17 juillet 2009
Dormez tranquilles, braves gens
Dernièrement, une amie me racontait qu’un de ses commentaires posté sous un article sur le site d'un grand média d'"express"ion (oups, certaines touches de mon clavier fonctionnent mal) traitant de la sous-estimation des statistiques sur la grippe A, avec été modéré pour cause " d’humour noir susceptible d’être mal pris ".
Sachez le, pour éviter la censure, il faut maintenant avoir un type d’humour officiellement admis et unanimement apprécié.
Elle m’a lu le commentaire : pas d’insultes, pas de grossièreté, pas d’incitation à la violence ou à la haine raciale. Un ton second degré certes, une prise de position, un regard critique sur l’OMS et un encouragement à réfléchir par soi-même et à prendre ses propres précautions pour se protéger, au vu du marasme généralisé autour de cette affaire conjuguant au fil des jours informations tour à tour contradictoires, imprécises, débiles ou incohérentes sur la dangerosité de la maladie, son étendue actuelle, la fabrication des vaccins, et les moyens médicaux et logistiques mis en œuvre pour protéger la population.
Et bien non, ça ne passe pas. Toute personne qui dit réellement quelque chose est jugée déplacée et tout propos un tantinet virulent (même quand on parle de virus) par notre presse lénifiante est censuré.
Impossible actuellement de s’exprimer sur les sites des journaux officiels sans s’inscrire, se déclarer, rentrer dans les cases et les fichiers et recevoir la newsletter à la noix qu’on n’a pas demandée et dont on n’arrive jamais à se désabonner.
La modération n’est plus l’exception, mais la règle de petits planqués qui prennent leur pied à exercer leur petit privilège de censeur, à tronquer les pensées et à aseptiser les réactions jusqu’à en extraire toute trace de vie, de fureur, de spontanéité.
Il faut reformuler, s’il vous plait ! Qu’il est beau le quatrième pouvoir.
Seule la mièvrerie a le droit de cité. Pour s’exprimer, il faut tordre ses doigts vingt fois au dessus de son clavier, fumer un bout de moquette pour voir la vie en rose et surtout : faire dans le très politiquement correct. Rogner les angles, lisser l’émotion, la colère, la révolte, jusqu’à pondre quelques lignes insipides et sans intérêt mais qui ne dérangent personne. L’essentiel étant de ne surtout pas prendre le risque de heurter une petite susceptibilité, de choquer une petite âme en sucre échouée ici par erreur, de ne pas, surtout pas, éveiller par mégarde d’un grincement une question, un doute, un malaise, un peu de conscience quelque part...
L’intérêt et la valeur des échanges n’est-il pas justement dans l’espace de liberté qu’on laisse à chacun avec sa sensibilité, ses coups de gueule, sa tristesse, ses propos déplacés et violents parfois, son irrévérence et son insolence ? Quel est le problème à partir du moment ou chaque lecteur a le droit de répondre, de réagir, de se défendre s’il est attaqué, d’argumenter s’il n’est pas d’accord, d’expliquer ce qui le choque et pourquoi ou de dire son malaise ? Quel est cet infantilisme bêtifiant, ce besoin de contrôler ce que vont lire les gens, ce qu’ils vont penser en lisant ? Ils sont grands les gens, ils sont capables de se faire leur propre opinion à la lecture d’un commentaire, sans qu’on leur prédigère le texte, qu’on leur stérilise le sens.
Ce genre d’espace de soi-disant dialogue n’a aucun intérêt, sauf celui de donner l’illusion d’une prétendue liberté d’expression dans ce pays, où une grande partie de la presse semble s’être définitivement couchée.
13 juillet 2009
Quand y en a plus, y en a encore...
Frédéric Mitterrand qui a rejoint officiellement le club des valets lors du dernier remaniement ministériel, entame son mandat à la "culture" en sacrifiant la modique somme de 1,9 millions de nos zeuros sur l'autel des copinages présidentiels. Vous pensiez avoir échappé à Johnny sur TF1, mais voici maintenant Johnny à la Tour Eiffel ! Il n'arrive pas à quitter la scène ! Et c'est même gratuit ! Un geste pour les pauvres qui n'ont pas pu s'acheter un billet pour la tournée d'adieu.
Enfin c'est gratuit... Outre les 2 millions sur le budget du ministère de la Culture, d'après l'Elysée, "Johnny a accepté de prendre un tout petit cachet." En effet, le généreux chanteur qui ne veut pas payer ses impôts, se contentera de 30.000 euros. Une misère quoi. Au fait, le SMIC horaire se monte environ à 6 euros. Et pour Johnny, ça fait combien de l'heure ?
Bon, je veux pas être méchante (quoique), mais y a un moment où il faut raccrocher et laisser place à la jeunesse, à la nouveauté, au sang frais ! Là, ça urge je crois.
Quoi ma gueule ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
Heu... non rien...
05 juillet 2009
La vie rêvée des anges
Ce qui préoccupe nos politiques en ce moment, c'est le taux d'absentéisme reccord qui risque de perturber la productivité des entreprises et les bénéfices de nos bienfaiteurs nationaux, les entrepreneurs, si la vilaine grigrippe venait nous chatouiller à la rentrée. Ce taux pourrait atteindre 40 % des salariés au pic de l'épidémie, si les prévisions actuelles de contamination se confirment, d'après le docteur Chouchkaieff, médecin de la Drass. Les petits neurones sont donc en ébullition pour prophétiser une solution à cet épineux problème. Après la tentative de diabolisation de l'arrêt de travail frauduleux, pourquoi pas le boulot à domicile en arrêt maladie. Il faut que les esclaves gardent leur poste, coûte que coûte, même si le bâteau prend l'eau de toute part.
Car en effet, si tout ce beau monde manque cruellement d'imagination quand il s'agit d'envisager une société basée sur un nouvel équilibre avec une meilleure répartition des richesses et de nouvelles priorités, la caboche s'emballe pour trouver un moyen de sauver les marges. Alors on voit fleurir des initiatives exceptionnelles de ci, de là. On nous propose de taffer 24 sur 24, pour que la ménagère entretenue puisse shoppinguer à tout moment, même le dimanche (je dis "entretenue" car les autres vont taffer le dimanche justement). On nous demande aussi de renoncer à notre salaire pour aider notre cher patron à régler les charges de son octuple résidence "secondaire" au Cap d'Agde (ben ouais, flûte alors, quand on est chef d'entreprise, on gagne beaucoup mais on a de grosses charges en contrepartie). On nous annonce ensuite que pour sauver son job, il va falloir consentir une baisse de 12 % de son salaire (ptain, les chômeurs ne connaissent pas leur chance avec une revalorisation de leur allocation de 1%).
Allons, soyons sérieux. Devrons-nous aussi hypothéquer nos baraques pour faire un don au MEDEF ? Prostituer nos enfants pour récolter des fonds ? Faudra t-il bientôt payer l'entreprise pour taffer, au nom de la grandeur de la "valeur travail" ? Non, nous ne cauchemardons pas, on nous demande vraiment de sacrifier notre vie, notre temps, notre santé, et même notre bon sens et notre instinct de survie pour permettre à une bande de négriers de conserver leurs privilèges.
25 juin 2009
Sans concession
Excellent.
Par Raoul
Chronique des haines ordinaires, Zap Magazine
Je hais les amuseurs de banquet.
Vous savez, tous ces êtres frustres persuadés d’avoir un talent incommensurable parce qu’ils sont capables de faire rire une tablée en ahanant le dernier sketch scatologique de Jean-Marie Bigard (Je dis Jean-Marie Bigard. Mais j’aurais aussi pu dire Anne Roumanoff ou Djamel Debouzze, mais l’une n’est pas drôle quand l’autre n’a pas de texte).
Comme vous le subodorez, je ne perdrais pas mon temps à poignarder la stupide fête de la Saint Valentin. D’abord je l’ai déjà fait et, moi, contrairement à tous les journalistes incapables de se renouveler et qui réécrivent, année après année, les mêmes mièvres articles de saison, je ne pratique pas le lamentable système dit du marronnier.
Ensuite, ma conception de l’amour devenant de plus en plus amer au fil du temps, des déceptions répétées, du manque de romanesque, des attentes jamais comblées, des explications foireuses, je ne fatiguerai pas ma plume – déjà sèche – avec un tel sujet que j’appelle d’ailleurs, très solennellement, à boycotter. Ou alors, si, mais seulement avec ce petit exercice de style.
La Saint-Valentin, définition : événement commercial fêtant un sentiment qui n’existe pas ; très apprécié par les veaux de tout poil, la Saint-Valentin est en réalité la fête des marchands qui peuvent, le 14 février, sournoisement doper leurs ventes sur le dos large et crédule desdits veaux.
Mais revenons au sujet qui nous intéresse. Enfin qui m’intéresse – j’écris d’abord pour moi si vous le permettez. C’est au cours de l’un de ces interminables repas inhérents aux fêtes de fin d’année que cette idée de chronique a jailli, puis s’est lentement dessinée dans mon esprit tourmenté. D’habitude, pour faire passer le temps, outre les coups de pied sous la table que j’envoie gaiement en direction des enfants qui pensaient y trouver refuge, je mange et je bois beaucoup en remuant la tête de bas en haut pour faire mine de participer aux discussions environnantes passionnantes, sur le nouveau papier peint de la cuisine, les bonus DVD du film "Bienvenue chez les ch’tis", ou sur, je cite de mémoire "les prises de positions courageuses de notre Président". Je réfléchis aussi au triste cheminement m’ayant conduit à participer à cette mascarade de réunion conviviale. Ou je m’interroge sur l’intimité des couples voisins. Ou, aux heures les plus sombres, je compte les doigts des convives (c’est un jeu très amusant, vous pouvez facilement faire des soirées à plus de 200 doigts. Parfois même, les soirs de veine, vous tombez sur des chiffres impairs). Bref, en résumé, je m’emmerde.
On m’accuse souvent d’être asocial, mais je fais comment, alors ? Je dis tout haut ce que je pense tout bas ? J’affirme que ce papier peint criard est le comble du mauvais goût, un mélange de ringardise et de m’as-tu vu, et donc qu’il ira très bien avec la cuisine et son couple de propriétaires ? Je fustige tous les pseudos amateurs du 7e art, avant de tenter de leur expliquer que " Bienvenue chez les ch’tis " est l’enfant honteux du cinéma français, et qu’en termes de réalisation, de jeu d’acteurs et de scénario, cette œuvre apocryphe sur les gens du nord ne vaut même pas un mauvais épisode de Navarro ? Et quid des positions dites courageuses de " leur " président ? Ils entendent par courage sa faculté à mentir, comme ses prédécesseurs, avec un aplomb extraordinaire, qui n’est pas, d’ailleurs, sans me rappeler quelques-uns de mes camarades prêts à dire n’importe quoi pour entraîner dans leur lit de naïves mais graciles jeunes femmes ? Dans les deux cas, les promesses n’auront engagé que ceux qui les écoutent. Et n’auront blessé que ceux qui y auront vraiment cru. Nous pataugeons dans un monde de mensonges où les autres nous renvoient en permanence une fausse image d’eux-mêmes. Le marketing et la vente forcée se sont étendus jusque dans les relations humaines de base. D’où mon affection tenace pour les perdants sans masque, les ratés lucides, les échoués aux yeux grand ouverts. Mais je m’égare.
Au cours de l’un de ces banquets, donc, un homme m’a donné l’inspiration. La clé. Il était là, hirsute, grossier, vitupérant des histoires graveleuses, monopolisant l’attention de tous, et provoquant l’hilarité d’une écrasante majorité. Oui, écrasante ! Car quoi de plus ostracisant que des rires que vous ne comprenez pas ou que vous jugez ridicules ? J’ai donc traversé ce moment de solitude en scrutant l’amuseur. Je le regardais agiter sans grâce ses longues mains, rire lui-même de ses effets pour entraîner ses voisins, et alors qu’il s’apprêtait à raconter l’histoire éculée des deux prostituées coincées dans un ascenseur (vous savez, avec l’une qui demande à l’autre pourquoi ça sent une drôle d’odeur et l’autre qui lui répond "excuse-moi, j’ai roté"…), je me suis dit que je le haïssais. Je haïssais cette forme de tyrannie. Je ne voulais plus me forcer à rire pour être courtois. Pour un tant soit peu adhérer à ce groupe. Je me suis levé, j’ai enfilé ma veste de cuir, j’ai marmonné que j’allais prendre l’air, et j’ai quitté la pièce. En refermant la porte d’entrée derrière moi, j’entendais encore leurs rires. Ils m’ont poursuivi jusqu’à chez moi. Jusque dans mon propre lit. Comme s’ils commentaient ma vie, mes choix, mes échecs.
30 janvier 2009
Ca décape... (au karcher)
Lu sur le blog de Charlotte
Source: Le blog de SuperNo
Tu ne comprends décidément rien! Tu ne vois pas ce que tu nous as fait ? Tu ne vois pas que la France entière est dans la rue ?
Tu étais peut-être resté sur ta petite déclaration autosatisfaite : “Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit”, qui vous faisait pouffer, toi et tes copains du Medef quand vous chipotiez du groin devant une coupe de champagne millésimé et quelques toasts au caviar. Eh bien les choses ont changé, comme tu le vois.
Peut-être pensais-tu, vraiment très naïvement alors, que tes envoyés spéciaux sur les ondes, Eric Woerth ou Laurence Parisot, qui emploient étrangement les mêmes termes, avaient la moindre chance de calmer la clameur populaire avec leur tes boniments à deux balles, du style “En période de crise, il faut être solidaire et se serrer les coudes, au lieu de descendre dans la rue”, ou alors “Si les salariés du privé ne sont pas au boulot le 29 janvier, c’est à cause des grèves dans les transports, et surtout pas parce qu’ils sont grévistes eux-mêmes“ ? On est sans doute un peu cons, mais faudrait tout de même voir à ne pas trop nous sous-estimer !
Tiens, la crise, parlons-en, de celle-là. Tu te lamentes sur le fait qu’elle t’a déjà pourri le quinquennat, qu’elle a coupé tes petites ailes au moment où tu voulais t’envoler. Mais pauvre bille, la crise, c’est toi et tes semblables qui l’ont créée ! Mais oui, c’est toi le père, mon gars, assume ! Cette crise, c’est la preuve par A+B que le capitalisme est fou, que le libéralisme n’a d’autre but que de faire monter les profits jusqu’à l’infini sans le moindre égard pour ceux qui les créent (c’est à dire essentiellement les travailleurs) et pour l’environnement dans lequel nous vivons. Tu l’as renié, le capitalisme ? Tu l’as renié, le libéralisme ? Quoi, le G20 et “la refondation du capitalisme“ ? Ouah, le foutage de gueule ! Même ton pote DSK vient de dire que rien n’avait changé depuis ton G20 ! Alors ferme ta gueule et aie au moins la décence de reconnaître ta part de responsabilité.
Ca ne t’interpelle pas de voir tous ces gueux dans la rue ? Pourtant, beaucoup d’entre nous avions voté pour toi… Faut-y être con, au passage ! On avait cru, pauvres andouilles, que tu allais t’intéresser à nos petits problèmes, à nos petits salaires, à nos petites retraites, à nos petits tracas quotidiens… Mais on a bien vu qu’il n’y a que les rupins qui t’intéressent ! En dessous d’un million d’euros, on ne compte même pas pour toi, on n’est qu’une merde, un raté ! Sauf que ça doit pourtant être 99.9% de la population, excuse du peu… Alors ton cinéma au Fouquet’s, ton yacht, tes vacances chez les milliardaires, ta Rolex et tes poules de luxe, on en a ras la casquette ! Et s’il n’y avait que ta vie privée : en politique, c’est kif-kif ! Ta première mesure a été le paquet fiscal, tellement scandaleux qu’on se demande comment on a pu laisser passer ça… Et tout ce que tu as fait depuis, faut pas croire, on a bien vu que ce n’était que pour avantager tes copains milliardaires des médias, des multinationales, des banques…
Non, nous ne sommes pas tous dans la même galère. Ou alors si, mais ce sont toi et ceux de ta clique qui tiennent le fouet, et nous qui ramons ! (merci au syndicaliste CGT de chez PSA qui a sorti ça chez Demorand ce matin …)
Tu crois qu’on te trouve crédible, pour nous sortir de la crise ? Tu crois qu’on va se prosterner à tes petits pieds quand on te voit dépenser de nouveaux paquets de milliards d’argent public (c’est à dire qui NOUS appartient !) pour tes potes banquiers, ou alors pour tes amis “entrepreneurs”, qui se servent du prétexte de la crise pour licencier, anticipant les “plans sociaux” déjà planifiés, et ainsi atteindre les objectifs d’augmentation de productivité dictés par tes camarades actionnaires ? Tu crois qu’on va te vénérer quand dans le même temps tu rognes nos retraites (que tu voudrais qu’on repousse à 70 ans, après avoir bossé toute notre vie y compris le dimanche !), nos remboursements de sécu ou que tu supprimes nos lycées, nos bureaux de poste, nos tribunaux et nos hostos, au nom du libéralisme et de la sacro-sainte “rentabilité” ? Le même libéralisme qui fait monter les loyers au prix du caviar, tout comme les fruits, les légumes et la bidoche, alors que dans le même temps les producteurs n’arrivent même plus à vivre de leur boulot ?
Et la planète de demain que tu nous prépares, hein ? C’est bien beau de minauder devant Al Gore ou à la tribune de l’ONU ! C’est bien beau d’envoyer des écrans de fumée avec ton “Grenelle de l’environnement” ! Mais la réalité elle est là : tout ce qui t’intéresse, c’est la production, la croissance, la consommation… Les bagnoles, les autoroutes et les centrales nucléaires ! Et surtout le pognon que tes potes vont en retirer. Le voilà, ton environnement. Pendant ce temps-là les gueux se lamentent devant les tempêtes, les bobos se lamentent devant les ours blancs qui disparaissent, et tout le monde mûrit son cancer en bouffant des OGM ou des pommes avec 27 couches de pesticides.
Tu crois que ça s’est pas vu, tes atteintes à la démocratie et aux libertés ? Tu crois qu’on est tous des fachos, et qu’on trouve ça bien, d’enfermer des femmes, des enfants, des pauvres gens, dans d’infâmes et honteux centres de retention, avant de les renvoyer à leur misère dans un pays lointain? Tu crois qu’on est d’accord avec ta façon de t’asseoir sur le résultat des référendums européens, ta volonté de nommer toi-même des directeurs de chaînes publiques à ta botte (ceux des chaînes privées le sont évidemment déjà), et de supprimer les juges d’instruction qui pourraient farfouiller dans tes petites affaires ou celles de ceux qui te sont chers ? Ta manière d’embastiller de doux rêveurs gauchistes en les traitant de “terroristes” ? Ton obsession de discréditer les organisations syndicales en les qualifiant d‘“irresponsables”, comme un écho à tes potes de TF1 qui les traitent de “preneurs d’otages” ? Tu crois que ça va passer comme ça, comme si de rien n’était ? Tu crois que c’était malin de libérer en loucedé ton pote le barbouze Marchiani en pleine période de Noël, pendant que la France est occupée à fourrer sa dinde et à racler son porte-monnaie pour acheter un GPS à la tante Ursule ? En tout cas, tout le monde va pouvoir constater que tes rodomontades sur le service minimum, c’est du flan, comme 99% de tes mesures, petit matamore des bacs à sable !
Et puis t”as pas honte de nous infliger à la télé des gros nazes comme Frédéric Lefebvre, Christine Lagarde, Brice Hortefeux, Bernard Kouchner, Rachida Dati, Xavier Darcos, Luc Châtel, Eric Besson, Roselyne Bachelot ou Bernard Laporte (liste non exhaustive) ? Tu ne croyais quand même pas qu’avec leur morgue, leur incompétence, leur veulerie, voire leur ridicule, ils allaient contribuer à ta popularité ? Ou alors les aurais-tu choisi aussi nuls pour te mettre en valeur ? Tu en es bien capable !
Tu as surtout cru que l’insondable nullité et le discrédit total des “socialistes” te donnait un boulevard pour exercer impunément tes coupables activités jusqu’en 2012, voire au-delà ? C’est vrai que vu le niveau de celle que les médias t’ont imposée comme adversaire, l’élection n’avait pas été trop pénible, et que tu t’es bien amusé avec eux depuis lors ! Non mais franchement, tu ne crois pas qu’on peut s’en passer, des “socialistes” ? Fais gaffe, mon p’tit gars, une nouvelle opposition pourrait bien se lever, qui pourrait être un peu moins accommodante pour toi et tes combines !
Tu ne vois pas que même dans ton camp ils commencent à comploter dans ton dos, ceux-là même qui te léchaient si ostensiblement le fion tant que tu étais en réussite ? Méfie-toi, p’tit bonhomme ! Bientôt, ils vont faire mine de ne plus te connaître, et ils n’attendront plus que le moment de te piétiner, de te lyncher, simplement pour te piquer ta place… et faire naturellement la même politique que la tienne, car ils n’en connaissent pas d’autre et n’ont aucun intérêt à en imaginer une autre, puisque celle-ci leur réussit si bien…
Au plan international, tu as profité de la déchéance de Bush pour jouer au roi du Monde. Mais c’est fini, Obama est là maintenant, et à côté de lui tu as parfaitement l’air de ce que tu es vraiment : un petit minable sans importance, un paltoquet sans envergure qu’aimerait bien avoir l’air mais qu’a pas l’air du tout… Et puis franchement, tu crois que tu t’es grandi à fricoter ostensiblement avec Kadhafi, Bongo, Poutine, Al Assad et même Bush ? Ou à baisser ton froc devant Hu Jintao pour lui fourguer des airbus et des centrales nucléaires ?
Allez, ouste ! Du balai, on ne t’a que trop vu ! Ecoute la rue, écoute le petit peuple, entends ce troupeau de purotins qui gueule son désespoir, et retourne dans ton petit cabinet d’avocats de Neuilly ! Il se trouvera bien quelques-uns de tes anciens amis, ceux qui ont leur siège social près de chez toi, pour avoir pitié et te garantir quelques millions d’honoraires, pour te permettre de payer ton loyer, de rester propre et de continuer à faire semblant…
Plus dure sera la chute, pauvre présomptueux ! Tu ferais bien de commencer à surveiller l’agenda de Carla, à lire ses SMS en douce… Ce genre de nana, ça ne supporte pas les losers. A bon entendeur !
10 décembre 2008
Pour recevoir, il faut donner...
A première vue, le poncif suinte l'évidence lumineuse, la sagesse sereine, la fluidité de l'échange. Recevoir, donner. On ne peut que s'incliner. C'est beau.
Lorsqu'on vous dit ça, il faut cependant marquer un temps d'arrêt, c'est plus prudent. Bien écouter ce qui est dit entre les mots. Alors on entend comme un grincement dans l'articulation de la phrase: "pour", "il faut". Sous-entendu, bien entendu : "si tu ne reçois pas, c'est que tu ne donnes pas (assez)". Il faut donc donner plus ! C'est un appel au don, à la générosité, à l'altruisme ! Donnez, donnez, de toute façon, dieu vous le rendra…
Après réflexion, on se dit que cette expression c'est au final une magnifique définition de la "poire"... et puisqu'on est dans le registre de la métaphore fruitière, je vous le demande: a t-on jamais vu un citron "recevoir" après avoir "donner" tout son jus et cracher tous ses pépins ? Par observation, je dirai que la plupart du temps, il finit en pelures au fond d'une poubelle, ou au mieux, s'il tombe sur un écolo malin, sa peau trouve une seconde vie dans le récurage des fonds de casseroles. Mais après ça, rien à faire, son destin le rattrape, poubelle toute !
Donc tu peux être sûr que celui qui te sort la petite sentence "pour recevoir, il faut donner", lui ne donne jamais sans l'assurance de recevoir. Car il ne donne QUE POUR recevoir, c'est son fonctionnement. Et quand, dans ta grande magnanimité, tu acceptes de lui donner en premier, il ne doute pas une seconde que tu le fais aussi POUR recevoir et prendra donc un malin plaisir à attendre de voir jusqu'où tu peux donner sans rien recevoir, c'est toujours ça de pris. Il te lâchera un bout de carotte quand tu auras atteint ta limite et que tu seras vraiment sur le point de lui exploser à la gueule et de claquer la porte, hop, quelques miettes histoire de te redonner un peu d'espoir en l'humanité et en la fameuse phrase que ton esprit n'arrive pas à remettre en question. Histoire que tu lâches encore un peu de toi pour la gloire. C'est la nouvelle tendance universelle du "donner pour recevoir": la marchandisation des rapports, des relations, à tous les niveaux, dans tous les domaines. Que peux-tu m'apporter ? Es-tu un bon investissement ? Quelles sont tes relations ? Après quoi tu cours ? Lequel de mes besoins peux-tu remplir ? Il faut faire des affaires, il faut faire LA bonne affaire, celle qui rapporte le plus pour un investissement minimal. Rentabilité. Profit. Efficacité. Faire un bon mariage avec un bon parti. Trouver la personne qui prendra en charge la partie de notre vie dont la gestion nous emmerde. Echange de bons procédés. Relations d'utilisation mutuelle et consentie. Avoir un bon réseau relationnel. Recruter un bon profil.
Pour recevoir, il faut donner. Certes il est normal et plutôt sain d'espérer recevoir quand on donne. Et quand on recherche l'échange ou le partage, on se rend rapidement compte de la non réciprocité. On est ensuite libre de ses choix, ou prisonnier de ses illusions. Mais le problème, c'est quand ça devient le but de la manoeuvre. Donner POUR recevoir. POUR recevoir, IL FAUT donner. Rapport marchand.
Recevoir et donner, c'est une alchimie qui ne peut naître que dans la confiance, l'en-vie réciproque et l'équilibre d'une relation égalitaire. Ce sont des choses avec lesquelles on ne peut pas tricher, qui viennent à soi pour ce que l'on est et que l'on perd aussitôt que l'on se perd soi, que l'on se vend ou que l'on achète l'autre. Tout ce qui est gratuit et qui donc, n'a pas de prix...
14 novembre 2008
"Je refuse d'obéir !"
Lu sur le site de Charlotte
Source: Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école
A méditer. Et à diffuser !
Lettre d'un instituteur à son inspecteur :
Colomiers, le 6 novembre 2008
Monsieur l'Inspecteur,
Je vous écris cette lettre car aujourd'hui, en conscience, je ne puis plus me taire ! En conscience, je refuse d'obéir.
Depuis un an, au nom des indispensables réformes, un processus négatif de déconstruction de l'Education Nationale s'est engagé qui désespère de plus en plus d'enseignants. Dans la plus grande précipitation, sans aucune concertation digne de ce nom, au mépris de l'opinion des enseignants qui sont pourtant les « experts » du quotidien sur le terrain, les annonces médiatiques de « réformes » de l'école se succèdent, suscitant tantôt de l'inquiétude, tantôt de la colère, et surtout beaucoup de désenchantement et de découragement. La méthode est détestable. Elle témoigne de beaucoup de mépris et d'arrogance vis-à-vis de ceux qui sont les premiers concernés. La qualité d'une réforme se juge autant par son contenu que par la façon dont est elle est préparée, expliquée et mise en oeuvre. L'Education Nationale n'est pas l'armée ! Il n'y a pas d'un côté ceux qui décident et d'un autre côté ceux qui exécutent ! L'honneur de notre métier est aussi de faire œuvre de raison, de critique et de jugement.
Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Le démantèlement pensé et organisé de l'Education Nationale n'est plus à démontrer tant les mesures décidées et imposées par ce gouvernement l'attestent au grand jour : des milliers de suppressions de postes qui aggravent une situation d'enseignement déjà difficile, la diminution du volume horaire hebdomadaire, la préférence accordée à la semaine de 4 jours, pourtant dénoncée par tous les chronobiologistes, l'alourdissement des programmes scolaires malgré une rhétorique qui prétend le contraire, la suppression des IUFM, la disparition annoncée des RASED alors qu'aucun bilan de leur action n'a été réalisé, la réaffectation dans les classes des enseignants travaillant pour les associations complémentaires de l'école, ce qui mettra à bas grand nombre de projets éducatifs dont l'utilité n'est plus à démontrer, la mise en place d'une agence chargée du remplacement avec l'utilisation de vacataires, la création des EPEP où les parents et les enseignants seront minoritaires dans le Conseil d'Administration, la dévalorisation du métier d'enseignant dans les écoles maternelles et les menaces qui pèsent sur celles-ci, la liste est longue des renoncements, des coupes franches et finalement des mauvais coups portés à notre système éducatif. Sans compter, ce qui m'est le plus insupportable, l'insistance à dénoncer le soit disant « pédagogisme », c'est-à-dire les mouvements pédagogiques qui, depuis des décennies, apportent des réponses innovantes, crédibles, raisonnables à l'échec scolaire.
Le démantèlement des fondements de l'Education Nationale est un processus que je ne peux accepter sans réagir. L'objet de ma lettre est de vous informer que je ne participerai pas à ce démantèlement. En conscience, je refuse de me prêter par ma collaboration active ou mon silence complice à la déconstruction d'un système, certes imparfait, mais qui a vocation à éduquer et instruire, à transmettre tout autant un « art de faire » qu'un « art de vivre », en donnant toutes ses chances à chaque élève, sans aucune distinction.
1. Les « nouveaux » programmes constituent une régression sans précédent. Ils tournent le dos à la pédagogie du projet qui permet aux élèves de s'impliquer dans les savoirs, de donner du sens à ce qu'ils font, de trouver des sources de motivation dans leur travail. Cette vision mécaniste et rétrograde des enseignements, qui privilégie l'apprentissage et la mémorisation, va certainement enfoncer les élèves en difficulté et accentuer l'échec scolaire. Ces programmes sont conçus pour pouvoir fournir des résultats « quantifiables, publiables et comparables » Or, « en éducation, tout n'est pas quantifiable, ni même évaluable en termes d'acquisitions immédiatement repérables ». (Philippe Meirieu). Nous sommes bien dans une logique d'entreprise et de libéralisation de l'école. Désormais, les enseignants seront évalués sur les progrès des acquis des élèves, c'est-à-dire sur la progression des résultats chiffrés. C'est notre liberté pédagogique qui est ainsi menacée. Dans la mesure où les programmes de 2002 n'ont fait l'objet d'aucune évaluation sérieuse et que d'autre part nous ne savons toujours pas qui a élaboré et rédigé les programmes 2008, d'ailleurs sans aucune concertation digne de ce nom, nous sommes en présence d'un déni de démocratie et de pédagogie. Pour toutes ces raisons, je considère que ces programmes sont totalement illégitimes. C'est pourquoi en conscience, j'ai décidé de ne pas les appliquer et de continuer à travailler dans l'esprit des programmes de 2002.
2. Tout particulièrement, je refuse de m'inscrire dans la logique d'une « Instruction morale et civique » aux relents passéistes. C'est une insulte faite aux enseignants et aux élèves de penser que l'inscription d'une règle de morale au tableau, apprise par cœur par les élèves, fera changer un tant soit peu leur comportement ! Aujourd'hui, plus que jamais nous avons besoin de mettre en place dans nos classes des dispositifs qui offrent aux élèves la possibilité de se connaître, de se rencontrer, d'échanger, de se respecter. Nous avons besoin d'une éducation au vivre ensemble, car si nous ne le faisons pas, qui le fera ? L'éducation citoyenne est l'un des piliers de l'école pour construire une société ouverte, démocratique et libérée de l'emprise de la violence. La priorité aujourd'hui est d'apprendre aux élèves à se respecter, à réguler positivement les inévitables conflits du quotidien par la parole, la coopération, la médiation. Aujourd'hui, comme hier, en conscience, j'ai fait le choix d'une éducation citoyenne qui permette aux élèves de découvrir leur potentiel créatif et émotionnel au service du mieux vivre ensemble.
3. La réduction du volume horaire de la semaine scolaire de 26h à 24h apporte des bouleversements tels dans l'organisation des écoles, qu'il faut aujourd'hui parler de désorganisation structurelle. Le dispositif d'aide personnalisée pour « les élèves en difficulté » n'est qu'un prétexte démagogique pour supprimer les RASED. Ce dispositif porte un coup fatal à la crédibilité du métier d'enseignant. En effet, de nombreuses expériences pédagogiques d'hier et d'aujourd'hui ont montré et montrent que la difficulté scolaire se traite avec efficacité avec l'ensemble du groupe-classe, dans des dynamiques de coopération, de tutorat, de travail différencié, d'ateliers de besoin, etc. Le dispositif actuel considère que la difficulté doit être traitée de façon « médicale », avec un remède individuel, en dehors de toute motivation et de tout projet de classe. C'est une grave erreur. Ce dispositif est une faute contre l'esprit et la pédagogie. Dès la rentrée, en conscience, je n'appliquerai pas ce dispositif d'aide personnalisée tel qu'il est actuellement organisé. Ces deux heures seront mises à profit pour mener à bien un projet théâtre avec tous les élèves de la classe, répartis en demi-groupe, le mardi et le vendredi de 15h30 à 16h30, ceci avec l'accord des parents.
4. Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires à destination des élèves de CM1 et CM2 sont eux aussi des dispositifs scandaleux et démagogiques destinés à caresser l'opinion publique dans le sens du poil. Mis en place sous le motif populiste qu'il est anormal que seuls les riches peuvent se payer des heures de soutien scolaire (dixit notre ministre), ces stages dont certains ne seront pas animés par des enseignants, ne règleront en rien l'échec scolaire. Ils sont destinés à appâter les enseignants qui souhaitent effectuer des heures supplémentaires avec bonne conscience, alors que dans le même temps des milliers de postes sont supprimés, aggravant ainsi les conditions de travail dans les écoles. Parce que je respecte profondément les élèves qui ont des difficultés et leurs parents et que je suis persuadé que ce dispositif est néfaste, je continuerai à refuser de transmettre des listes d'élèves pour les stages de remise à niveau.
5. La loi sur le service minimum d'accueil dans les écoles les jours de grève n'est pas autre chose qu'une loi de remise en question des modalités d'application du droit de grève. Il est demandé aux enseignants de se déclarer gréviste 48h avant la grève afin que ce service minimum d'accueil puisse se mettre en place. Ce qui signifie clairement que les enseignants doivent collaborer à la remise en cause du droit de grève ! On ne saurait être plus cynique ! La commune de Colomiers ayant décidé de ne pas organiser ce service minimum d'accueil les jours de grève, il devient inutile de se déclarer 48h avant. En conscience, je ne me déclarerai pas gréviste à l'administration et j'informerai les parents trois jours avant de mon intention de faire grève.
Dans son dernier ouvrage, « Pédagogie : le devoir de résister », Philippe Meirieu écrit : « Nous avons le devoir de résister : résister, à notre échelle et partout où c'est possible, à tout ce qui humilie, assujettit et sépare. Pour transmettre ce qui grandit, libère et réunit. Notre liberté pédagogique, c'est celle de la pédagogie de la liberté. […] Nous n'avons rien à lâcher sur ces principes pédagogiques. Car ils ne relèvent pas de choix passagers de majorités politiques, mais bien de ce qui fonde, en deçà de toutes les circulaires et de toutes les réformes, le métier de professeur dans une société démocratique.
Et devant les errances de la modernité, le professeur n'a rien à rabattre de ses ambitions, bien au contraire… Face à la dictature de l'immédiateté, il doit travailler sur la temporalité. Quand, partout, on exalte la pulsion, il doit permettre l'émergence du désir. Contre les rapports de force institués, il doit promouvoir la recherche de la vérité et du bien commun. Pour contrecarrer la marchandisation de notre monde, il doit défendre le partage de la culture. Afin d'éviter la sélection par l'échec, il doit incarner l'exigence pour tous.
Personne ne prétend que la tâche est facile. Elle requiert détermination et inventivité. Echanges, solidarité et travail en équipe. Elle exige du courage. Et la force de nager à contre-courant. Il ne faut pas avoir peur de la marginalité. Car, plus que jamais et selon la belle formule de Jean-Luc Godard, « c'est la marge qui tient la page. » »
Si aujourd'hui je décide d'entrer en résistance et même en désobéissance, c'est par nécessité. Pour faire ce métier, il est important de le faire avec conviction et motivation. C'est parce que je ne pourrais plus concilier liberté pédagogique, plaisir d'enseigner et esprit de responsabilité qu'il est de mon devoir de refuser d'appliquer ces mesures que je dénonce. Je fais ce choix en pleine connaissance des risques que je prends, mais surtout dans l'espérance que cette résistance portera ces fruits. J'espère que, collectivement, nous empêcherons la mise en œuvre de ces prétendues réformes. Cette action est une action constructive car dans le même temps il s'agit aussi de mettre en place des alternatives pédagogiques concrètes, raisonnables et efficaces.
Monsieur l'Inspecteur, vous l'avez compris, cette lettre n'est pas dirigée contre vous, ni votre fonction, mais je me dois de vous l'adresser et de la faire connaître. Le propre de l'esprit responsable est d'agir à visage découvert, sans faux-fuyant, en assumant les risques inhérents à cette action. C'est ce que je fais aujourd'hui.
Je vous prie de recevoir, Monsieur l'Inspecteur, l'assurance de mes sentiments déterminés et respectueux.
Alain REFALO
Professeur des écoles
Ecole Jules Ferry, Colomiers (31)
Lettre adressée à Mr l'Inspecteur de l'Education Nationale de la 17ème circonscription de la Haute-Garonne.
Voir également, entre autres articles disponibles sur le site "Résistance pédagoqique pour l'avenir de l'école":
John Rawls : la justification de la désobéissance civile dans une démocratie
La désobéissance civile, une radicalité constructive
Apprendre à désobéir
Lettre d'un Directeur d'école: "C'est décidé, j'entre en résistance !"
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17 novembre 2008: Les suites de la lettre...
"Il est évident que ce qui embarasse aujourd’hui le Ministère c’est la publicité donnée à cette lettre, sa diffusion comme une trainée de poudre sur internet."
06 novembre 2008
Duconlajoie
" C’est la première chose que m’a apprise Sarkozy : en politique ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on vous donne, c’est ce que l’on prend "
" Vous l’aurez compris je n’ai pas pour habitude de regarder passer les trains, mais bien au contraire de tout assumer. Mes doutes, mes échecs, mais aussi mes idées… et mon ambition "
(Source: Jean-François Copé-coller de Sarkozy)
Voilà de ces petites phrases qui vous donnent un coup de speed après le café. Y a rien à faire, la mentalité petit manager dégoulinant de zèle et débordant de niac, je m’y fais pas. Il a bien appris ses leçons le Copé, mais il est pas encore sorti de son bac à sable où il rejoue le drame de sa petite enfance, quand il s’est pris un coup de pelle dans le menton après s’être fait piquer son seau en plastique. Bref, il a pas tout compris. La politique, c’est représenter des électeurs et se mettre à leur service, alors on s’en secoue le baba de savoir ce qu'il assume ou ce qu'il prend, le train ou autre. C'est fou ça. Ce qu’il ne pige pas Maître Corbeau, c’est que de là où il s'est perché, non seulement on voit sous sa robe mais quand il postillonne, c'est sur UN PAYS TOUT ENTIER ! Alors c’est pas lui qui "assume" les conséquences de ses délires de mégalo mais NOUS, la France d'en bas comme dirait l'autre ! Et franchement on s'en tape le bourrichon de son ambition. Qu’il aille donc faire un stage de survie dans la jungle amazonienne ou s’inscrire à Koh Lanta s’il veut se prouver qu’il en a, et puis qu’il aille aussi faire une bonne psychanalyse pour exorciser ses conflits d’ado en mal de figure paternelle, mais Y EN A MARRE DES MALADES QUI SE FONT MOUSSER AU POUVOIR !
18 octobre 2008
Excellent ! A relayer !
Voici un article publié sur le blog Le Monolecte, que vous avez peut-être déjà vu passer d'ailleurs, car il a fait un sacré buz sur le net, et a déjà été repris par pas mal de monde. Mais tant pis, j'en remets une couche !
Ceci n'est pas une crise ! Par Agnès Maillard, jeudi 9 octobre 2008
Depuis quelques jours, il y a un concert de tamtam dans la volière et c'est la panique à bord. Il n'est plus possible d'avoir la moindre petite connexion médiatique (journaux, radio, TV, web) sans se retrouver littéralement submergé par un tsunami de hurlements échevelés : c'est la crise, c'est la crise, c'est la crise !
Ça a l'air de franchement chier dans le ventilo, vu comme cela...
Sans rire, vous n'en avez pas marre de vous faire dicter vos actions et émotions par les mêmes guignols, ceux-là mêmes qui ont rabâché sans rire pendant des années que le libéralisme et la dérégulation sont bons pour notre poil, qu'un bon citoyen est un citoyen qui se vautre comme un goret dans la consommation à outrance et à crédit, s'il vous plait, qu'il faut aimer les riches et les patrons, parce que ce sont eux les forces vives, eux qui créent la richesse, laquelle, si elle est assez abondante au sommet finira par ruisseler doucement jusqu'aux assoiffés parqués sous la table du banquet ? Cette agitation à la limite du Tourette viral serait drôle si elle n'était aussi pathétique.
Mais, putain, c'est la crise !
À les écouter, on va tous se retrouver dans une galère pire que dans un roman qui aurait été écrit par Steinbeck, Dickens et Zola réunis. Il ne nous reste qu'une issue : les écouter, approuver leurs plans de relance et filer sans moufter le blé que nous avons épargné, mois après mois, années après années, péniblement, sur les maigres subsides qui nous tiennent lieu de salaires. Car ce sont les mêmes, qui se foutaient de la gueule des Cassandres qui prétendaient que les arbres de l'immobilier ne peuvent monter jusqu'au ciel, qui ramènent leur science aujourd'hui pour nous expliquer qu'ils nous l'avaient bien dit (même pas le courage de leurs erreurs et aveuglements, ces faisans!) et que pour s'en sortir, il faut filer plein, plein de pognon à leurs petits copains qui se sont bien gavés, jusqu'à vidanger le système et nous précipiter dans... la récession. Ouf, voilà, le gros mot est lâché.
C'est pire qu'une crise, ce qui nous arrive, c'est une putain de récession, avec des millions de chômeurs, des boîtes qui ferment partout, des cantines compassionnelles pour pauvres et des SDF plein les rues des villes... comme d'hab', quoi!
Parce qu'en fait, la crise n'est pas le problème, elle est le mode normal de fonctionnement du capitalisme. Le scénario est toujours le même : des mecs qui ont l'argent et qui avec, veulent en gagner toujours plus, des montages financiers qui reposent sur du vent, l'emballement de la machine, le mythe de la croissance infinie dans un monde parfaitement fini, la prédation de tous contre tous, la montée des inégalités, le déferlement de la misère, encore plus de concentration de pouvoir et d'argent, le blanc-seing des politiques à cette curée hargneuse, la collaboration féroce des porte-flingues, des traîtres à leur classe, des sans-grade qui prennent les strapontins pour des marches-pieds, des politicards qui vont à la soupe avec la même avidité qu'ils envoient leurs électeurs benêts à l'équarrissage, et au bout du compte et des mauvais calculs, le château de cartes s'effondre sur la piétaille pendant que les nantis organisent la faillite des nations pour se refaire avant le prochain tour de poker menteur.
Personnellement, je n'en ai rien à cirer de leur crise : je suis tombée dedans quand j'étais petite. Un soir, mon père est rentré du boulot avec une 4L. Il avait revendu, pour cause de crise du pétrole, la Commodore, la belle américaine morfale à la gigantesque banquette arrière où je m'allongeais pour les longs trajets.
Depuis ce moment-là, ça a toujours été la crise : éteindre la lumière en sortant d'une pièce, pour économiser, mettre un gilet en hiver plutôt que de monter le thermostat, bosser dur à l'école pour échapper au chômage galopant, collectionner les diplômes et les emplois de merde sous-payés, des loyers qui grimpent avec des revenus qui stagnent au mieux, toujours rogner, accepter le SMIC comme plafond de verre et renoncer, petit à petit à toujours plus de choses : les sorties, les restos, les loisirs, les journaux (ça, ça a été facile!), les fringues, les déplacements, les livres (ça, ça a été vraiment dur!), les soins, le chauffage... Là, il ne reste plus grand-chose à rogner en dehors de la bouffe et du logement, mais même ce peu, ça fait encore envie aux charognards.
La récession guette les classes moyennes prévoyantes qui avaient placé leur éconocroques dans des PEA pour leur faire gicler au moins du 15 % par an ? Vont-ils devoir renoncer à la résidence tertiaire ? Aux vacances d'entre saisons à Saint-Domingue (là où la vie des larbins est moins chère). Nous sommes des millions en face à nous être serrés la ceinture cran après cran, depuis des années, pour leur servir leur putain de 15%, puis 20, puis 30%... jamais assez et jamais envie de savoir d'où vient le fric. C'est bien connu, quand tu ne sais pas, tu n'es pas coupable, même pas complice. Suffit de regarder ailleurs, de prendre l'oseille et d'en profiter à fond les ballons, comme Louis, le gentil retraité que décrit François Ruffin dans son livre La guerre des classes. Tout content d'avoir triplé sa mise en PEA en 10 ans et refusant de voir le lien avec l'explosion des bas salaires, des temps partiels, du chômage, des Smicards. Pas voir, tout prendre.
L'économie Gillette
Bref, la crise, c'est la leur. La récession, c'est un petit coup de canif dans le bling-bling, c'est juste un nouvel écrémage de vainqueurs dans le petit lot de ceux qui pensaient avoir réussi à s'extraire au-dessus de la masse laborieuse et souffrante, c'est un réajustement de compteurs. Il ne faut pas croire que le fric a disparu. L'argent ne s'est pas évaporé, ce sont les promesses de gains anticipés sur notre travail réel qui ont été réétalonnées, un temps, sur l'économie réelle. Parce qu'ils ne peuvent finalement pas nous prendre plus de fric que celui qu'ils consentent encore à nous lâcher, fort parcimonieusement, par ailleurs. C'est ça, la crise des subprimes. L'étonnement de voir que les pauvres payés au lance-pierre n'allaient pas pouvoir payer 2 fois leur valeur des baraques qui coûtent déjà plus d'une vie de labeur. C'est sûr, quelle surprise !
La vraie surprise, pourtant, pour les loqueteux, ça aurait dû être de découvrir que l'argent qui manquait connement il y a quelques jours pour leur éviter de crever la bouche ouverte, cet argent aujourd'hui sort de partout pour colmater les dettes de jeu de ceux qui avaient pourtant déjà tout. Pas de fric pour l'école, la recherche, la santé, les retraites, les banlieues, les chômeurs, les fonctionnaires. Mais 10 fois, 100 fois, 1000 fois plus de fric, comme ça, au débotté, pour combler les fouilles des banquiers. Ça, ça devrait être la putain de surprise, la vraie leçon de la crise. Et où comptent-ils trouver tout ce pognon qui leur faisait si cruellement défaut quand on en avait besoin pour honorer de simples engagements de l'État devant les citoyens ? Ils hésitent : le livret A, le LEP... les petits bas de laine des gagne-petit. Plus une dette supplémentaire qu'il n'est plus subitement honteux de faire peser sur notre descendance. La dette pour les investissements humains, c'est mauvais. La dette pour nourrir l'ogre financier, c'est bien.
Le capitalisme, c'est comme les rasoirs Gillette : une première lame pour bien choper le pauvre et une seconde pour lui faire les poches. Puis une troisième, au cas où la seconde aurait oublié du pèze dans les coins inaccessibles. Et pourquoi pas une quatrième, pendant qu'on y est ? Pour finir d'essorer le pauvre avant qu'il ne se rétracte. Directement dans le vif.
Tout ce qui compte, c'est de nous maintenir dans un état de panique permanent : le chômage, les talibans, la crise. Qu'on ait bien peur et que l'on soit prêt à suivre n'importe quel dogme, du moment qu'il sort de la bouche d'un homme providentiel. Pour que l'on soit dans l'urgence, pas dans la réflexion : vite, on est dans la merde, videz vos poches... heu, mais pas vos comptes en banque (on en a encore besoin !)
. Il nous faut avoir peur de la misère noire qu'annonce la crise qui déferle. Cette crise qu'ils nous agitent sous le nez comme une mulletta pour que nous ne voyons pas que les seuls perdants, c'est nous, que le fric qui est aspiré goulûment par les boites noires commodément opaques des chambres de compensation, c'est le nôtre, que leur richesse, c'est notre pauvreté, qu'ils ont absolument besoin de nous pour continuer de la même manière alors que nous n'avons pas du tout besoin d'eux pour vivre mieux.
Parce que nous n'avons pas besoin d'eux et de leur système confiscatoire mortifère, alors qu'eux colonisent nos vies pour bâtir leurs fortunes.
Pas besoin d'eux pour construire autre chose, ici et maintenant.
Et les laisser dans leur merde.
Ce n'est pas une crise, c'est une révélation. Ce n'est pas le chaos, c'est la revanche du réel. Ce n'est pas la fin, mais peut-être bien le début.
Ils vont tenter de nous vendre au prix du sang leur monnaie de singe et leurs rêves de pierre, pour perpétuer le système. Le leur. Celui qui leur profite.
La vraie révolution, c'est de cesser de les croire, ne plus avoir peur et passer à autre chose, maintenant, ici et partout.
C'est pour cela que l'âge de la critique se termine ici et que commence enfin l'âge de faire.
07 août 2008
Beurk
Empilement de paillassons made in France devant la Chine qui a les semelles bien crottées il faut le dire, mais ça ne fait pas peur à Sarkozy qui continue de retourner sa veste dans tous les sens pour trouver un petit centimètre carré non souillé à offrir à nos nouveaux investisseurs, ce qui devient de plus en plus compliqué, vu que sur sa veste, beh y aura bientôt plus que le train qui y sera pas passé dessus (quoique la Chine vient de lancer une nouvelle génération de TGV, donc je parle peut-être un peu vite). Mais pas de problème, la veste de Sarkozy sent pas très bon, Raffarin lui prête son pantalon ! Sarkozy est « un homme d’état qui assume ses choix » ! tonne t-il, l’index levé, l’œil cerné. Yes ! On sait, on sait, t’as pas inventé le concept pépère. Ca commence à être un peu rouillé cette histoire de « je suis con et minable, mais je m’assume pleinement», mais c’est histoire de donner un petit coup de langue quoi, on comprend bien. Et puis comme tu dis, Nicolas Sarkozy ne fait donc qu'observer la « trêve antique que les Grecs respectaient » lors de la tenue des Jeux olympiques, et ce qui compte après tout, c’est que « l'image des Français ne soit pas durablement attaquée auprès des Chinois ». C’est bon, tu nous as convaincu, tu peux aller te rhabiller, n’oublie pas ton pantalon.
Rappelons quand même qu’il y a peu, Sarkozy se dressait sur ses ergots de coq nain vexé en déclarant à la Chine que personne ne pouvait lui « interdire » de rencontrer un prix Nobel comme le Dalaï Lama. Mais là aussi on comprend que c’est quand même plus sympa de se pavaner dans les tribunes de la cérémonie d’ouverture des JO et de saluer la flamme moribonde. Mais attention c’est lui qu’a pris la décision tout seul, rien à voir avec l’injonction de la Chine hein, Sarkozy il fait ce qu’il veut, na. Et puis le tibétain, c’est sa meuf qui va s’en charger, comme au temps de Cécilia et de ses infirmières. Là c’est Carla qui lui chantera une berceuse, il trouvera sûrement ça charmant.











