Transition

"Il faut avoir un chaos en soi-même pour accoucher d'une étoile qui danse" (Nietzsche)

08 juillet 2009

Société malade

78,4 % d’admis au bac. Un meilleur cru que l’an passé, nous dit-on. Les correcteurs adaptent leur niveau d’exigence aux directives gouvernementales et les français deviennent de plus en plus intelligents. C’est magique, c’est ça le progrès.

Meilleur taux de réussite dans les filières scientifiques comme d’habitude, la filière des « bons » avec les maths en coeff 9 et la philo en coeff 2, ceux qui ont un cerveau logique et rationnel, qui sont le plus facilement utilisables et exploitables par le système mais qui n’ont pas trop d’imagination (ils pourront s’inscrire en prépa pour entrer en sup de co).

Enfin, ça fait quand même toujours aussi plaisir d’avoir son bac, ça ne vaut pas grand chose mais c’est un sésame qui ouvre paraît-il une porte vers le monde adulte. Sauf que le monde adulte, celui de ceux qui travaillent plus pour faire gagner plus à d’autres, est aujourd’hui  un monde de stressés et de déprimés. Et c’est même maintenant au programmes des études supérieures. Il faut prendre le pli dès les bancs de la fac.

En effet, selon
une étude publiée aujourd'hui dans le bulletin de l'Institut de veille sanitaire (INVS), un étudiant sur quatre souffre d’anxiété ou de dépression, ce qui bien évidemment a des répercussions sur ses études et sur sa vie sociale.

"Ces résultats suggèrent un retentissement des troubles psychiatriques caractérisés dans les études et d'un lien avec l'échec académique. La prévention et la prise en charge des troubles psychiatriques chez les étudiants universitaires devraient être renforcées en France", conclut l'étude.

Bravo pour la brillante analyse. Espérons que si le malaise contamine les lycées, cela n’aura pas trop de répercussion sur le taux de réussite au bac.

Dommage quand même qu’il n’y ait aucune donnée sur les raisons de ce mal-être. Car pour prévenir des troubles, il faut d’abord en comprendre l’origine. Alors les étudiants auraient-ils le pressentiment que ce qui les attend n’est pas folichon ?

Et qu’envisage t-on pour la « prise en charge »? Après les salariés, va t-on maintenant shooter les étudiants aux médocs ?

La société est malade, et pas seulement de la grippe.

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Posté par TendrePoison à 11:01 - Actu - Commentaires [6] - Permalien [#]
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