que je ne manquerais pas d'argent et que dans les bas, je ferais une grosse vente, que j'aurais un chèque inespéré. Mais ça ne marche pas. Tu dis d'arrêter de désirer, mais je ne peux pas faire autrement que de désirer d'avoir les contrats pour lesquels nous avons soumissionné. Comment vivre ça quand en plus l'argent mine ma vie de couple? Tu peux sûrement me guider. Merci.

Josée

Réponse: D'abord, vous devez prendre conscience de la panique qui vit à temps plein dans votre tête. Vous êtes dominée par l'insécurité. Vous laissez cette peur prendre toute la place dans votre mental, vous en êtes la victime et la seule manière que vous avez trouvé pour vous libérer de cette peur, est de rêver à des voies faciles. Pourquoi? Parce que vous êtes prise dans une situation d'urgence et le moyen le plus rapide est de compter sur des éléments extérieurs, des sauveurs! Or cette fausse magie n'arrive jamais, elle touche à la naïveté, et au sentiment profond que ce n'est pas la bonne voie. Vous êtes piégée et alors la peur revient. Lorsque je dis de ne pas désirer, c'est que dans un mental rempli de peur comme le vôtre, ce désir que vous formulez formera une énergie équivalente à la peur. Ainsi plutôt que de s'acheminer dans les sphères de création, la réponse se loge en vous sous forme d'une dualité : le désir se pose en duel contre la peur. Encore une fois, cela a pour effet d'accroître l'angoisse, le sentiment d'échec, et mine vos forces intérieures plutôt que de les doubler. Avant de formuler une pensée à notre esprit, il est primordial de s'éloigner du désir et de la peur. Ils sont synonymes. Le désir vient du fait de manquer de quelque chose (vous devez l'avoir lu dans La quête du détachement que vous m'avez dit avoir en main). Le sentiment du manque engendre la peur. Voyez-vous? C'est un cercle infernal duquel vous devez apprendre à vous sortir sans chercher la facilité. Autrement, toutes les questions et les désirs que vous formulez dans votre mental se coinceront dans ce duel désir/peur, bloquant la synergie en vous et à l'extérieur pour que les choses arrivent.

Par ailleurs, une fois ce détachement fait, les choses n'arrivent pas nécessairement tout de suite. Il vous faut ensuite traverser plusieurs portes avant de comprendre comment votre baguette magique personnelle fonctionne. Ne brûlez pas les étapes, demeurez réaliste et patiente envers vous et les événements. Rien ne sert de paniquer. Cela crée plus de brouillard que de solutions. Là où vous en êtes, il s'agit de poursuivre simplement ce que vous avez commencé, sans vous presser. Les problèmes d'argent ne doivent pas vous dominer. Poursuivez calmement vos objectifs en vivant selon votre budget. Mais vous devez continuer d'avancer vers les choses que vous avez déjà entreprises. Le découragement est tout à fait normal, le doute aussi, mais comme je le dis souvent : vous empêchez-vous de sortir dehors lorsqu'il pleut? Non, vous prenez un parapluie pour vous protéger. C'est la même chose dans les affaires. En période plus précaire, ménagez vos forces pour l'essentiel. Allez aux priorités. Ne brûlez pas vos énergies en paniquant. Observez les choses et les gens qui vous dominent. Et réagissez à ces dominations. Vous n'êtes la victime de personne à moins que vous n'ayez perdu tout espoir pour vous-même, ce dont je doute, à vos questions. Au contraire. Sachez aussi que vos principaux ennemis sont invisibles et qu'ils sont dans les replis de votre mental. La peur et le désir sont les principaux ennemis de l'homme. Ils nous ramènent à une quête essentiellement sensuelle et matérialiste, ce qui est totalement opposé à notre nature. Les femmes en souffrent plus que les hommes à cause de leur sensibilité télépathique à la nature divine des humains. Les hommes devront développer cette aptitude si nous voulons parvenir à un monde meilleur.

Évidemment, il faut demeurer réaliste. Ne demandez pas à gagner la loterie. Ne recherchez pas la vente impossible dans un moment de panique; votre esprit rira de vous. Vous n'obtiendrez rien ainsi car le premier but de cette précarité vise à ce que vous trouviez votre force intérieure en apprenant à être plus forte que l'insécurité. Si, dès que vous ressentez une inquiétude, vous rêvez à la vente formidable, vous n'avez rien développé du tout en vous, alors il ne se passera pas grand chose à l'extérieur. S'assumer c'est apprendre à vivre dans l'insécurité jusqu'à ce qu'elle nous soit indifférente.

Alors, tâchez de prendre les choses une à la fois. Commencez par assumer le tarif établi par votre profession, par élargir votre clientèle et comprenez que votre succès est à la mesure de votre cheminement intérieur et de la confiance que vous gagnerez à poursuivre ce travail vers vous-même. Ne désespérez pas. Vous êtes la personne la plus importante, ne l'oubliez pas. Le reste est superflu. Demeurez dans le moment présent, car c'est là que vous comprendrez les mécanismes qui entravent les pouvoirs réels de votre baguette magique.


Question: Qu'est-ce qui cause la folie de l'esprit dans l'amour et le désir? D'où viennent les émotions?

Sylvie

Réponse: Savoir que vous existez par vous-même est très difficile à supporter et peut donner lieu à tous les dérapages parce que les émotions deviennent une source d'angoisse plutôt que de rester un moyen d'expression.

Il existe une étape au cours de l'éveil qui positionne l'être dans ce que j'appelle le point de non-retour entre la folie et le génie. Après cette étape, généralement, les gens commencent à reconnecter avec leur source créative et à accepter de vivre avec cette réalité immatérielle.

Les émotions sont l'expression de l'âme, animées par la volonté de l'ego. L'âme soumise à la pression de l'inconscient collectif colore le mental supérieur, ce qui déforme la réalité et crée une souffrance psychique ; l'émotion est alors ressentie comme une angoisse qui noircit la fenêtre de l'âme. Lorsque l'être ne peut plus percevoir le réel dans une conscience claire, ce gouffre persiste et engendre un sentiment pénible de solitude, d'abandon. La folie naît du sentiment de la perte d'avec le Soi. Mais, dans le chemin de l'éveil, elle peut être saine car elle est la première voie nous avisant qu'une réalité supérieure nous échappe. La souffrance de savoir est liée au fait de croire que nos semblables ne la perçoivent pas. Or, dès lors que nous ne pouvons plus nier qu'il existe une dimension autre que matérielle, nous sommes obligés de prendre une distance avec la pression sociale. L'inconscient collectif a été manipulé par la science et la religion à savoir que la vie n'est que matérielle et qu'il faut mourir pour rencontrer Dieu. La folie vient du fait de percevoir une réalité invisible alors que l'inconscient collectif nous renvoie l'idée que ces mondes n'existent pas. Il est facile de douter lorsque nous sommes seul à voir. L'immensité de ce doute oppresse et qui nous oblige à donner raison aux autres.

Ainsi, supporter la révélation des mondes parallèles peut générer la crainte de sombrer dans la folie. La conscience est alors monopolisée par une torpeur qui paralyse l'être, ce qui rend impossible le contact avec l'esprit. Parfois, l'être se sent abandonné et peut voir dans le suicide une alternative à son malheur. Mais aussi, lorsque cette noirceur du mental renvoie constamment un signal de détresse à l'individu, son système nerveux s'en trouve fortement ébranlé. Alors il perd la sensibilité de son corps et de la vie en général. Il est un mort vivant. Beaucoup de gens vivent ce degré d'engourdissement aujourd'hui parce que les autorités leur mentent au sujet de leur potentiel humain réel.

Les gens sont amenés à réduire leur vitalité à un niveau tellement près de la mort qu'ils n'ont plus la force que d'ouvrir la main pour prendre des pilules et des recettes miracles. On tue adroitement l'humanité sans même qu'elle ne s'en aperçoive. Les gens croient se faire aider par la médication qui au contraire, appauvrit la vitalité de l'être et la sensation d'avoir un corps. De là, les gens n'en viennent plus qu'à rechercher des sensations fortes, car, privés d'un système nerveux performant, ils sont devenus insensibles. Et pour ressentir la vie, ils doivent vivre des situations qui frappent, sanguinolentes. La guerre en est un exemple, les gens sont de plus en plus friands de la violence à la télévision parce qu'ils ne ressentent plus rien ! La psychose terroriste, créée de toute pièce par l'empire souterrain et dominant qu'est l'Angleterre, trahit le sombre dessein des dirigeants de la planète à "geler" la population pour mieux l'asservir. Tout ce cirque n'est que le reflet de la folie qui pèse sur l'humanité parce qu'elle est trop endormie pour réagir et se prendre en main.

Et puis, il y a le désir. Ce poison subtil qui peut faire perdre la tête pour un homme, lorsque la femme a été bien conditionnée par la pression sociale à ne pouvoir respirer que par lui. Le désir est un processus naturel de stimulation des sens. Il existe justement pour nous procurer la sensibilité d'avoir un corps matériel. Or, la société de consommation mène les gens à multiplier leurs désirs de manière incessante, qu'ils soient d'ordre amoureux ou matériels. Cet exercice est une pure manipulation en vue de créer de l'hyperexcitabilité. Que se produit-il lorsque le corps est trop stimulé? Il ne peut plus dormir en paix, il ne peut plus se concentrer au travail et il se fatigue vite, ce qui appauvrit les relations humaines. Et, à la longue, cette course à la satisfaction immédiate du désir devient tout simplement intolérable pour le système nerveux. Le désir sur-stimulé engendre une hyperémotivité qui, à son tour, attise inutilement les désirs. La personne les reformule sans arrêt, comme si le désir devait être assouvi sur-le-champ. Autrement, la vie deviendrait insupportable parce que la personne croit qu'elle n'aura jamais ce qu'elle souhaite si ce n'est pas tout de suite. Ce sentiment de manque (voir La quête du détachement) engendre une panique dans l'individu, qui trahit simplement au niveau du mental, le doute d'avoir le pouvoir d'affirmer ce que l'on veut, d'avoir le pouvoir sur sa vie et donc de juger par soi-même des désirs nécessaires pour prendre une distance avec les faux désirs provenant de la pression sociale.

Le désir qui rend fou est simplement la mauvaise compréhension des mouvements réels de votre destin. Vous ne comprenez pas comment vous devez agir en tant qu'être, alors vous vous laissez influencer par l'environnement, donc par la pression sociale. Les désirs que vous voulez réaliser et qui ne vous appartiennent pas en propre sont irréalisables. Vous allez donc désirer quelque chose d'une part et d'autre part, vous aurez l'impression (vous ressentirez la pression) que vous ne pourrez l'obtenir. Cette dualité crée une émotion qui vous fait dévier de vos propres forces vitales. Et voilà que vos énergies sont dispersées, que vous devenez confuse et qu'il est impossible à vous seule, de corriger la situation. Dans ce cas, il est bon de laisser aller ses projets pour prendre une distance, ce qui apaisera le corps, de reconsidérer ses priorités pour la sauvegarde de son équilibre et de développer de la force mentale, celle qui mène à forger son identité réelle plutôt qu'à en rechercher une toute faite par la société. C'est toujours le même combat : David contre Goliath.

L'individu doit lutter contre les valeurs d'un système de surconsommation. Les magazines féminins parlent abondamment des manières de réussir son couple, de garder son homme, d'être sexy. Mais jamais ils ne parlent de vous forger une identité intérieure, de préserver vos énergies vitales et de vous apercevoir que vous venez d'une autre dimension que votre conscience limitée au monde matériel a du mal à digérer. Toute cette vulgarité sociale n'a pour but que de vous maintenir dans une conscience fermée et noire, celle qui ne génère que des émotions non créatives et qui ne tient nullement compte de l'intelligence de vos origines. Rester branchée à vous-même est un exercice difficile, mais seul ce travail peut vous permettre d'accéder à l'autonomie. Et lorsque vous avez franchi cette zone, c'est que vous prenez position plutôt que de balancer entre la folie et le génie!

Posté par TendrePoison à 11:00 - Relations - Commentaires [1] - Permalien [#]

29 avril 2006

Luttes de pouvoir

Le jeu du chewing-gum : "je voudrais qu’on se rapproche un peu et je n’en ai pas envie"

Subtile ou abrupte, déguisée ou exhibée, volontaire ou inconsciente, naïve ou insidieuse, en veilleuse ou à son paroxysme, elle est partout, on peut la déchiffrer en filigrane de toute relation : c’est la lutte à propos de la position supérieure, pour l’obtenir, la détenir et la maintenir ou pour l’éviter, la refuser, s’y dérober.

Position supérieure, inférieure à quoi ? A celle de l’autre dans la relation, c’est tout et c’est infiniment complexe.

Qui domine l’autre ?

Qui a l’initiative ?

Qui est le demandeur ?

Qui a le dernier mot ?

Qui influence le plus l’autre, ou le plus souvent et dans quels domaines ?

Qui s’arrange pour ne jamais demander, pour transformer l’autre en demandeur ?

Qui donne le ton, qui instaure le climat, qui influe sur l’atmosphère d’un échange ?

Qui mène le jeu ?

Quel accord y a t-il sur la définition de la relation ?

Lorsqu’il y a lutte de pouvoir, rien n’est jamais clair, évident ou acquis, chaque séquence dépend du contexte précédent et de la réponse qui va suivre. Rien n’est jamais achevé, comme dans un mouvement circulaire qui tourne sur lui-même et s’alimente de tous les éléments de la relation.

Lorsque ce système compétitif fonctionne en sourdine, a minima, nous ne nous en préoccupons guère. Mais parfois il s’amplifie insidieusement, puis s’emballe. Ou alors il se rigidifie en des positions figées et immuables qui dévitalisent la relation, immobilisent les sentiments et les émotions.

Il y a toujours complicité et accord profond, il n’est pas possible qu’une seule personne définisse une relation sans la collaboration de l’autre. Dans certaines situations de rapports de force trop inégaux, le refus de prendre la position complémentaire coûte extrêmement cher. Le bourreau qui torture un prisonnier se définit comme « je suis celui qui te fera parler ». Si la victime se définit comme « je suis celui qui ne parlera pas » elle peut le payer de sa vie.

C’est la peur que le jeu cesse (et donc que la relation se détériore ou se perde) qui amène bien des partenaires à accepter la domination de l’autre. C’est donc celui qui croit avoir le moins peur de perdre l’autre qui aura la position dominante. Selon cette vision, la lutte pour la position haute serait la recherche d’autonomie, une aspiration à un sentiment de plus grande liberté, un besoin de sécurité aussi, puisque la dépendance mène toujours à l’insécurité. Ainsi peut se cultiver un leurre dynamique : dominer la situation pour se sentir libre.

Mais celui pour qui dominer est un enjeu vital reste l’esclave de ses esclaves. Une des solutions possibles est alors d’en avoir beaucoup : beaucoup de maîtresses, d’amants, beaucoup de disciples ou d’admirateurs, beaucoup de relations, si bien que la perte de l’un ou de l’autre ne compromettra pas la position dominante sécurisante. Ainsi on verra certains individus accumuler conquêtes et relations, et « capitaliser » un potentiel de pouvoir et d’influence pour avoir le sentiment d’exister. C’est là un labeur épuisant, sans fin, qui exige une vigilance aiguë et sans cesse renouvelée.

Comme le disait un participant qui avait adopté ce mode de vie : « Je ne veux pas mettre tous mes œufs affectifs dans le même panier ». C’est lui aussi qui, interpellé sur les angoisses sous-jacentes à sa recherche de relations féminines multiples, s’était écrié : « J’aime mieux prendre mon pied que conscience ! »

Position haute, position basse, chacune comporte des attraits, des bénéfices et des désagréments. Nous savons qu’une relation en bonne santé comporte une alternance de positions hautes et basses, un courant de réciprocité qui est la sève d’une relation vivante.

  • La maîtrise de l’autre, stratégies possibles

Les stratégies déployées pour occuper la position haute sont multiples et variées, on ne peut non plus dresser la carte des chemins tortueux par où elles passent. Mais on peut dégager certaines lignes de force: les émotions et les états d’âme qu’il est propice de déclencher, d’entretenir et de manipuler chez l’autre sont surtout la jalousie, l’envie, la colère, la confusion, le désir, la curiosité, l’incertitude, la dévalorisation et la frustration. Il faut engendrer chez lui tour à tour l’espoir et la frustration.

Pour cela il est bon de se servir du silence (celui qui ne parle pas garde l’avantage sur celui qui se livre).

Les messages contradictoire et l’ironie sont également efficaces.

Les non-réponses ou les réponses à côté, vagues et sibyllines, sont utiles pour entretenir la confusion et le doute nécessaires chez l’autre.

Il convient aussi de toujours mettre l’interrogation sur l’autre et de le renvoyer à son problème dès qu’il conteste le système.

Pour cultiver la frustration et aviver le désir, il vaut mieux donner peu de repères sur ses sentiments, ses projets et ses disponibilités, afin de faire attendre l’autre, de lui laisser croire et de susciter l’espoir sans rien préciser.

La disqualification bien menée est également un bon moyen de mettre l’autre en bas : il s’agit de manifester que ce qu’il dit, fait ou demande dans la relation est sans signification, n’a pas d’impact, ne modifie rien et peut être ignoré, considéré comme non avenu et sans influence.

Evidemment, ce régime doit être accompagné de gratification