Transition

hop hop hop

31 mai 2008

La vulgarité au pouvoir

Je manque de m'étrangler hier en apprenant une info dont je n'avais pas entendu parler à l'époque: annulation d'un mariage en avril dernier par le Tribunal de Lilles, au motif que la mariée avait menti sur sa virginité, sur le fondement de l'article 180 du code civil qui prévoit cette possibilité d'annulation en cas d'erreur sur une qualité essentielle de la personne pour une des parties. Un Français converti à l'islam, avait consenti à cette union "sous l'empire d'une erreur objective" nous dit-on. Et c'est le soir de ses noces, en juillet 2006, que le pauvre homme avait découvert la vérité. Or, pour lui, la chasteté est une valeur essentielle.

La chasteté est une valeur essentielle ? Et ben... vlà encore un adepte des "membranes sur pattes" à la Fourniret ! Mais d'où ils sortent ces malades à la vision décalquée ! Est-ce qu'on vérifie lui, dans quels champagnes il a été tremper son petit biscuit ?!! 

Ouais, on sait bien que le fondement de cette obsession de virginité, c'est que ces Messieurs ne souffrent pas de point de comparaison sur leurs insuffisances hein !

Décidément, nos institutions atteignent les tréfonds de l'absurde et continuent de creuser, avec l'aide de Rachida Dati qui abonde dans le sens de cette décision avec un argumentaire digne de son maître à penser.

Mais que se passe t-il ?! Allez hop ! Erreur sur la marchandise, l'emballage était ouvert !  "Monsieur le juge, j'ai découvert après signature du contrat que le produit avait été décacheté... peut-être qu'il est périmé ? Je peux pas le garder Monsieur le Juge !"

Ou alors: vices cachés, pourquoi pas ! La terminologie est particulièrement adaptée ! " Monsieur le juge, après acquisition, j'ai découvert un vice ! Il était bien caché, je pouvais pas le voir avant de consommer !" 

Aaaaaaah, mdr !! Je ne rêve pas ! Ca a bel et bien servi d'argument à l'avocat de la défense. J'ai écrit cette phrase avant même d'avoir lu celle-ci que je viens de trouver dans cet article : L'avocat du mari, Me Xavier Labbée, a justifié la demande d'annulation en invoquant « un vice dès le départ ».

J'en ai d'autres, des idées de qualif juridique !  Acquisition d'un bien non conforme ! Allez, soyons imaginatif : publicité mensongère ! Mais j'arrête mes recherches, j'ai peur de découvrir que ces fondements juridiques ont réellement été utilisés ! lol

Mais quelle société de dingues !!!

Personnellement j'aurais fait une demande reconventionnelle en annulation sur le même fondement: "Monsieur le juge, il m'a menti, il m'avait dit qu'elle faisait 30 cm ! Non conformité de l'organe reproducteur ! Erreur sur une qualité substantielle de la personne ! Accessoirement, le compte en banque est moins fourni que prévu... tromperie sur une condition essentielle ! Et, dis Monsieur le Juge, je peux demander des dommages-intérêts pour perte d'une chance ??"

Pouf, scusez-moi, la vulgarité ne m'inspire que de la vulgarité.

Seul point positif: on peut se féliciter qu'un tel mariage ait été annulé, car manifestement non fondé sur le moindre respect ou sentiment.

Quant à l'autre malade, il finira bien par s'en trouver une qui se sera fait recoudre.   

Ajout du 2 juin 2008:

Extrait d'un article de Yves Daoudal:

"Selon l’avocat du mari, cette décision est « parfaitement logique », car « l’épouse a reconnu qu’elle avait menti ».
 

La question de la religion n’est « pas essentielle », prétend-il. Et, sans rire, il explique :

« Il faut ramener la question au mensonge. La solution aurait été la même pour quelqu’un ayant caché quatre pages de casier judiciaire, le fait d’avoir été plusieurs fois marié ou de s’être prostitué. C’est la question d’une qualité qui a été dissimulée. L’exemple traditionnel qu’on donne aux étudiants, c’est celui d’une femme qui a épousé un homme sans savoir que c’était un ancien bagnard. C’est le fameux arrêt Berthon, qui date de 1868. »

L’explication est ignoblement insultante pour la jeune femme, et tellement délirante qu’elle montre de façon évidente que le tribunal a jugé selon la charia, et non selon la loi française.

Quant au « fameux arrêt Berthon », qui ne date pas de 1868 mais de 1862, c’est celui par lequel la Cour de cassation avait… refusé de reconnaître la nullité du mariage contracté par une jeune fille avec un ancien bagnard.

En fait, les réactions à l’arrêt Berthon sont à l’origine de l’évolution de la loi, qui jusque-là ne permettait la reconnaissance de nullité du mariage qu’en cas d’erreur physique sur la personne (des jumeaux, par exemple). On a donc ensuite ajouté l’erreur « sur les qualités essentielles », sans autre précision. Mais la jurisprudence dit que celles-ci doivent être « objectivement constatées, c’est-à-dire apparaître essentielles dans l’opinion publique ». Ce n’est évidemment pas le cas de la virginité d’une jeune femme, en 2008, dans notre société."

A voir également: Rachida Dati, marche arrière toute ! Appel du Parquet contre l'annulation du mariage

Extrait: "Vendredi dernier, Rachida Dati, qui a elle-même dans le passé eu recours à la procédure pour faire annuler un mariage, avait soutenu que le jugement pouvait avoir un sens, d'autant qu'il avait été rendu à la demande conjointe des deux époux. «Le fait d'annuler un mariage est aussi un moyen de protéger la personne qui souhaite peut-être se défaire du mariage, parce que je pense que cette jeune fille a souhaité également, sans doute, se séparer assez rapidement», avait-elle dit."

MDR ! C'est à ça que sert le DIVORCE ! Notre ministre de la justice fait un transfert ou devrait retourner potasser son droit sur les bancs de la fac !

Ajout du 4 juin 2008:

La question est de savoir si la virginité d'un futur conjoint entre dans le champ de l'article 180 du Code civil. Autrement dit, est-elle « une qualité essentielle de la personne » ? Pour fonder son jugement, le tribunal de Lille a implicitement répondu oui. Ce faisant, il s'est triplement égaré.

D'abord, il redonne vigueur à une conception de la morale sexuelle d'un autre âge. Ensuite, il repose sur une grave discrimination de traitement entre la femme et l'homme, car on n'imagine pas qu'un tel jugement ait pu être rendu à propos d'un homme dont la virginité est d'ailleurs improuvable. Enfin, il donne force de loi à la tradition musulmane ou, plus exactement, à l'un des aspects les plus rétrogrades et discriminatoires de cette tradition. Ce dernier aspect du jugement est, sur le territoire de la République, une grave atteinte au principe de laïcité.

Trois égarements en un seul jugement, c'est beaucoup. Comment est-ce donc possible ?

La première explication est, au fond, celle de la ministre de la Justice : il s'agirait d'un jugement de première instance ayant pour seul objet de trancher un litige individuel et n'ayant donc aucune prétention à faire jurisprudence. Soit, mais alors, on attend avec impatience qu'une cour d'appel ou la Cour de cassation vienne remettre d'aplomb les principes juridiques fondamentaux ignorés par ce jugement aberrant.

La deuxième explication est qu'une fois de plus une décision de justice mettant en cause ces principes a été rendue par un magistrat seul, sans aucune collégialité. Il y a décidément quelque chose qui ne va pas, à la base, dans le fonctionnement de l'appareil judiciaire.

(source: Egarement judiciaire)

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14 mai 2008

L'homme de la situation !

Ce matin en allumant la radio dans ma voiture, je suis tombée sur Copé. N'étant pas directement exposée à la vision de sa mine réjouie de poupon benêt (intenable), j'ai réussi à l'écouter 5 minutes répondre vaillamment aux questions d'un journaliste  sur la rejet de la loi sur les OGM.  "En fait c'est tout bête, j'ai pas vu venir le coup", nous explique t-il ... Avant de poursuivre lorsqu'on lui demande où était la majorité: "Y avait du monde à l'assemblée, mais on était tous en commission... on prépare la réforme constitutionnelle !"

Donc si je comprends bien, il a été distrait le monsieur... emberlificoté dans leurs 36 chantiers de réformes, lui et ses ptits copains auraient-ils juste oublié qu'au parlement on sait jamais trop qui il y aura ni qui sera réveillé à l'heure du vote ?

Mais je suis mauvaise langue, shame on me, "y avait du monde" il nous dit Copé ! Alors quoi ? Si je continue d'essayer de bien comprendre, ils étaient là donc, mais en fait ils faisaient autre chose. Est-ce qu'il essaie de nous dire, le Copé, qu'il étaient là mais occupés à des problèmes autrement plus épiques que celui de faire passer cette merveilleuse loi concernant directement notre alimentation, notre santé et l'avenir de notre environnement ?

Faudrait ptêtre qu'ils accordent leurs pipeaux parce qu'à l'Elysée par contre, ils nous annoncent, avec le flegme de rigueur dans toute situation de crise: "Il est clair qu'il y a eu une erreur. C'est plus un problème de mobilisation qu'un problème de majorité. Il aurait fallu mobiliser plus les députés".

Alors, attention je me concentre: c'est pas un problème de majorité, mais c'est un problème de mobilisation de la majorité... hum... rajoutons quelques données: la majorité était bien là, elle n'est donc pas le problème, mais il aurait fallu mobiliser les députés pour qu'ils viennent, alors qu'ils étaient en commission...

Olala, ça se complique, et moi qui suis blonde, et en plus j'ai faim... allez il est temps de laisser Copé conclure, car notre homme ne fait pas seulement de beaux discours pleins de nuances, il a aussi l'esprit de synthèse :

"c'est désolant mais j'assume !"

affiche_campagne_cope

Mais jusqu'où ira t-il ? lol

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23 avril 2008

On casque pour le fisc !

Fin 2005 et en 2006 les médias informaient le grand public de nouvelles mesures fiscales en faveur des contribuables et notamment d'un CREDIT D'IMPOT POUR MOBILITE GEOGRAPHIQUE, ayant pour but de favoriser les chômeurs acceptant un travail éloigné de chez eux (à plus de 200 km). De nombreux contribuables avaient donc reçu il y a quelques mois un crédit d’impôt de 1.500 €, après avoir coché une case « AR » sur leur déclaration d’impôt 2005.

Et vlà t’y pas que l’administration fiscale leur annonce aujourd’hui qu’ils doivent rembourser, et avec une majoration de 10 % s’il vous plait !

Le motif : une « erreur ». Certains ne répondaient pas à l'une des conditions imposées par l'administration, notamment celle d’être chômeur de longue durée et de plus de 12 mois.

Or, cette condition n’avait jamais été rapportée à l'époque par les pouvoirs publics, ni par les médias qui ont pourtant beaucoup parlé de la mesure !

Sans compter les nombreux contribuables qui ont coché cette case AR “Déménagement à plus de 200 km pour reprendre une activité” en ignorant même que cela ouvrait droit à un crédit d'impôt ! L'administration ne demandait aucune pièce justificative.

Réponse de l’administration fiscale : nul n’est censé ignorer la loi ! Ou encore, petite variante : il fallait lire la notice ! Sauf qu'outre le manque de clarté flagrant et l'absence totale de vérification de leur part, ceux qui ont déclaré en ligne ne l’ont carrément pas vue cette fameuse notice, qui était semble t-il cachée derrière un point d'interrogation…

ON CROIT REVER !!

C’EST AUX CONTRIBUABLES DE PAYER POUR LES CONNERIES FLAGRANTES DU FISC !!

En tous cas, on a intérêt à bien éplucher nos déclarations pré-remplies par leurs soins !

impotsnoopy

NB: C'est passé rapidement aux 20 H et on ne trouve pas beaucoup d'infos dessus sur le net... D'ailleurs les quelques liens que j'ai trouvé dans des forums ou autres menaient à des pages... qui n'existaient plus. Marrant.

" On était à Nîmes (30). On est parti à Carcassonne (11) », se rappelle Magali.
À l’heure de remplir sa déclaration de revenus 2005, elle découvre une case la concernant : un déménagement à plus de 200 km pour raison professionnelle. La case AR est cochée. En 2007, elle reçoit un chèque de 1.500 € des Impôts.
« J’ai téléphoné au centre des impôts. Une personne m’a dit que c’était la prime pour l’emploi ».
Mais le chèque étant signé depuis plus d’un an, elle ne peut l’encaisser.
« Il a traîné aux Impôts », ajoute son compagnon.
Le couple envoie donc un relevé d’identité bancaire et reçoit le pactole en septembre 2007.
« Je pensais vraiment que c’était une régularisation de la prime pour l’emploi ».
L’argent est bien évidemment dépensé.
Le mois dernier, une lettre du « Fisc » atterrit dans leur boîte aux lettres, à Louargat. C’est une demande de renseignements sur le versement d’une « prime à la mobilité 2005 » de 1.500 €.  Magali comprend tout de suite.
« Vous avez demandé et obtenu le bénéfice d’un crédit d’impôt de 1.500 € pour un déménagement de plus de 200 km pour trouver un emploi », écrit un contrôleur dans ce courrier. Mais pour toucher cette « prime à la mobilité », il faut remplir trois conditions.
Magali en respecte deux. Pour empocher les 1.500 €, il fallait être chômeur de longue durée de plus de douze mois. Ce n’était pas son cas. Dans la déclaration de revenus de 2005, la case AR n’évoquait pas du tout cette prime de 1.500 €.  Il y avait, en revanche, une invitation à lire la notice qui présentait les trois conditions à respecter pour obtenir « un crédit d’impôt aide à la mobilité ». Mais au moment de cocher cette case, Magali n’a pas, apparemment, été chercher ce qui se cachait derrière les lettres AR.
«Je ne me rappelle plus si c’était dans la notice. On nous demande aujourd’hui des renseignements. Ils auraient dû le faire avant de nous envoyer l’argent. Ils ont fait une bourde et on va devoir payer ».
Majoration de 10 % .
Magali n’est pas seule dans son cas. Sur Internet, elle découvre un forum où les contribuables témoignent. Aux quatre coins de la France, cette prime à la mobilité fait tousser. En bout de course, ceux qui ont touché cette prime sans pouvoir justifier des trois conditions devront la rembourser avec une majoration de 10 %. La facture s’élève à 1.650 €.
« C’est pour les frais de dossiers », écrit un internaute s’étant renseigné à son centre des impôts.
Le couple de Louargat ne se fait pas trop d’illusions. Nul n’est censé ignorer la loi ! Même quand elle est perdue dans les pages d’une notice.
« On va rembourser cette prime si on n’y avait pas droit. Mais les 10 % ! C’est quand même dur à avaler. Les caisses de l’État sont vides. Ils ont trouvé un moyen pour les remplir », conclut écœuré le compagnon de Magali. "

(source: ce forum)

A voir également: http://creditimpot.unblog.fr/

Posté par TendrePoison à 19:08 - Coups de gueule !!! - Commentaires [5] - Permalien [#]

08 avril 2008

Ridicule

Un pauvre jogger tout seul avec une torche à la main, entouré d'un escadron de police, à pied, (à cheval ?), en voiture, en camion, en roller... qui trace sous les insultes pour finir.... dans un bus ! Tout ça pour la modique somme de 400.000 € puisée dans nos caisses vides...

Vous avez dit pathétique ?

Enfin le ridicule ne tue pas... quoique... en l'occurence notre beau pays si dignement représenté  transmet le flambeau (comme c'est symbolique) à un pouvoir qui exécute chaque année plus de personnes que le reste du monde réuni, et dans des conditions totalement inhumaines (si tant est que l'on puisse exécuter "humainement" quelqu'un) : avant d'être présenté au peloton d'exécution, les condamnés sont exhibés publiquement. La population les humilie et les accompagne jusqu'au terrain d'exécution. Certains crimes mineurs sont sanctionnés de la peine capitale comme les fraudes fiscales ou des vols de cartes de crédit. Et pardon de gâcher la grande fête du sport ! Remarque, vu les banderoles qui s'agitent dans les tribunes on se demande "Esprit sport, es-tu parmi nous ?"..................

Quand les guignols qui nous gouvernent vont t-il cesser de faire risette aux dictateurs ?

Quand on sait en plus que la pratique du relais de la flamme a originairement été décidée par Joseph Goebbels pour participer à la glorification du troisième Reich...

"Unissons-nous pour un monde meilleur !" La bonne blague... Merci pour le démocratiquement correct, mais malheureusement, ça m'a fait davantage plaisir (et c'est triste à dire) de voir que les réactions étaient violentes dans la rue.

Merde, un peu de cohérence ! La cohérence, c'est une adéquation entre une pensée, des mots et des actions. On se permet à loisir de déclarer, affirmer, afficher et promettre puis on se contente de " retirer " tranquillement ses paroles ou ses actes, d'appuyer sur " reset " comme si on était dans un jeu vidéo. On ne va pas accepter l'inconsistance comme une norme de comportement valable, et même légitime ! Tout est dévoyé, et maintenant les jeux olympiques se veulent une généreuse main tendue pendant que l'autre signe des contrats pour faire travailler les petites mains corvéables à merci.

menottesanneaux

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29 mars 2008

Si ça c'est pas de la manipulation !

Sondage
Grosse bourde au Figaro

28 mars 2008
Antoine Jaillard
(Source: http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=469025)

"Pour 58% des Français, le style Sarkozy a changé en bien": ce titre du Figaro paru vendredi est en fait issu d'une mauvaise lecture des résultats d'un sondage. "Une énorme connerie", a commenté l'auteur de l'article, qui se décharge de la responsabilité quant au choix du titre.

Titre accrocheur pour une analyse courte et biaisée. En effet, si l'infographie présentée par le journal ne souffre pas la critique dans un premier temps, sa version intégrale nourrit la polémique quand on s'aperçoit, par un rapide calcul, que seuls 28% de nos compatriotes trouvent effectivement que le style Sarkozy a changé positivement.(...)

Si 58% des sondés se montrent favorables au nouveau visage présenté par Sarkozy, ce n'est que parmi les 49% qui reconnaissaient une nouvelle manière d'exercer sa fonction. Cette subtilité, pourtant de taille, n'est précisée que plus loin dans l'article.

Pour sa défense, le journaliste du Figaro avance un "manque de coordination" au sein de l'équipe. "Une erreur professionnelle" qu'il reconnaît volontiers. Un correctif a d'ailleurs été apporté sur le site en milieu de journée après quelques tâtonnements mais aucun mea culpa n'était prévu dans le numéro de samedi quand nous avons joint Charles Jaigu.

Posté par TendrePoison à 13:10 - Coups de gueule !!! - Commentaires [3] - Permalien [#]

24 mars 2008

A Pâques, on décore les cloches !

Bravo à Bernadette Chirac, chevalier de la légion d'honneur ! Une place de choix entre Christian Clavier et l'industriel François Pinault, après moultes efforts, il faut bien le reconnaître, pour gagner son entrée au club des "justes" ! Et oui, la respectabilité, c'est un investissement à long terme !

Stratégie qui a fait ses preuves:

1°/ Adopter les us et coutumes de rigueur: employer généreusement l'argent d'autrui pour se faire mousser et faire mousser le champagne

Profitons de cette grande occasion pour rappeler le coup de Gueule de Marcel MAGNON, Conseiller Municipal de Montélimar, qui avait circulé sur internet il y a 2 ans:

A VOTRE BON COEUR MESSIEURS-DAMES 

Bernadette Chirac est venue à Montélimar faire son cinéma pour récolter ses pièces jaunes. 

200 kg de pièces ont été recueillies (correspondant à environ 10 000 ?). 

J'ai interrogé M. le Maire (UMP) de la ville pour savoir combien cette opération nous avait coûté. 

Sans compter le prix de l'affrètement du TGV spécial, du détournement de plusieurs trains sur l'Ardèche, le coût du personnel des services techniques et de la police municipale etc., la ville a déboursé 80 000 ? (pris sur nos impôts locaux, bien sûr). 

Mais, plus choquant encore, les chambres et repas, dans un des meilleurs hôtels-restaurants de le région, pour la première dame de France et son aréopage de 130 personnes ont été réglés avec un chèque de l'association Opération Pièces Jaunes . 

Quand on pense à tous les petits enfants qui ont cassé leur tirelire pour faire de la publicité à Mme Chirac, au Maire de Montélimar et payer ces agapes ! Certains n'ont pas beaucoup de vergogne.

Rappelons également que:

- Selon le Canard enchaîné du 10 février 2006, les recettes drainées par le TGV ne seraient pas publiées en raison du large déficit de l'opération. Le journal critique également le manque de clarté des comptes publics de l'opération, qui ne publie qu'une seule page, dans laquelle s'était, de plus, glissée une erreur : les frais de fonctionnement ne s'élevaient, en 2004, non pas à 36,3 % mais 39,3 %.

- Et que l'Express du 27 avril 2006 a publié un article intitulé Les zones grises des pièces jaunes, par Elodie Sentenac et François Vignal. Cet article présente des informations tendant à contester la manière dont l'opération pièces jaunes semble désormais gérée, ce d'autant que « les tirelires sont devenues plus légères: après la récolte exceptionnelle de 2002 (15 millions d'euros) due à l'abandon du franc, la fondation recueillit 7,5 millions d'euros en 2003, 6 millions en 2004 et 5,2 millions en 2005… »

Interessant aussi, la petite enquête réalisée par un internaute: http://mamilitance.blog.lemonde.fr/mamilitance/2006/03/les_comptes_de_.html

2°/ Ne pas lésiner sur le cirage

Femme de convictions, Bernadette Chirac reste fidèle à son camp, l'UMP. Et elle tient à ce que cela se sache, elle soutient fermement Nicolas Sarkozy. Elle a d'ailleurs souvent joué les intermédiaires dans les moments de crise entre Jacques Chirac et son cadet. «Heureusement qu'on vous a», a-t-elle glissé à l'oreille de Sarkozy en 2004, pendant une campagne des régionales, désastreuse pour la droite. En 2007, elle a affiché son soutien public au candidat Sarkozy, en participant à des meetings à Lyon et à Montpellier, même si tout le monde n'était pas sur cette ligne à l'Élysée. «Nicolas Sarkozy est fantastique. Il a été formé à l'école de Jacques Chirac. C'est un excellent orateur. Il a un grand charisme», confie-t-elle au Figaro. «Il faut soutenir le président de la République pour lui permettre de mettre en œuvre les réformes pour lesquelles il a été élu.» (Lefigaro.fr - 29/02/2008)

3°/ Rester tout de même à sa place de bonne ménagère au foyer qui soutient son homme de pouvoir, bref une "vraie femme" qui peut prétendre à ce titre bénéficier de la parité

Le nouveau couple présidentiel séduit Bernadette Chirac. L'ancienne première dame de France a adressé ses «voeux de bonheur» à Nicolas Sarkozy et Carla Bruni, espérant que le «nouveau ménage» n'aurait «pas trop de difficultés» dans leur vie au Palais présidentiel de l'Elysée. Selon elle, «il vaut mieux avoir une compagne à qui l'on peut dire tout ce que l'on a besoin de dire et ce que l'on ne peut pas dire à tout le monde», «il faut un punching-ball» car «la solitude ça n'est jamais bon». (Lefigaro.fr - 03/02/2008)

4°/ Il faut an-ti-ci-per !

N'oublions pas que le président Jacques Chirac avait remis en personne, samedi 12 février 2005, les insignes de chevalier de la Légion d'honneur au président de l'UMP, Nicolas Sarkozy.

Comme dit le proverbe, sois sympa avec les gens que tu croises en grimpant, tu les retrouveras sur ton chemin à la descente !

Bref, si comme Bernadette vous souhaitez acquérir pour vos vieux jours une honorabilité en kit ou échanger des courbettes en grande pompe, n'hésitez pas ! Déposez un dossier ! Christian Clavier l'a fait ! Pourquoi pas vous ? Vous le valez bien, non ?

Les critères ?

- Des mérites éminents : Pour être admis dans l'ordre de la Légion d'honneur, le candidat doit, sauf cas exceptionnels, justifier d'au moins 20 ans de services publics ou d'activités professionnelles, assortis de "mérites éminents". Qu'est-ce qu'un "mérite éminent" ? Difficile à définir, reconnaît lui-même le secrétaire général de l'Ordre : "Il faut être irréprochable dans son métier et faire quelque chose en plus, qui sorte de l'ordinaire et nous distingue : être créatif et donner aux autres en général". Un artisan aura davantage de chances d'être distingué s'il aide à former des jeunes auprès des "Compagnons du devoir".

- Un comportement irréprochable : Un futur légionnaire doit aussi être irréprochable dans son comportement. Avec l'aide d'un juriste, le Conseil de l'ordre mène en effet une enquête "de moralité et d'honorabilité". Un extrait de casier judiciaire est demandé et toute condamnation est disqualifiante. Le comportement dans la vie familiale est aussi pris en considération.

Dernière petite précision :

Les futurs légionnaires doivent s'acquitter depuis 2003 de droits de chancellerie : 20,28 euros pour le grade de chevalier ; 32,47 euros pour l'officier ; 48,63 euros pour le commandeur ; 73,18 euros pour la dignité de grand officier ; 101,38 euros pour la grand'croix.

Ils doivent aussi acheter leurs insignes chez des bijoutiers, spécialistes des décorations ou à la Monnaie de Paris, l'organe officiel qui frappe la plus haute insigne nationale.

Quelqu'un a prévenu Bernadette ? Remarque, ça doit bien rentrer dans l'objet social des "pièces jaunes"...

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08 mars 2008

Ainsi soit-elle

Du coup, ça m’a donné envie de lire un livre de Benoîte GROULT, et j’ai choisi " Ainsi soit-elle ". Un livre profondément féminin, et pas de cette féminité de pacotille, préfabriquée par les hommes et pour les hommes. Un livre hallucinant, dont certains passages sont difficilement soutenables, un livre que toutes les femmes devraient lire, et tous les hommes, s’ils l’osent.

Extraits :

" Vous saviez, vous, qu’au Yemen, en Arabie Séoudite, en Ethiopie, au Soudan, on excisait encore les petites filles ? " (…) Qu’elle (l’excision) est fréquente en Guinée, en Irak, en Jordanie, en Syrie, en Côte d’Ivoire, chez les Dogon du Niger et obligatoire dans de nombreuses tribus africaines ? "

" Pour les maniaques de la possession, ce n’était encore pas suffisant. " Une des plus crapuleuses bassesses engendrées par l’esprit humain ", l’excision, peut se doubler d’une assurance complémentaire : l’infibulation. Avant son mariage, une femme n’a nul besoin de son vagin. Il est donc logique de le lui obturer par une " opération pas bien méchante ", c’est un journaliste du Caire qui nous l’affirme, un homme, bien sûr. "

" A Djibouti, où toutes les filles sont cousues, voici comment Alain de Benoist décrit le bouclage d’une adolescente : " Le clitoris ayant été préalablement arraché, on pratique une résection des parois des grandes lèvre de manière à réduire les dimensions de la vulve à la moitié de l’orifice vaginal. On rapproche ensuite les parois mises à vif en maintenant les plaies en contact par une résine ou, en brousse, en transperçant les lèvres avec des épines d’acacia. En arrière, on laisse un minuscule orifice pour le passage de l’urine et du sang, que l’on maintient béant pendant la cicatrisation par une tige de bambou. L’opérée devra restée ligotée des hanches aux genoux pendant quinze jours ."

Il restera, le soir des noces, à couper la bande de garantie en présence du mari. La jeune épouse, qui n’a en général que douze à quinze ans, est rouverte au rasoir avant le passage de l’époux auquel il est recommandé d’user de ses droits plusieurs fois par jour les premiers temps afin d’éviter une fermeture intempestive de la plaie (…). La femme d’ailleurs n’est pas quitte : l’opération peut être renouvelée à la demande de l’époux après une naissance ou lors d’un long voyage. "

" Ecoutez l’écrivain malien Yambo Ouloguerm, licencié en philosophie, nous décrire le ravissement des filles de son pays, le soir des noces : " Nombres d’hommes se trouvèrent heureux d’avoir à conquérir à l’occasion du mariage un plaisir nouveau, sadique, quand ils défloraient, sexe picoté d’épines, flancs éclaboussés de sang, leur maîtresse, elle-même ravie et morte plus qu’à moitié de plaisir et de peur. "

Position officielle en Egypte, en 1970 : " la chaleur du climat développe des clitoris énormes qui entraînent les porteuses à de véritables folies lubriques, les empêchent de faire pipi et forment plus tard un obstacle à l’accouchement. " C’est pour cela que le docteur Mohammed Hosni Korched, directeur général des hôpitaux au ministère de la Santé, conseillait l’opération pour " soulager les femmes et limiter leur appétit sexuel. "

" Les hommes de progrès et de liberté respectent aussi les libertés des femmes. Mais il y a peu d’hommes de liberté, bien sûr. Peu de femmes aussi. Partout, ceux qui ont un pouvoir sur d’autres êtres n’ont qu’un but : le conserver. (…) Les droits n’ont jamais été accordés, ils ont dû s’arracher un à un. "

" Et quand il s’agit des femmes qui peuvent cumuler tous ces handicaps, la situation devient inextricable, car les rapports passionnels qu’elles entretiennent avec les artisans, les bénéficiaires et presque les amoureux de leur oppression , viennent masquer et fausser tous les problèmes. Quand on appelle son chef " mon amour ", il est difficile de présenter un cahier de revendication. Et quand on dit à sa créature " je t’aime ", on croit lui avoir suffisamment rendu justice ! "

Considérons notre civilisation bourgeoise : " La fille n’est pas cousue, d’accord, mais on la voulait cachetée, sa valeur marchande dépendant d’une membrane fragile. (…) Dûment cachetée, il fallait en plus à la jeune fille une dot, nécessité sacro-sainte sans laquelle, encore une fois, quelle que fût sa valeur personnelle, elle devenait une laissée-pour-compte, sans espoir de mariage, c’est à dire de dignité.(…) Enfin quand, cachetée et dotée, elle accédait au mariage, elle devenait du même coup mineure à vie, privée de ses biens propres et de tout droit sur la gestion familiale. En justice pendant longtemps, le témoignage de 3 femmes ne valait pas celui de 2 hommes… "

Germaine Tillion, éthnologue : " Il n’existe nulle part un malheur étanche uniquement féminin, ni un avilissement qui blesse les filles sans éclabousser les pères, ou les mères sans atteindre les fils ".

Car, reprend Benoîte Groult : "  chaque entrave, chaque abus de pouvoir imposé à la femme entraînent leur punition pour l’homme et constituent une cause irréparable de retard pour la société. " Les femmes écrasées fabriquent des sous-hommes vaniteux et irresponsables et ensemble ils constituent les supports d’une société dont les unités augmentent en nombre et diminuent en qualité ". (Dominique Fernandez).

" Aimer un être, c’est tout simplement reconnaître qu’il existe autant que vous. " Cette très belle définition de Simone Weil ne s’applique pratiquement jamais à l’amour d’un homme pour une femme, pour leur plus grand malheur à tous les deux. "

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10 février 2008

Les caisses sont vides ?

Jet privé à 138 000 euros:

Estrosi s'excuse

Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Christian Estrosi, a présenté ses "excuses" après que Le Canard enchaîné a révélé qu'il avait loué un jet privé pour un montant de 138 000 euros. Selon l'hebdomadaire satirique, il devait s'envoler le 23 janvier pour Washington pour assister à un colloque sur les récifs coralliens. Il aurait annulé à la dernière minute ce vol pour se rendre à l'Elysée, où le président réunissait de proches collaborateurs. Il a alors dû réserver auprès de Dassault un jet privé afin de tenir ses engagements américains. "Je souhaite présenter toutes mes excuses, parce que ça ne fait pas partie de mes pratiques", a confié Christian Estrosi dans la cour de l'Elysée, à la sortie du conseil des ministres. "J'avais un calendrier très contraint" et "on ne m'a pas soumis le montant", s'est-il toutefois défendu. Et de conclure: "Bien évidemment, si on m'avait soumis ce devis, je ne l'aurais pas accepté."

C'est bien beau tout ça, mais tu as aussi prévu de rembourser, bien évidemment?

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07 février 2008

A propos du pouvoir d'achat

Extrait du blog "Poly-tics", post du 26 janvier 2008, "Rigueur, je taierai ton nom" (lien vers ce blog dans la colonne de gauche)

"Quelqu’un peut-il nous éclairer ? Les caisses sont vides et alors ? sarkozy trouve les moyens de dilapider l’argent public. Il charge le cabinet privé Mars & Co en octobre 2007 d’établir le carnet de note des ministres pour un montant de 86 000 € (Annonce N°213, publiée le 17/12/2007 dans le BOAMP 060 C, dépt. 75). Encore un trou que les Français devront combler. Ce qu’offre sarkozy à quelques-uns, il le fait payer par tous les Français. Il s’octroie le triplement de son indemnité sur le budget de l’Etat, il accorde 15 milliards par an de cadeaux fiscaux qui devront être compensés par les Français. Le 16 janvier 2008, il donne 310 millions d'euros à une seule catégorie socioprofessionnelle en l’occurrence les patrons pêcheurs, en faisant financer cette aide par une taxe sur le poisson. Il donne à Bouygues et Bollorés, entre autres, la possibilité de s’enrichir par un transfert des publicités sur les chaines, radios et journaux privés pour faire payer ce cadeau par une taxe sur internet et les tels mobiles.  Il défiscalise les heures supplémentaires. Tout ceci est non seulement préjudiciable pour le budget de la nation qui connaît déjà un fort déficit mais il accroît le déséquilibre des comptes sociaux.

La TVA sociale qui est sous le coude. Pour après les municipales ? Les médias commencent à préparer les esprits, pour de futures mesures drastiques, comme le bouclier sanitaire qui consisterait à remettre en cause certaines prise en charge à 100% des grands infirmes.. Avez-vous remarqué qu'au sujet des comptes de la sécu, on nous souligne la croissance des dépenses mais que le mutisme est de rigueur en ce qui concerne les recettes. Qui va compenser ce manque de recettes résultant des cadeaux fiscaux ? sinon tous les Français qui seront mis à contribution ou, uniquement les malades. Après ces inefficaces largesses accordées aux plus aisés, la rigueur suit forcément. Stratégie de préparation des esprits à un tournant vers une cure d'austérité…. Après les élections municipales de mars connaîtrons-nous une hausse de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) ? Rigueur, je tairai ton nom ! Telle est la consigne."

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23 novembre 2007

Le CPE et la violence faite à la jeunesse

Cela fait 20 ans que ça dure, 20 ans que les jeunes sont soumis à la même situation et exposés au même type de mesure. L'histoire se répète, mais en bégayant. C'est un retour du même, mais un même chaque fois différent, ne serait-ce que par l'expérience accumulée. Cette triste histoire a commencé au milieu des années 80, en 1985-1986.

Deux types de mesure ont été instaurés, sous le double prétexte de limiter le chômage (en particulier celui des jeunes) et d'accroître la flexibilité des entreprises.

Le premier type venait directement de l'action de l'Etat, qui, si l'on peut dire, à ouvert, en toute légalité, la voie : faire en sorte que soit créés des stages ou des contrats de type nouveau, de durée limitée, pour "aider" à l'insertion des jeunes. Le nom de ces contrats a pu varier. Il a fallu que les gouvernements successifs fassent de gros efforts sémantiques pour qu'à chaque nouvelle mesure corresponde une nouvelle dénomination. L'actuel Contrat de première embauche se situe dans la suite des contrats antérieurs (contrats d'insertion, etc.). Quant au stage, après l'échec cuisant des SIVP (stage d'insertion dans la vie professionnelle, très vite qualifiés, à juste titre de stages-parking), ils se sont insérés subrepticement dans le cursus "normal" des études. Les jeunes ont du apprendre qu'ils n'avaient de chance d'accéder à un emploi que si leur CV contenait déjà un nombre sensible de stages en entreprise. La course d'obstacle pour trouver des stages (dont une partie sont des stages purement opératoire, sans aucune visée formatrice de la part de l'entreprise d'accueil) a donc commencé, livrant aux entreprises une main d'œuvre pour des stages à durée limitée, déjà bien formée, à bas prix. Certains emplois sont d'ailleurs "couverts" par des successions de stages.

L'Etat a donc donné l'exemple, il a tracé la voie, et il a instauré des formes d'emploi précaire pour les jeunes avec le label de la pure légalité et donc de la légitimité qui est supposée y être attachée. Les entreprises ont accueilli cette manne à bras ouverts, non pas pour recruter plus de jeunes au total, mais, à la fois pour bénéficier d'une main d'œuvre à coût réduit, sur un contrat à durée limitée, et pour la minorité des jeunes qui aboutirait à un CDI, prendre le temps de les tester, de les sélectionner, de voir ceux d'entre eux qui se révélaient apte à "entrer dans le moule", en engendrant ainsi des comportements conformistes à haute dose.

Le second type de mesure a concerné les modifications introduites dans le droit du travail pour l'ensemble des salariés, tous âges confondus. Et la plus importante, bien entendu, a résidé dans la création du Contrat à durée déterminée, le dit CDD, dont on sait que depuis un grand nombre d'années, il est devenu nettement majoritaire dans les recrutements des entreprises (sauf pour les emplois de la fonction publique). Il représente régulièrement plus de 60% des flux d'embauche des entreprises. Légalement, le recours aux CDD, et surtout leur renouvellement, est assorti de certaines limites, mais ces limites sont très souvent franchies, non respectées. C'est d'ailleurs devenu un sport d'un nouveau genre : parvenir, en accord bien sûr avec le salarié concernée, à contourner la réglementation.

A une époque, déjà lointaine, les spécialistes de l'emploi utilisaient le terme d'emplois atypiques. Mais depuis le terme a été abandonné et on comprend aisément pourquoi…

Le CPE reproduit la même histoire triste. Il est présenté comme un CDI. Mais il s'agit là d'un artifice, d'un mensonge grossier. Le CPE est astreint à une durée précise : 2 ans. Et qu'est ce qu'un contrat comportant une clause de durée, sinon, en bon français, un contrat à durée déterminée ? Mais la nouveauté qu'il introduit est extraordinaire : la possibilité de licencier le jeune sans aucune justification offre aux employeurs un contrat à durée parfaitement élastique. Les CDD "normaux" instaurent une situation précaire, mais avec, au moins, une durée clairement affichée dans le contrat d'embauche, ce qui offre une garantie minimale (même si c'est, en moyenne, pour une très courte durée).

Le CPE fait encore mieux : il n'existe plus aucune garantie de durée dans ce type d'emploi. S'ouvre une période d'incertitude et de stress intenses, pour le jeune concerné, et une période de… grand bonheur pour les employeurs.

Bien entendu, sont ainsi instaurés, dans l'entreprise, un rapport politique et une ambiance quasi-dictatoriale. Le jeune devra se couler dans le moule de l'esclave docile. On passe du conformisme à l'obéissance pure et simple. Certes, on pourra toujours trouver des employeurs ayant un comportement éthiquement correct. Mais on ne construit pas une politique générale sur un tel aléa. C'est en fait dans la philosophie implicite du dispositif que de donner aux employeurs un pouvoir exceptionnel sur les jeunes, un pouvoir d'exception, pour utiliser le vocabulaire de la philosophie politique. Certes, au bout de deux ans, les jeunes qui auront été gardés jusqu'à ce délai, basculeront dans un "vrai" CDI. Mais quel en sera le pourcentage ? Si l'on tient aux pratiques actuelles et à l'expérience, cela devrait avoisiner les 20%. 1 jeune sur 5. Il faudrait, de toutes façons, attendre deux ans pour le savoir.

Mais, derrière ces mesures, il faut voir l'essentiel : l'extrême violence faite aux jeunes. Cela devient, à proprement parler, insupportable. Pour eux en premier lieu, pour les enseignants par ricochet. Cette violence ne mérite qu'une réponse : la révolte. La seule chose qui la contient dans certaines limites, c'est l'effet systémique de la situation d'ensemble : difficile de se révolter, dans une situation de chômage et de précarité. Il est de l'intérêt individuel du jeune de courber l'échine.

Mais lorsque le vase déborde, les échines se redressent.

Quelle est l'expérience qu'acquiert un enseignant du supérieur ?

Si je prends mon cas :

- je constate d'abord un taux anormalement élevé, majoritaire dans les disciplines des sciences humaines et sociales, de jeunes étudiants, frais sortis du bac, qui émettent le souhait de parvenir à un emploi…de la fonction publique. Ce n'est bien entendu pas par "vocation" ou en vertu d'un goût particulier pour travailler dans la fonction publique, mais par un raisonnement strictement utilitariste. Le problème, c'est que, comme chacun sait, les emplois de fonctionnaires "doivent" être réduits (et le sont progressivement), ce qui fait se heurter deux mouvements inverses: une demande forte pour ce type d'emploi, alors que le nombre va en diminuant. Résultat : des concours de plus en plus sélectifs.

- Je constate aussi la course aux stages. En soi, dans l'absolu, que les jeunes fassent des stages, comptant pour la validation de leur cursus, est une excellente chose. C'est très normalement que les enseignants introduisent ces stages dans les formations, du moins au-delà de la licence.

Mais si l'on quitte l'absolu, et que l'on regarde comment ça se passe, on est doublement effaré. D'abord par la difficulté à trouver un stage, et pour cause : de la part des étudiants, la demande est massive (d'autant que le stage est, pour l'étudiant, obligatoire) et réussir à trouver un stage devient une véritable course d'obstacle. Ensuite, d'échec en échec, on atténue les exigences de qualité et de contenu du stage. On trouve maintenant, dans le CV des étudiants, des stages purement bouche trou, qui ne leur ont strictement rien apporté en terme de connaissance ou d'expérience professionnelles en rapport avec leur formation. Et il faut mesurer le poids des humiliations subies par ces jeunes durant cette course d'obstacles. Personnellement, j'ai du me résoudre à rechercher moi-même des stages pour mes étudiants pour parvenir à décrocher des stages intéressants. Entre la formule incantatoire (du type : "il est bon que les jeunes apprennent à trouver des stages par eux-mêmes, qu'ils apprennent à se débrouiller") et la réalité, le gap devient important. Exposer des jeunes à ce qui se présente souvent comme un parcours d'humiliation, avec, du côté des entreprises, des "recruteurs" qui affichent souvent un cynisme certain, du moins lorsqu'ils répondent aux candidatures, ne me semble pas particulièrement formateur, sauf à dire clairement que le rôle des enseignants est précisément d'apprendre aux jeunes à courber l'échine…

- Quant à l'accès à l'emploi, on retombe, soit si c'est un emploi de la fonction publique, sur une belle file d'attente (et pour accéder à un emploi de chercheur ou d'enseignant-chercheur, derrière le formalisme et l'égalitarisme de la procédure, un rôle essentiel joué par le lobbying ou la cooptation), soit sur les fameux CDD…

C'est dire que le CDD devient la porte d'entrée de tous les jeunes, à tous les niveaux d'étude. Et la plupart du temps, ce n'est pas un seul CDD, mais une suite de CDD… Quant un étudiant parvient à décrocher un CDI à l'issue de ses études universitaires, un seul mot vient à l'esprit : "quelle chance !". "On va déboucher le champagne !".

Comme je prends les dirigeants d'entreprise et les DRH pour des individus intelligents et parfaitement au courant de ces pratiques (puisque ce sont eux qui les utilisent), je me dis : comment jugent-ils leur propre comportement ? N'ont-ils aucun scrupule à violenter la jeunesse ? Et selon la célèbre formule, qui voit-il le matin dans la glace ? On pourra, bien entendu, justifier ces pratiques par le fameux "besoin de flexibilité". Mais il faut être vraiment nul en gestion d'entreprise et en économie pour ne pas savoir que la flexibilité d'emploi est celle qui, à moyen terme, dégrade le plus les vraies performances de l'entreprise, y compris sa vraie flexibilité (la flexibilité d'innovation, de montée en variété des produits offerts, de diversification des activités, d'amélioration des organisations, etc.) et la performance fondée sur ce que les mêmes DRH ne cessent de clamer : l'apport "décisif" d'un investissement dans le développement des compétences des salariés (ce qui suppose stabilité d'emploi).

On en vient à se poser cette question d'une extraordinaire simplicité : pourquoi n'embauche-t-on pas sur CDI ? D'autant que la faculté de licencier a été facilitée par diverses mesures à ce sujet. Je ne crois absolument pas à une cause de nature économique du type "flexibilité", sinon pour les très petites entreprises (mais qui pourraient aisément bénéficier d'une aide ciblée).

Il existe à mon avis deux raisons majeures :

- la première concerne tout simplement la gestion de la masse salariale : les jeunes sont embauchés à un salaire situé sensiblement en dessous de celui des "anciens" et la fameuse "flexibilité" n'est pas autre chose qu'une tentative de variabiliser la masse salariale. On en revient au 19ème siècle : les salariés sont une pure force de travail que l'on traite comme un coût variable (et non comme un coût fixe). Ils sont traités à un niveau de considération inférieur à celui des machines et des bâtiments.

- La seconde est politique. Le gouvernement et les dirigeants d'entreprise veulent des salariés dociles, conformistes, et même plus que conformistes : obéissant, non pas à leur conscience, mais aux résultats qu'on leur demande d'atteindre et à la discipline qu'elle comporte. Il s'agit d'une radicalisation d'un contrôle autoritaire. La précarité est l'une des armes utilisées pour engendrer de tels comportements de soumission.

Mais à chaque fois, le gouvernement sous-estime la capacité de révolte de la jeunesse et l'intelligence qu'elle manifeste à décrypter les intentions réelles, derrière le verbiage des dirigeants politique. Car il n'existe aucune autre réponse à apporter : la révolte. Il y a la face ouverte de cette révolte, celle qui s'exprime par des manifestations. Mais il existe une face plus cachée: une fois devenu salariés, précaires ou non, l'expérience que les jeunes vivent génère un fond durable de révolte, et parfois de cynisme, par découragement.

Ce phénomène, les patrons et les gouvernements successifs le sous-estiment et souvent ne le voient pas. Mais entre les nouvelles générations d'un côté, la classe dirigeante de l'autre, le divorce et la non-communication vont croissantes. Quant aux salariés anciens, ceux qui n'ont pas fait cette expérience, car entrés en emploi avec le fameux tournant du milieu des années 80, un défi leur est lancé : soit comprendre la jeunesse actuelle et la soutenir, soit jouer; inconsciemment, un rôle de bouchon (car occupant le haut des emplois) et de coussin amortisseur.

N'oublions pas au passage, qu'en moyenne, les militants syndicaux sont eux-mêmes "vieillissants" et qu'ils ont du mal à se mettre à la place de la jeunesse, de sa révolte et de ses aspirations positives.

Et, sait-on jamais, peut être qu'un jour le corps enseignant finira lui-même par se révolter. Cela ne se traduira pas forcément par des grèves (les grèves ne pouvant être qu'un moyen à durée limitée), mais par des nouveaux types d'alliance entre élèves, étudiants et enseignants pour faire front ensemble à une politique de précarisation, mais aussi, et surtout, d'humiliation de la jeunesse.

Philippe Zarifian, 10 mars 2006

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