21 septembre 2009
Esprits du feu ?
Une chauve-souris et un loup !
Une tête de baleine à droite ! 
18 septembre 2009
Le management à la française
(Merci à Synchro pour l'envoi)
Deux entreprises, dont une française, décident de faire une course d'aviron dans le but de montrer leur savoir-faire dans le domaine de la "galvanisation" des troupes. Les deux équipes s'entraînent dur. Lors de la première épreuve, les étrangers gagnent avec plus d'un kilomètre d'avance. Les français sont très affectés.
Le management français se réunit pour chercher la cause de l'échec. Une équipe d'audits constituée de seniors managers est désignée. Après enquête, ils constatent que l'équipe française, qui est constituée de dix personnes, n'a qu'un rameur, alors que l'équipe étrangère comporte un barreur et neuf rameurs. La direction française décide de faire appel au service de consultants internes. Leur avis, entouré de précautions oratoires, semble préconiser l'augmentation du nombre de rameurs.
Après réflexion, la direction décide de procéder à une organisation. Elle décide de mettre en place un manuel qualité, des procédures d'application, des documents de suivi... Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle même de zéro défaut dans tous les repas brainstorming. La nouvelle équipe constituée comprend maintenant : 1 directeur général d'aviron, 1 directeur adjoint d'aviron, 1 manager d'aviron, 1 superviseur d'aviron, 1 consultant de gestion d'aviron, 1 contrôleur de gestion d'aviron, 1 chargé de communication d'aviron, 1 coordinateur d'aviron, 1 barreur, 1 rameur. La course a lieu et les français ont deux kilomètres de retard.
Humiliée, la direction prend des décisions rapides et courageuses: elle licencie le rameur n'ayant pas atteint ses objectifs, vend le bateau et annule tout investissement. Avec l'argent économisé, elle récompense les managers et superviseurs en leur donnant une prime, augmente les salaires des directeurs et s'octroie une indemnité exceptionnelle de fin de mission.
15 septembre 2009
Les prix baissent !

(14 septembre 2009, dans un Géant Casino)
Ca c'est de la super promo !
05 février 2009
Les bourses ont leurs raisons...
Voici ce que révèle une étude réalisée en novembre 2008 par le cabinet PRINCE & ASSOCIATES auprès de 191 multimillionnaires dans le monde avouant avoir une relation extra-conjugale depuis plus d'un an:
80 % d'entre eux prévoient de réduire les dépenses, cadeaux, bijoux, dîners dans les grands restaurants, balades en jet privé et autres caprices jusque là consentis à leurs amants ou maîtresses, en évoquant la nécessité de "réduire les dépenses inutiles".
Parmi les sondés, qui subviennent à 70 % ou plus aux besoins financiers de leur petit(e) ami(e), 12 % envisagent, plus radicalement, de mettre fin à la relation adultère "pour des raisons financières".
On constate également que plus la relation est ancienne, plus elle est en danger: au delà de trois ans, 7,3 % des personnes interrogées pensent rompre, tandis qu'elles ne sont que 4,7 % à l'envisager si la relation est plus récente (entre un et trois ans). L'attrait de la nouveauté sans doute...
Russ Alan Prince, le président de PRINCE & ASSOCIATES, et psychologue à ses heures, tente de nous éclairer sur le phénomène: "Les riches sont touchés par la crise. Certes ils sont loin d'être au bord de la faillite, mais ils voient la bourse faire le yo-yo. L'avenir est tellement incertain; ils sont nerveux, plus prudents."
Cela dit, même si les deux espèces sont menacées par la précarité, il semble que le statut de gigolo soit plus enviable que celui de poule de luxe, surtout aux abords de la Saint Valentin:
Parmi les sondés, 15,4 % des femmes seulement pensent réduire les dépenses pour leurs amants, contre 81,6 % des hommes.
Plus de la moitié des femmes envisagent même de dépenser plus !
Enfin, seules 1,6 % d'entre elles projettent de rompre pour alléger leur budget, contre 10,4 % des hommes cruels.
M. Prince avoue cette fois-ci être dépassé et ne pas comprendre la logique féminime.
Quelques élements d'explication, peut-être, de la part de la sociologue Jolanta Bak, qui a réalisé divers travaux sur le profil des riches: "La relation adultère est souvent considérée pour les hommes très riches comme un attribut de leur fortune, de leur statut, tandis qu'elle est envisagée par ces femmes comme un lieu d'émotion et souvent un antidote à leurs angoisses."
Donc, si on comprend bien, en période de crise, les vénusiennes s'investissent d'avantage dans leur refuge affectif, ce qui les aide à se sentir plus fortes pour affronter les difficultés, alors que les martiens optimisent l'organisation de leur budget et font le tri dans leurs dépenses...
Allez... C'est pas personnel, c'est les affaires ! lol
17 juillet 2008
Quand les (abs)cons se déploient
Oh punaise, qu'est ce qu'on peut lire comme conneries quand même.
Une perle sur le "blog du top management" (je mets un lien histoire de citer mes sources, mais n'hésitez pas à aller voir, c'est gratiné).
Voilà un aperçu du foutoir qu'ont dans la tête les types qui essaient de nous driver en haut lieu !
C'est clair que ça doit un brin calcifier les neurones de lire toute une librairie sur les différentes stratégies managériales, de se gaver de théories sur les techniques manipulatoires et autres masturbations intellectuelles, jusqu'à planer dans la stratosphère au milieu des vapeurs d'ozone et se voir tel un chef d'orchestre en recherche du point d'harmonie sublime. Ca me fait penser à une de mes amies qui me racontait dernièrement qu'elle avait rembarré un mec en chasse qui lui avait répondu: "Laisse-moi me déployer". Merde chérie, attends le déballage au moins avant de juger le matos. Laisse moi faire mon show, tel un paon déployant sa queue, enfin faisant la roue (je précise sinon on va encore dire que j'ai l'esprit mal placé). Enfin, n'insistons pas, celui-ci s'est tué tout seul.
Attention, extraits choisis du discours abscons (encore un mot délirant surtout quand il est bien placé) de notre manager professionnel en proie à ses tentatives désespérées d'y comprendre quelque chose aux relations humaines. On a presque envie de l'aider, tellement il a l'air tout perdu :
"Le rôle du manager est d’être un traqueur de dissonances. En physique, il y a résonance lorsqu’il y a égalité entre la force de l’agent excitateur et l’une des fréquences propres du système oscillant excité. La résonance est caractérisée principalement par un maximum de la réponse du système en fonction de la réponse excitatrice. Transposée au management, cette transmission d’une énergie vibratoire permettant de mettre en mouvement d’autres systèmes vibratoires, nous fait penser au dirigeant qui, par sa parole, ses actes et par les inputs donnés au système de l’entreprise, arrive à mettre en mouvement son entreprise, au-delà de ses possibilités d’action immédiates."
Que du bonheur hein ? Mais encore:
"Tel un chef d’orchestre sachant faire vibrer son ensemble musical, le dirigeant d’entreprise rencontre parfois des instants de grâce, où tout semble réussir, où il arrive à faire bouger les choses sans déployer des efforts gigantesques et où il est en harmonie avec son entreprise."
"Mais nous nous intéressons ici moins à l’idéal esthétique du chef d’orchestre ou au sentiment de puissance du manager qu’à des critères d’efficacité pour la mise en œuvre des démarches stratégiques. En effet, la théorie du signal nous a appris que le bruit est constitutif du signal permettant le son harmonieux, de même les dissonances sont présentes à des degrés divers dans toute démarche de changement."
"Il y a dissonance lorsqu’une des composantes de la conduite du changement (vision stratégique, implémentation de la stratégie, facteurs clés de succès de changement, etc.) n’est pas en phase avec les autres, par exemple lorsque la vision stratégique n’est pas cohérente avec les possibilités de l’entreprise ou avec la capacité de compréhension des acteurs de l’entreprise."
Je parie que l'homme aux six cerveaux potasse ce genre de trucs le soir avant de s'endormir. Je l'imagine très bien : "heu... le NON irlandais peut s'assimiler à une dissonance majeure dans la vision stratégique du processus de changement de l'implémentation de l'Europe... hum... l'emission excitatrice du système n'a pas induit le mouvement de fréquence vibratoire en phase avec les possibilités de mon entreprise de niquer tout le monde et de m'en mettre plein les fouilles... hum... mais si les capacités de compréhension des acteurs n'étaient pas défaillantes, la réponse opérationnelle aurait forcément était positive ! Alors ce n'est pas un vrai NON, c'est un NON positif contrarié et les données du système oscillant excité m'indiquent qu'il y a tout lieu de poursuivre le déploiement !" Et là, il s'endort, rassuré d'avoir supprimé toute dissonance cognitive de ses circuits.
24 juin 2008
L'inflation en musique
"Le jugement très critique des ménages vis-à-vis des indices officiels des prix s’explique : l’Insee publie sept indices différents de mesure de l’inflation, autant qu’il y a de notes de musique ! (Jean- Pierre Robin dans «Le Figaro du 23/06).
Il y a l’indice des prix hors tabac (3,2% en mai), qui sert pour la revalorisation du Smic, l’indice hors loyers et hors tabac (3,3%), l’indice hors énergie (2,3%) et l'inflation sous-jacente (2%). Mais deux indices dominent : l’indice d’ensemble de l’Insee (3,3%) et celui d‘Eurostat (3,7%).
Un écart qui peut justifier les doutes sur la fiabilité des indicateurs mais qui s‘explique par les prix des dépenses de santé. L’indice Insee mesure les prix des médicaments et prestations, Eurostat calcule le prix réellement supporté par les ménages après remboursement Sécu. Comme les remboursements Sécu ont diminué, la hausse des prix mesurée est plus forte chez Eurostat. CQFD..."
(En deux mots du 24 juin 2008)
Et dire qu’on paie des types cher pour pondre des trucs pareils alors que tout se résume à une multiplication niveau CM2 : tout double, même le temps de travail, sauf les salaires.
18 juin 2008
En parlant de signes et de mauvais augures...
Les Fuwa sont les mascottes officielles pour les Jeux Olympiques de 2008, dont les couleurs et l'inspiration trouvent leur origine dans les cinq anneaux olympiques.
« Une des mascottes représente une figure classique de cerfs-volants, et quelque chose se passe dans le Shandong [un haut lieu de la fabrication de cerfs-volants, ndlr] ; une autre représente une antilope tibétaine, et quelque chose se passe au Tibet ; une troisième représente la flamme, et quelque chose s'est passé autour de la torche ; une quatrième un panda, et quelque chose s'est passé au Sichuan [plusieurs réserves de pandas se trouvent dans la région du séisme, ce qui fait de l'animal noir et blanc un symbole de la région dévastée par le séisme, ndlr]. La cinquième a un poisson sur la tête... qu'est-ce que cela signifie ? Un pays (enfin) sous l'abondance ?... » (source: 2008, année (olympique) maudite ?)
Un poisson ? La Chine n'est-elle pas victime d'inondations en ce moment ??
A voir également: Astérix aux jeux olympiques : lynchage médiatique du film le plus cher de l'histoire du cinéma. Décidément, les machines à fric se grippent en 2008 ! lol
16 juin 2008
Jouer avec la flamme ?
Le 8 (en chinois ba) est un chiffre faste, que les habitants de Hongkong ont rendu populaire parce qu'il est homonyme de fa, s'enrichir. Le ba devait donner le "la" de l'année olympique, dont les dirigeants du Parti communiste chinois se préparent depuis des années à faire le symbole du retour de la Chine au premier plan de la scène internationale. Ils ont ainsi décidé que la cérémonie d'ouverture des JO commencerait le 8 août (8e mois) à 8 h 08. En tout, pas moins de cinq 8. On peut s'étonner de voir les dirigeants du Parti communiste, pourfendeurs des "superstitions féodales", donner une telle importance aux croyances populaires.
Cette concession aux traditions ne les a pourtant pas servis. Aujourd'hui, de nombreux Chinois observent que, loin d'être faste, le chiffre 8 semble plutôt porter malheur.
Voyons : le 25 janvier se produisent les premières tempêtes de neige dans le sud du pays, phénomène très rare qui provoque une pagaille sans précédent dans les transports ferroviaires au moment où les millions d'ouvriers rentrent dans leur district d'origine pour le Nouvel An chinois. Premier signe du destin ? Les mauvaises langues font les comptes : 2 + 5 (25) +1 (janvier, premier mois) = 8.
A peine le Nouvel An passé, le 14 mars, éclate à Lhassa une émeute anti-Han suivie par une répression qui provoque un tollé dans l'opinion internationale. En Occident, des manifestations transforment le parcours de la torche olympique qui devait symboliser la grandeur de la Chine en un véritable chemin de croix. Les internautes à mauvais esprit font remarquer que 1 + 4 (14) + 3 (mars, 3e mois) = 8.
Enfin, le 12 mai se produit le terrible tremblement de terre de Wenchuan, qui se solde par au moins 50 000 morts et 5 millions de sans-abri. Là encore, 1 + 2 (12) + 5 (mai est le 5e mois de l'année) = 8.
Nombreux sont les Chinois qui se demandent si, en reprenant à leur compte les croyances populaires, les dirigeants n'ont pas joué avec le feu. Bien entendu, au XXIe siècle, un politologue sérieux ne peut que se gausser de ces superstitions. Toutefois, il est indéniable qu'elles peuvent influencer les comportements et avoir des conséquences politiques. Rappelons que, selon la tradition chinoise, les catastrophes naturelles peuvent annoncer que la dynastie régnante a perdu le "mandat du Ciel" et doit donc laisser la place.
(Pour lire la suite : Un bien dangereuse numérologie chinoise)
888
Les numérologues chinois se délectent. Le 8 est le chiffre qui apporte la richesse en Asie et en Chine particulièrement. Tout le monde finit pas l’apprendre en Europe, même ceux qui l’ont découvert il y a 8 jours. Les matheux, eux, savent depuis belle lurette que le 8 de 2008 est exceptionnel par le fait qu’il est le produit d’un nombre premier, 251, par 8. Et 251, c’est quoi ? C’est 2+5+1 = 8. Un nombre premier, en soi, c’est faste. Alors celui-là ! Et pourquoi donc les Jeux olympiques de Pékin s’ouvriront, comme par hasard, le 8 du 8 de 2008 à 8 heures 8 minutes 8 secondes du soir ? Tiens, les Chinois savaient ça depuis quelque temps... ! Et pourquoi a-t-on autorisé exceptionnellement la limousine du plus riche de tous les tycoons de Hong Kong à faire son entrée dans la capitale chinoise ? Parce que, depuis des années, même si la Rolls Royce change, la plaque reste identique : 8888. Il serait vulgaire de demander de combien de 8 x $ elle a été payée.
(Pour lire la suite : Du symbole à la Géopolitique)

Emblème de la mort et de la transformation. Comme somme de 4 + 4, il fait référence à la justice et à la stabilité de fond qui sous-tend les évènements cosmiques alternant dans leur rythmique.
Je ne suis pas particulièrement superstitieuse mais je pense qu’il existe certains liens invisibles entre les choses qui nous échappent la plupart du temps. Pas sûr que ce soit une bonne idée de jouer avec les symboles de cette façon…
En tout cas ça n’a pas porté chance à Apollo 13 de décoller à 13h13 ni au Titanic ("Ni dieu ni maître") de crier à l’insubmersibilité :)
19 mai 2008
Tout est normal dans ce pays ? Zêtes sûrs ?
12 mai 2008
Ca vous tente ?
On lisait dernièrement que l'Agence Spatiale Européenne lançait pour la première fois depuis 16 ans un recrutement... d'astronautes. Et ceci vraissemblablement dans l'optique du projet d'exploration humaine sur Mars, projet qui existe dans les cartons de toutes les agences spatiales. Et on nous le dit tout de go, les conditions de recrutement sont rigoureuses, alors... il ne faut pas trop rêver les mecs ! Rêver ? Oui c'est certes très romantique de s'envoler vers les étoiles, et super excitant de s'apprêter à incarner Han Solo dans Star Wars, mais... voilà quand même quelques pistes de réflexion pour permettre à chacun de se demander si ce genre de truc le fait vraiment rêver. Moi j'ai envie de dire: c'est comme pour les guerres, il faut bien motiver les troupes........
En tout cas, que les chômeurs se rassurent, si on le leur propose, ils ne seront pas obligés d'accepter, c'est à plus de 2 heures (aller-retour) de chez eux !
(Source: Science & Vie, mai 2008 -
Mission vers Mars, 3 ans d'angoisse dans l'espace par Mathieu Grousson, p 113)
3 ans coupés de tout et confinés dans une boîte de conserve pour un voyage de millions de km peut-être sans retour: voilà les conditions auxquelles devront être préparées psychologiquement les membres de la future expédition vers Mars. De quoi soulever des inquiétudes quant aux possibles "pétages de plomb" !
Un groupe d'astronautes sera t-il jamais prêt pour un tel voyage ? Marc Heppener, de l'Agence Spacial Européenne (ESA) le rappelle: "La question de la psychologie des astronautes est aujourd'hui la moins connue".
On trouve cependant quelques exemple de dérapage dans les annales de la conquête spatiale. Telle cette mission soviétique Soyouz d'une quinzaine de jours en orbite, avortée à cause d'une mésentente entre les deux astronautes embarqués. Ou cet essai de confinement au sol de 240 jours mené dans les environs de Moscou en 1999, durant lequel un Russe éméché s'en prit violemment à une Canadienne (...).
"Dans une situation de stress, explique Elisabeth Rosnet, au Laboratoire de psychologie appliquée Stress et société, à Reims, les individus ont des réactions qu'ils n'auraient jamais dans la vie de tous les jours".
En clair, le problème du comportement humain, c'est son imprévisibilité.
Premier problème: l'isolement. C'est à dire plus de famille, plus d'amis et, surtout, très peu de dérivatifs à la sphère professionnelle, avec une marge d'initiative très faible en raison d'un pilotage permanent du sol. On se retrouve donc dans la situation d'astronautes bardés de diplômes réduits à accomplir des tâches... de robots. De plus, "l'isolement d'un individu par rapport à son univers habituel limite les possibilités d'estime de soi", explique Elisabeth Rosnet.
Que faire également dans le cas d'un drame personnel comme le décès d'un proche ou des problèmes de couple ? Faudra t-il cacher l'information ? N'en livrer qu'une version édulcorée ?
Deuxième problème: le confinement. Obligation de vivre en permanence sous le regard des autres, ce qui n'est pas sans rappeler l'univers carcéral. Pour Jean-Pierre Haigneré, astronaute français, "il faut malgré tout arriver à s'organiser de telle manière que chacun ait son propre espace. Les gens le traversent, mais vous y installez vos affaires et il est entendu qu'ils n'y touchent pas. Cet espace sert à méditer, réfléchir, et pratiquer vos activités extraprofessionnelles". Mouais...
Troisième problème: L'activité. "Cela peut être terrible, indique Elisabeth Rosnet, car moins on a de choses à faire, plus on a de temps pour penser. Et des choses peuvent ressurgir qui agissent négativement sur le mental." Car dans les missions d'aussi longue durée, les astronautes sont souvent sous-occupés et disposent de beaucoup de temps libre pour... méditer ? contempler l'espace ? tourner en rond ? N'oublions pas que le voyage dure plusieurs années....
Quatrième problème: le multiculturalisme, souvent inhérent aux missions extrêmes. Il n'est pas sans causer au quotidien de petites incompréhensions, pouvant venir grossir le stress collectif. Un exemple, tiré de l'hivernage à Concordia, la station antarctique franco-italienne, durant la dernière coupe du monde de football: alors que les Français ont pour habitude de regarder les matchs en les commentant abondamment, les italiens préfèrent le silence... Cela n'a l'air de rien, mais dans des conditions extrêmes...
Autre question: faut-il prévoir une équipe mixte ? Elisabeth Rosnet, décidément pleine de bon sens, indique qu'un "couple né dans l'espace, ce peut être très bien si les deux étaient célibataires avant le décollage, et si cela ne crée pas de rivalité au sein de l'équipage. Mais que faire en cas de séparation pendant la mission ? Dans la vie de tous les jours, on peut toujours cesser de se voir; Là, c'est plus difficile !"
La question de l'autonomie sera quant à elle abordée courant 2009, lorsque six cobayes volontaires seront enfermés dans un similivaisseau martien dans le banlieu de Moscou, pendant 520 jours, dans le cadre de l'expérience Mars 500, à l'initiative de l'agence spatiale russe Roscosmos et de l'ESA. Quatre russes et deux européens devraient prendre place au sein d'un espace clos de 200 m2 dépourvu de fenêtres. Pour tester les réactions, les communications entre la "capsule" et l'extérieur prendront le même temps qu'entre la Terre et Mars: 20 minutes.
Et s'il y a un problème, combien de temps pour le rapatriement ? "Il faut compter six mois pour retrouver la bonne orbite autour de la planète rouge et s'extraire de son attraction, puis neuf mois pour revenir", explique Antonio Guell, médecin au Centre national d'études spatiales, avant de conclure: "Cela pose problème."
On se demande également si un type ne pourrait pas devenir fou en voyant la Terre depuis Mars, telle une étoile quelconque dans le ciel. "Depuis Mars, la Terre est petite au point que si on ne sait pas où elle est, on ne peut pas la trouver ! Or on n'a aucune idée de ce que cela signifie pour quelqu'un d'être à ce point coupé de chez lui..."
Jean-Pierre Haigneré nous explique enfin l'essentiel qu'on commençait cependant à subodorer en lisant ces lignes: "un voyage martien nécessitera des individus qui auront le sens du sacrifice. Avant de partir, ils devront être passionnés et motivés au point d'accepter que le prix à payer sera peut-être de ne pas revenir. Pour ce genre d'aventure, il faut une relation particulière à la vie, impliquant qu'il est plus important de réaliser un objectif que de la protéger à tout prix. J'admets que ce n'est pas une approche très contemporaine..."
Alors, des héros volontaires pour la grande aventure ?



























