07 mai 2008
Les "Prédateurs" existent... il faut s'en protéger !
Extraits de la préface du livre " Ponérologie politique " d’Andrew Lobaczewski, dont les 50 premières pages sont disponibles sur le blog Panier de crabes. Des passages qui aident à mettre des mots sur des sensations.
Souvent on essaie d'appliquer une grille de lecture de nos propres comportements et de nos propres émotions à quelque chose qui est fait d'une nature différente. Ce décalage se sent, une sorte de malaise, mais objectivement dans un premier temps, impossible d'avoir une certitude, et impossible de définir vraiment le truc qui cloche. Ca se sent. Ca ne s'intellectualise pas. Il ne faut pas chercher à intellectualiser et c'est souvent l'erreur commise. Essayer de comprendre quelque chose qui crée une dissonance en soi, alors que cette dissonance à elle-seule devrait nous alerter et nous faire décamper sans demander notre reste ! Ce que ferait n'importe quel animal. Mais nous n'avons plus d'instinct, nous ne savons plus reconnaître IMMEDIATEMENT une situation de danger ! Au lieu de ça, on tergiverse, on attend, et fait des compromis avec l'essentiel ! DANGER !!
" Les psychopathies, telles qu’à l’origine conçues par Cleckley (1941), ne sont pas limitées à des actes illégaux, mais elles englobent des caractéristiques de personnalité telles que la manipulation, l’insincérité, l’égocentrisme et l’absence de sentiment de culpabilité – caractéristiques clairement présentes chez les criminels, mais aussi chez des conjoints, des parents, des patrons, des avocats, des politiciens, et des directeurs de sociétés pour n’en énumérer que quelques uns (Bursten, 1973; Stewart, 1991).
Notre propre étude de la présence de psychopathies au sein d’une population universitaire a montré que sans doute 5% au moins de cet échantillon pouvaient être considérés comme psychopathes, et que la grande majorité de ces psychopathes est masculine (plus d’un homme sur dix par rapport à environ une femme sur cent). Vues de cette façon, les psychopathies peuvent être considérées comme .... impliquant une tendance à la domination et à la froideur. Wiggins (1995) dans son résumé des nombreuses découvertes faites jusque là... indique que ces individus sont prompts à la colère et à l’irritation, et ont tendance à exploiter leur entourage. Ils sont arrogants, manipulateurs, cyniques, exhibitionnistes, amateurs de sensations fortes, machiavéliques, revanchards, et en recherche de leur propre profit. En ce qui concerne leurs modèles d’échanges sociaux (Foa & Foa, 1974), ils s’attribuent à eux-mêmes amour et importance, se voient comme très estimables et importants, mais n’accordent ni amour ni importance aux autres, qu’ils voient d’ailleurs comme sans valeur ni importance."
(Salekin, Trobst, Krioukova: (2001) "Construct Validity of Psychopathy in a Community Sample: A Nomological Net Approach" in Journal of Personality Disorders)
"L'hypothèse fondamentale de Cleckley est que le psychopathe souffre d'un déficit affectif profond et incurable. S'il ressent vraiment quelque chose, ce sont des émotions très superficielles. Il est capable de faire tout ce qu'il veut selon son caprice du moment parce que des conséquences qui rempliraient de honte, de dégoût de soi, d'embarras, un homme ordinaire, n'affecte simplement pas du tout le psychopathe. Ce qui pour d'autres serait horreur ou désastre n'est pour lui qu'un inconvenient passager."
" Pour Hervé Cleckley, les psychopathes sont des humains à tous égards, sauf qu'il leur manque une âme. Cette absence de "qualité d'âme" fait d'eux des machines très efficaces. Ils peuvent écrire des ouvrages savants, utiliser le discours de l'émotion, mais avec le temps, on constate que leurs paroles ne correspondent pas à leurs actes. Ce sont des gens qui peuvent clamer à tout va qu'ils sont anéantis par le chagrin et qui vont se rendre à une soirée mondaine "pour oublier". Le problème, c'est qu'ils oublient vraiment..."
" Adrew Lobaczewski aborde le problème des psychopathes et de leur contribution extrêmement significative aux maux macrosociaux de notre société, ainsi que leur aptitude à se conduire comme des éminences grises à l’arrière-plan de notre société. Il est très important de garder à l’esprit que cette influence provient d’un segment relativement réduit de l’humanité. 90 % des humains ne sont pas des psychopathes.
Mais ces 90 % de gens normaux savent que quelque chose va de travers ! Mais ils ne parviennent pas à l’identifier, à mettre le doigt dessus ; et à cause de cela ils pensent qu’ils ne peuvent rien y faire ou que c’est la volonté de Dieu de punir le genre humain.
Ce qui se passe en fait, c’est que quand 90 % d’humains tombent dans l’état d’esprit décrit par Lobaczewski, les psychopathes, semblables à de violents éléments pathogènes dans le corps, frappent aux points faibles et toute la société est plongée dans des conditions qui toujours et inévitablement conduisent à l’horreur et à la tragédie sur très grande échelle. Le film, The Matrix, a fait vibrer une corde très profonde dans la société parce qu’il mettait le doigt sur le piège mécanique dans lequel sont tombés tant de gens, et dont ils sont incapables de sortir parce qu’ils croient qu’autour d’eux, tout ceux qui ressemblent à des humains sont vraiment comme eux émotionnellement, spirituellement, etc.
Pour donner un exemple de la manière dont les psychopathes peuvent directement affecter la société dans son ensemble, voyez: ‘l’argument légal’ tel qu’expliqué par Robert Canup dans son livre The Socially Adept Psychopath6. L’argument légal semble être à la base de notre société. Nous croyons que l’argument légal est un système avancé de justice. C’est en fait un truc très malin qui a été imposé en douce aux gens normaux par des psychopathes pour avoir le dessus. Voyez plutôt: l’argument légal n’est pas autre chose que de voir qui sera le plus malin à profiter de la structure en place pour convaincre un groupe de gens de quelque chose. Parce que ce système d’argument légal a été mis en place lentement comme un élément de notre culture, quand il envahit notre vie personnelle nous ne le reconnaissons plus immédiatement en général. Mais voici comment cela fonctionne: les humains ont été accoutumés à supposer que les autres humains font le bien et sont bons et justes et honnêtes (ou du moins s’y essaient). C’est ainsi que, très souvent, nous ne prenons pas le temps de nous appliquer à déterminer si une personne apparue dans notre vie est vraiment une "bonne personne". Lorsqu’un conflit survient, nous supposons automatiquement que dans tout conflit une des parties a raison au moins en partie, que l’autre partie a elle aussi raison en partie, et qu’il est possible de reconnaître quelle partie a le plus raison ou le plus tort. Du fait de notre soumission à des facteurs d’"arguments légaux’, quand une dispute s’élève nous pensons automatiquement que la vérité se trouve quelque part entre les deux extrêmes. Dans ce cas, il est utile d’appliquer un peu de logique mathématique au problème de l’argument légal.
Supposons que lors d’une querelle une des parties est innocente, honnête, et dit la vérité. Il est évident que le mensonge ne profite pas à l’innocent; quel mensonge peut-il proférer? S’il est vraiment innocent, le seul mensonge qu’il peut commettre c’est de faire une fausse confession: "c’est moi qui l’ai fait". Mais le mensonge profite bien au menteur. Il peut déclarer: "ce n’est pas moi qui l’ai fait" et accuser quelqu’un d’autre du forfait, pendant que l’innocent continue à affirmer: "ce n’est pas moi qui l’ai fait", ce qui est la vérité.
Quand elle est déformée par des menteurs habiles, la vérité peut toujours mettre un innocent dans une mauvaise position, particulièrement quand l’innocent est honnête et reconnaît ses erreurs. L’hypothèse que la vérité se trouve entre les témoignages des deux parties fait toujours glisser l’avantage vers la partie qui ment, et non vers celle qui dit la vérité. Dans la plupart des circonstances, ce glissement, ajouté au fait que la vérité sera aussi déformée de manière à porter préjudice à la personne innocente, donne toujours l’avantage aux menteurs: des psychopathes. Même le simple fait de témoigner sous serment est une farce inutile. Si quelqu’un est un menteur, prêter serment ne signifie rien pour une telle personne. Cependant, prêter serment est important pour un témoin sérieux et loyal. Mais une fois encore, l’avantage est du côté des menteurs. "
"Oh bien sûr! Ils peuvent imiter des sentiments, mais les seuls vrais sentiments qu'ils semblent éprouver (ce qui les pousse vraiment et les fait agir différemment selon les effets à produire) c'est une sorte de "faim prédatoriale" pour ce qu'ils convoitent. C'est à dire qu'ils "ressentent" le besoin/désir comme étant de l'amour, et lorsque leur besoin/désir n'est pas comblé, ils décrivent cela comme n'étant "pas aimés". En outre, cette perspective besoin/désir suppose que seul la "faim" du psychopathe est réelle, et que tout ce qui se trouve en dehors de ce psychopathe n'est pas réel, sauf dans la mesure où cet "en-dehors" peut être assimilé au psychopathe comme une sorte de nourriture. "Est-ce que cela peut être utilisé ou apporter quelque chose ?" Voilà la seule préoccupation du psychopathe. Tout le reste est soumis à cette pulsion.
Pour résumer, le psychopathe est un prédateur."
Commentaires
psychose
Seuls 10 % des individus seraient donc susceptibles de faire le mal sans éprouver le sentiment de le faire...A mon avis, c'est plus compliqué...tous les pervers, méchants et autres malfaisants personnages ne sont pas forcément psychopathes ou répertoriés comme tels...cette pathologie mentale ne peut se résumer de la sorte et le fameux " argument légal " ne m'a pas convaincue !
D'après ce que j'ai compris du reste du texte, l'auteur parle de 10% de psychopathes purs et durs qui sont identifiables à chaque fois dans un groupe et dont les actes prouvent qu'ils sont totalement dénués de conscience... Il n'y a pas de réelle définition de la psychopathie, mais on peut observer certains des effets ce cette "maladie" qui sont d'ailleurs variables d'un individu à l'autre en fonction de ses "apétits", compétences, opportunités etc, et on a pu définir un certain nombre de traits de personnalité récurrents chez ces personnes... et notamment un narcissisme et une soif de toute-puissance qui peut s'exprimer de différentes façons mais a notamment pour cqc que les personnes à tendance psychopathique foisonnent dans les hautes sphères. c'est elles en effet qui sont le plus attirées par le pouvoir et qui ont les "qualités" (de prédateur) requises pour y accéder et le conserver. meme si elles sont en nb réduit au départ (10% d'après l'auteur) il est donc normal que le système soit façonné par elles dans leur intérêt et pour protéger leurs intérêts, et notamment par le biais des lois (c un peu ce que veut dire l'auteur avec l'argument légal"). Mais bien sûr ils avancent masqués (plus ou moins en fonction du degré de conscience et de réactivité auquel ils se heurtent!). Ensuite, une société en proie à un pouvoir psychopathe (cela peut être un petit groupe de personne ou même une seule!) se modifie progressivement sous cette influence car les choses sont liées et ce qui est collectif se répercute sur le plan individuel et le mal se propage. Au final un certain nombre de personnes, et de plus en plus (c'est ce qui arrive je trouve!) présentent des aspects psychopatiques dans leur personnalité associés parfois à d'autres pathologies mentales ce qui fait parfois des cocktails explosifs si en plus ces personnes rencontrent une situation propice à l'expression de leur névrose !
ou même plutôt de leur psychose comme tu dis.....







