Oh punaise, qu'est ce qu'on peut lire comme conneries quand même.

Une perle sur le "blog du top management" (je mets un lien histoire de citer mes sources, mais n'hésitez pas à aller voir, c'est gratiné).

Voilà un aperçu du foutoir qu'ont dans la tête les types qui essaient de nous driver en haut lieu !

C'est clair que ça doit un brin calcifier les neurones de lire toute une librairie sur les différentes stratégies managériales, de se gaver de théories sur les techniques manipulatoires et autres masturbations intellectuelles, jusqu'à planer dans la stratosphère au milieu des vapeurs d'ozone et se voir tel un chef d'orchestre en recherche du point d'harmonie sublime.

Attention, extraits choisis du discours abscons (encore un mot délirant surtout quand il est bien placé) de notre manager professionnel en proie à ses tentatives désespérées d'y comprendre quelque chose aux relations humaines. On a presque envie de l'aider, tellement il a l'air tout perdu :

"Le rôle du manager est d’être un traqueur de dissonances. En physique, il y a résonance lorsqu’il y a égalité entre la force de l’agent excitateur et l’une des fréquences propres du système oscillant excité. La résonance est caractérisée principalement par un maximum de la réponse du système en fonction de la réponse excitatrice. Transposée au management, cette transmission d’une énergie vibratoire permettant de mettre en mouvement d’autres systèmes vibratoires, nous fait penser au dirigeant qui, par sa parole, ses actes et par les inputs donnés au système de l’entreprise, arrive à mettre en mouvement son entreprise, au-delà de ses possibilités d’action immédiates."

Que du bonheur hein ? Mais encore:

"Tel un chef d’orchestre sachant faire vibrer son ensemble musical, le dirigeant d’entreprise rencontre parfois des instants de grâce, où tout semble réussir, où il arrive à faire bouger les choses sans déployer des efforts gigantesques et où il est en harmonie avec son entreprise."

"Mais nous nous intéressons ici moins à l’idéal esthétique du chef d’orchestre ou au sentiment de puissance du manager qu’à des critères d’efficacité pour la mise en œuvre des démarches stratégiques. En effet, la théorie du signal nous a appris que le bruit est constitutif du signal permettant le son harmonieux, de même les dissonances sont présentes à des degrés divers dans toute démarche de changement."

"Il y a dissonance lorsqu’une des composantes de la conduite du changement (vision stratégique, implémentation de la stratégie, facteurs clés de succès de changement, etc.) n’est pas en phase avec les autres, par exemple lorsque la vision stratégique n’est pas cohérente avec les possibilités de l’entreprise ou avec la capacité de compréhension des acteurs de l’entreprise."

Je parie que l'homme aux six cerveaux potasse ce genre de trucs le soir avant de s'endormir. Je l'imagine très bien : "heu... le NON irlandais peut s'assimiler à une dissonance majeure dans la vision stratégique du processus de changement de l'implémentation de l'Europe... hum... l'emission excitatrice du système n'a pas induit le mouvement de fréquence vibratoire en phase avec les possibilités de mon entreprise de niquer tout le monde et de m'en mettre plein les fouilles... hum... mais si les capacités de compréhension des acteurs n'étaient pas défaillantes, la réponse opérationnelle aurait forcément était positive ! Alors ce n'est pas un vrai NON, c'est un NON positif contrarié et les données du système oscillant excité m'indiquent qu'il y a tout lieu de poursuivre le déploiement !" Et là, il s'endort, rassuré d'avoir supprimé toute dissonance cognitive de ses circuits.

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